Vous connaissez peut-être déjà Kamaal Williams sous le nom de Henry Wu (sinon va falloir commencer à se sortir les oid du c**) pour ses disques sur des labels tels que Eglo, 22a, Rythm Section International ou récemment sur le génial Tartelet Records. Yussef Dayes, vous le connaissez certainement un peu moins. C’est normal, il n’est pas aussi renommé en solo que son compère, mais on s’en fout complet parce que tous les deux ont monté un groupe qui s’appelle Yussef Kamaal et ça défonce.

 

Ils se croisent en 2007, gamins, lors de gigs dans des pubs de Peckham. Mais c’est l’année dernière, alors qu’Henry Wu propose un live pour Boiler Room qu’ils se retrouveront vraiment sur scène. Kamaal appelle Yussef pour accompagner ses accords de piano d’une batterie à la rythmique pleine de soul. Ils sont accompagnés de Tom Driessler à la basse (bassiste d’Adele notamment) et sans avoir vraiment répété, ils retournent le bazar. Naît alors The Yussef Kamaal Trio, qui devient The Yussef Kamaal Quintet après les Worldwide Awards de Gilles Peterson, puisque rejoignent le groupe : Ed Cawthorne au saxophone et Nick Walters à la trompette pour élargir le champ de leur créativité et surtout foutre du cuivre soulful dans leur musique.

Ces gars là ne rigolent pas avec le rythme et livrent un jazz libre, moderne néanmoins pointu qui n’a rien à envier aux anciens. Ils prennent vraiment l’esprit du jazz à bras le corps puisqu’ils sont presque tout le temps en improvisation, à part une succession d’accords définies auparavant. Les men se chauffent au fur et à mesure qu’ils jouent et ça donne un résultat particulièrement sincère, comme le jazz devrait être. Inspiré de leur ville, South London (ultra cosmopolite), de jazz, de funk, de soul, des meufs, de house, de hip-hop, de breakbeat, de garage ou encore de dub, ils représentent parfaitement la nouvelle génération londonienne qui éponge tout le bon du passé pour faire du présent un truc tout autant authentique et progressiste. Honnêtement, c’est vraiment d’la frappe.

Leur premier album s’appelle « Black Focus », c’est sorti sur Brownswood Recordings, label de Gilles Peterson (OKLM). Le disque est déjà épuisé mais achetez-le en digital, foutez-le dans votre téléphone intelligent (qui vous rend con) et vous verrez que rider le métro va devenir un vrai kiff musical.

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Retrouvez-les en concert ICI mercredi et jeudi à la Machine du Moulin Rouge pour la Jaw Family Reunion, avec notre Jim Irie national et le grand Theo Parrish !

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BROWNSWOOD RECORDINGS : DISCOGS

Shout out to Yussef Kamaal papa and South London’s mad groove !