What’s wrong with sampling ? reprend de façon (un poil) modifié les mots de Letta Mbulu. Chaque mois, l’équipe des Chineurs des Origines, un des groupes de La Chinerie consacré aux musiques à l’origine des samples et couvrant un vaste paysage de genres funk, disco, jazz, musiques brésiliennes et bien d’autres, sélectionne quelques tracks de musique(s) électronique(s) (mais pas que) et les morceaux qui ont été samplés dessus, pour célébrer non seulement une des techniques de production les plus utilisées mais aussi les morceaux d’origine qu’elle réinterprète. Pour ne pas les oublier ! 

5 sons, 5 samples, pas de chichis ni de bla-bla, rentrons directement dans le vif du sujet. Pas de surprises pour cette troisième édition de notre chronique qui reste sur le même principe ! Nous vous renvoyons par ailleurs  à nouveau ici pour ceux qui n’auraient pas lu notre brève introduction à la technique du sampling et de notre position vis-à-vis de celle-ci (spoiler : on est pour).

Armando Funky, « Funky Swing« 

Sortie en 1994 sur le label légendaire Trax Records, cette première track du LP « The New Order Level 3 » se démarque du style plutôt acid et up-beat habituel du producteur, jusqu’à se rapprocher plutôt du hip-hop ou se  situant au moins dans les eaux larges du downtempo. Cette track sample les étranges et inquiétants sifflements du légendaire « UFO » de ESG, largement samplé dans la house et le hip hop notamment pour sa structure rythmique. Le producteur utilise aussi les voix du groupe r’n’b Zhané sur leur track « Groove Thang« , une track un peu cheesy mais qui représente bien ce qui se faisait de cool en matière de r’n’b dans ces années-là. Nota bene : le sample sample (vous suivez ?) lui-même le « Haven’t You Heard » de  Patrice Rushen. Oui, on aime bien les poupées russes ici.

La track

Le sample

Blue Boy, « Sandman« 

Blue Boy (aka Lex Blackmore) s’est facilité la tâche sur cette track. Sortie en 1997, il choisit de sampler quasiment tout les éléments rythmiques, mélodiques et vocaux des premières secondes d’une superbe track du groupe de Motown « Undisputed Truth » qui, outre cette chanson dégoulinante de soleil et d’amour, possède une discographie très intéressante. Elle oscille avec le côté plus « psychédélique » que peut avoir la soul du début des années 70s, et l’on vous conseille donc d’y jeter un oeil plus attentif.

 

La track

Le sample

Glenn Underground, « Do« 

Réputé pour être l’un des premiers artistes disco ouvertement gay, DC LaRue narre à travers ce morceau la vie d’un homme gay aux US suite aux émeutes de Stonewall. Glenn Underground ne reprend ici que les éléments les plus réussis de l’instru et transforme ce classique mélancolique en parfait morceau dancefloor.

La track

Le sample

 

Joy Orbison, « BB« 

Les drums de Tony Allen sont éternels ! Déjà auprès de Fela Kuti pour ses rythmiques afrobeat, il se voit piquer ses percussions par Joy Orbison sur BB… Entre le groove nigérian et la vibe anglaise, il n’y a qu’un pas !

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Le sample

Rick Wade, « Shinjuku Strut » 

Pour la dernière, on tient un combo gagnant classique et efficace : prenez un patron de la deep house (Rick Wade), ajoutez un nom thug poétique (celui de son EP « Hustler’s Lullaby« ), un drum rack simple et efficace, un sample de guitare rythmique avec la voix accélérée de Ruriko Ohgami et un soupçon de pad. Voilà, vous obtenez une track deep house classique taillée pour le dancefloor. On vous invite également à aller regarder l’album entier de Ruriko « Typhoon Lady« , un savant équilibre entre city pop et boogie japonais.

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Le sample

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Et rendez-vous à leur premier OPEN PLATINES libre de rentrée de 19h à 01h à la folie Paris, le jeudi 27 septembre avec MFBJ et Playground  !

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