Vide Ton Sac • Gary Gritness

En provenance de la ville post-industrielle de Nancy, Gary Gritness est ce genre de bad boy multi-instrumentiste aux influences electro funk, mixant savamment les sonorités des villes de Detroit, Oakland et Atlanta jusqu’en créer sa modernité, sa propre empreinte musicale. Ses lives, puissants et chaleureusement funky, ont fait de lui un artiste incontournable de la scène française et européenne. Après deux EPs electro-techno sur Clone en 2015 et un plus funk, « The Sugar Cane Chronicles » sur Hypercolour, le producteur nancéien revient avec le deuxième volume en 2017. En amont de son live attendu au Looping Festival de Paris le 13 octobre et au Sucre à Lyon le 14 octobre, Gary Gritness nous a vidé son bag –  très fourni, toujours gangster. 

1 • Mon keytar

C’est la pièce maîtresse de mes performances. Je m’en sers pour les basses, les solos, les pads, le vocoder, les effets, et même le gain du micro, puisque les clubs n’ont jamais d’ingé-son. C’est un peu galère de gérer tout en même temps mais en s’entraînant on s’y fait.

Techniquement, c’est juste un petit Korg USB Minikeys, je l’ai custom avec de la bombe noire et des strap-locks de gratte sur des vis plus longues. Avant j’utilisais un gros Alesis, mais vu que les compagnies aériennes me l’ont paumé deux fois cette année, j’ai décidé qu’il était temps de chercher un truc qui puisse rentrer en cabine.

Heureusement, ca ne change rien à la manière dont je joue et je peux toujours chopper le pitch comme sur une guitare.

2 • Mon vieux Lenovo Thinkpad tout pourri et increvable de 2008

J’adore ces merdes. C’est les laptops les mieux fabriqués. Ça coûte 2000 euros neuf. L’astuce c’est que 90% des grosses entreprises roulent que ça et ils sont renouvelés tous les 2 ans, du coup le marché de l’occase en est rempli. J’ai acheté celui la il y a 3 ans pour 100 euros. Il a fait la guerre, des dizaines de gigs, n’a jamais planté une seule fois et il fonctionne toujours nickel.

Niveau logiciel j’utilise Reaper pour mes shows, et je programme tout pour que chaque patch de clavier soit switché automatiquement, comme ça je peux me concentrer sur le show et les impros.
J’ai eu l’idée en tournant avec des gros groupes de rock ou l’ingé-son connaissait le show par cœur et appuyait sur les pédales de gratte avec ses mains.

Je fais partie de ceux qui sont complètement convaincus par l’audio numérique moderne, donc j’utilise exactement la même chose live que pour les disques. Ça me permet d’apporter le même son et la même puissance au public, c’est pas le cul entre deux chaises.

3 • Le câble USB de mon Keytar

5 mètres, pro et super chéro. Je l’emballe dans ma trousse de micro Shure en cuir pour qu’il soit bien au chaud et qu’il ne lui arrive rien.

4 • Ma carte son ESI Maya22

Le design allemand dans toute sa splendeur. De toute façon, qui à besoin de potards ? Elle sort en 24 bits, est minuscule, et essayez de faire mieux que 1,8 ms de latence. Je me branche dans la table donc j’amène toujours des adaptateurs RCA en rab.

5 • Des clés USB Sony

16Go ça suffit. Copiées à l’identique pour être tranquille. Elles sont remplies de tueries avec le meilleur son en .wav, principalement du funk, du rap et de l’electro des 80s au cas ou j’ai l’occase de faire un DJ Set ou que mon matos explose quand je le branche. Big up a Lil Krampf pour le conseil sur la marque, elles sont super fiables.

6 • Des lunettes noires

Le plus noir que j’ai trouvé. Des Loc’s avec des verres de correction. Comme dirait George Clinton: “Ah-lemme put on my sunglasses so I can feel cool.”

7 • Du Bling

Quand tu mets ces conneries, tu sais que tu ferais mieux de tout déchirer, y a pas d’excuse. La chaîne c’est juste du bel acier massif, j’aime le look et le feeling d’une grosse chaîne bien lourde mais se trimballer avec la paie de quelqu’un autour du cou c’est la meilleure manière de chercher les embrouilles.

