Peintre de House Monkey Records, Zekid fait parler de lui grace à son travail de peinture sur vinyles : il réalise ses travaux dans le shop, au cours des live sessions ou d’événements lors desquels House Monkey est invité. Pendant leurs sets, les djs du collectif jouent pour le public mais aussi pour leur peintre, qui immortalise l’esprit de la soirée avec une peinture sur vinyle abstraite et colorée. Depuis plusieurs mois, ces 33t décorent le shop rue de Tracy, mais certains n’ont jamais été exposés. L’artiste vous invite à son vernissage le 22 novembre, une bonne occasion d’afficher et mettre en valeur son travail. Seront exposées du 23 novembre au 7 décembre ses peintures réalisées au cours des événements ou lors des House Monkey Breakfast. Rencontre.

En tant qu’instigateur du concept, c’est quoi les « House Monkey Breakfast » ? 

« On invite un dj à venir le matin chez House Monkey Records, on ouvre plus tôt que d’habitude et on organise un live painting + djset + petit déjeuner. Dans l’idée, c’est recréer un autre contexte pour peindre et être inspiré par un djset, mais à la cool, au magasin. Les premiers à tenter l’expérience étaient les djs du collectif, mais on aimerait bien inviter de plus en plus d’artistes qu’on adore. »

En prenant connaissance de son travail, on remarque que Yacine a su capturer l’unicité de chaque invité du magasin et de l’ambiance musicale qu’il propose. On découvre une série de peintures qui expriment de par les formes et les couleurs l’esprit de chaque artiste. Parmi eux ont déjà été invités Gleen Sollers, Barnabé, Projecture, Nadir

Pour les sets teintés de disco, de soul et de musique du monde, Yacine propose des formes libres et des couleurs naturelles, chaudes et vivantes. Pour un set plus électrique et minimaliste, il pense une peinture moderne, réglée et plus géométrique.


Quel est le lien entre la musique que tu entends, ressens, et tes peintures? 

« Mes peintures sont toujours accompagnées de musique, ça me permet de me canaliser, de canaliser ma créativité personnelle. Je suis moins distrait et je peins mieux. Par exemple, quand je fais un live painting, le set que