Le grill génère toujours des réactions opposées. Certains détestent et pensent que j’essaie d’être un dur, d’autres adorent parce qu’ils pensent que je suis un dur. Chacun son truc. Respect à quelqu’un qui se reconnaîtra pour le contact. Il est fait par les mêmes dentistes qui font des trucs de fou au black pour des grosses stars de passage à Paris. Le mien est le chromé de base en cobalt, qualité au top. Je me souviens aller avec lui dans un sous-sol chelou au -3 ou les dentistes bossaient, me faire prendre mon empreinte tout payer en cash d’avance, on aurait dit un film de Scorsese.

8 •  Des Ears-monitors avec leur contrôle de volume

Ceux la sont juste de bons écouteurs Final Audio et j’ai installé des mousses de militaire Comply dessus pour avoir -20db d’isolation. Les Ear Monitors c’est le pied. C’est mon assurance que partout ou je vais, j’ai un monitoring parfait, du contrôle, du confort, et que je puisse jouer à mon top niveau, le tout sans me niquer les oreilles.

De toute façon je baisse toujours le booth pour pas que le micro larsen.

9 • Une caméra Xiaomi et un Zoom

J’enregistre tout ce que je fais pour que je puisse le regarder et l’étudier plus tard afin de toujours améliorer mon show, et voir tous les petits endroits qui ont besoin d’un coup de polish. J’utilise la caméra pour prendre des photos aussi, pour les souvenirs et le social media.

10 • Mon fidèle dumbphone Nokia

J’ai roulé des Nokias depuis toujours. J’arrive pas à me faire au smartphones. Récemment j’ai essayé un iPhone et au bout de 2 semaines j’en avais plein le cul, alors c’est retour au téléphones de bicrave, pour de bon. Ça apelle, ça envoie des sms, ça n’a pas internet comme ca mon esprit est relax en tournée et je peux être présent quand je rencontre des gens passionants ou que le DJ balance du lourd en club, et la batterie tient 5 jours donc je ne suis jamais le mec qui s’inquiète si son phone va crever, si quelqu’un a un chargeur, ou qui s’incruste dans les putain de prise d’électricité de la DJ booth.

11 • Mon Shure SM57

Mon micro préféré. C’est obligé pour que le vocoder, dont je me sers beaucoup sur scène, soit intelligible. Et je ne comprends pas comment on peut vouloir utiliser un micro de backline et mettre ses lèvres sur un bout de fer rempli de crobe-mis qui a reçu des millions de glaviots et qui n’a jamais été lavé.

Si je laisse la pince dessus, la sécu de l’aéroport me fait l’amour tendrement.

12 • Une petite trousse qui contient ce dont j’ai besoin pour rester ‘so fresh and so clean’.

(How about a hoe in leopard print ?) La bouteille Hermès c’est un échantillon que j’ai eu un jour dans un hôtel de dingue, mais y a juste un gel pour la tronche pas cher dedans et c’est assez petit pour que l’aéroport me le foute pas en l’air. Mais je peux toujours faire genre j’ai des thunes quand je l’ouvre.

13 • Un Sandisk ClipZip qui a 10 ans

Encore une fois, pas de smartphone, j’utilise ce que j’aime. La batterie tient une semaine et le préamp est bien, bien meilleur que n’importe quel téléphone. C’est super pour me faire des répétitions pendant que je voyage, et avoir des exercices de vocalise et de relaxation aussi.

Je ne me sers jamais de la carte SD, donc je n’ai que 2Go. J’aime bien garder les albums dedans, comme ça je les écoute des tas de fois jusqu’à ce qu’ils soient bien absorbés dans ma mémoire. En ce moment je suis sur un joyeux mélange de Dio début 80s, du dernier Power Trip, quelques mixtapes de Curren$y, le LP Ravel de Isao Tomita, ‘In Control’ de Marley Marl, un disque de Willie Rosario et du Grant Green des années 60. Je suis aussi un gros fan d’audiolivres, là j’ai la version de ‘Neuromancien’ lue par William Gibson lui-même, un régal.

14 • Une manette de SNES Buffalo en USB

C’est fait au Japon, la qualité est tip-top. Exactement le même feeling qu’un vraie, le même plastique et tout. Comme c’est plat et indestructible c’est nickel pour voyager. Je suis un vrai hardcore-gamer, les jeux vidéos sont une source d’inspiration inépuisable pour moi. En ce moment j’essaie de terminer Battle Garegga en un seul crédit, c’est un excellent shoot japonais des années 90 avec une musique à la UR qui démonte la gueule. Manabu Namiki c’est le patron.

15 • Un bâton de réglisse

Ma meuf me les trouve dans des boutiques cainf ou indiennes pour que je puisse quand même avoir quelque chose sous la dent quand elle est pas la. Plus sérieusement, j’adore le goût et je trouve ça très relaxant.

16 • Mon passeport, mes billets de train et d’avion imprimés sur des feuilles, et un petit bloc-notes de poche avec un stylo

J’aime ça parce que je suis toujours chill et je n’oublie jamais rien.

17 • Des bouchons d’oreille et des huiles essentielles

Mes oreilles sont la partie la plus précieuse de mon anatomie (je crois) donc encore une fois j’ai pas envie de les niquer en club. C’est vital pour les putains de pouponnières volantes, pardon, les avions bondés avec de mignons bébés joufflus dedans. Je suis un fondu des huiles essentielles, je ne voyage jamais sans Lavande et sans Eucalyptus.

La lavande ça marche mieux que la weed pour se détendre et pour bien dormir, et si jamais tu te blesses ça te guérit. L’Eucalyptus c’est pour être sur que je choppe pas la crève et que je respire bien.

Je sniffe les huiles direct à la bouteille alors c’est toujours golri de refiler celle à l’Eucalyptus à un défonceman en club qui croit que c’est du poppers et de le voir tousser comme un dingue après avoir pris une énorme bouffée.

18 • Mes t-shirts de scène

J’ai joué un moment dans des groupes de métal et de punk-hardcore et le truc de représenter les groupes que tu kiffe sur des tshirts découpés, ça m’est resté. En ce moment j’alterne entre un Sepultura “Beneath The Remains” et un EPMD “Strictly Business”. Je me souviens avoir rencontré Andy de Hercules & Love Affaire a Glastonbury et il avait un shirt déchiré de Napalm Death. C’est pas parce que tu joues dans un genre que tu peux pas adorer son opposé.

19 • Un sac d’alpinisme Simond

Ce modèle s’appelle ‘Rockbag’. Non, sans déconner ! C’est le meilleur sac du monde selon moi. Nique les trolleys, c’est pour les vieux et c’est la merde dans les escaliers. C’est un sac à dos ultra solide et ça rentre parfaitement dans les restrictions cabine, j’ai carrément fait des maths pour être sur que mon keytar tenait dedans au centimètre en diagonale. Et puis tu peux toujours faire de l’escalade avec le jour ou t’en a marre des avions.

20 • Des câbles

Des câbles de rechange. Encore des câbles. Nique les putains de câbles.

21 • Toujours tout rouler en mode “ranger roll”

C’est comme ça que les militaires font leur sac. Une fois que tu sais faire ça tu peux plus faire autrement. Par exemple, ça c’est un vêtement technique manches longues fait pour les sports d’hiver. S’il se met à cailler, c’est mille fois mieux que de se les geler ou de se trimballer un gros pull à la con.

22 • Une bouteille d’eau de 50cl

C’est chaud de rester hydraté en voyage. C’est pour ça que je bois jamais d’alcool, déjà parce que j’aime pas, mais en plus ça t’assèche grave vite. Ce que la plupart des gens appellent “jet lag” c’est en fait un état de déshydratation avancée, et après t’a mal à la gueule.
Je bois 50cl en allant a l’aéroport et je passe la sécu avec la bouteille vide comme ça je vais la remplir au toilettes après et je me fais pas entuber par les voleurs des magasins à l’intérieur.

Celle-là c’est un souvenir de Dimensions, ils avaient des bouteilles d’eau de source Croate avec un visuel d’enfer représentant un Centurion Romain dessus, donc je l’ai gardée comme ça je me sens comme un conquérant en buvant de l’eau du robinet des toilettes de l’aéroport.

Gary Gritness : Site officielFacebook / Soundcloud

Looping Festival #2 — 12 au 15 Octobre 2017

Black Atlantic Club: Jacob Mafuleni & Gary Gritness, Peter Power

Gary G’s Custom Shop Pt. 1 – sortie prochaine 12’’ only (white label)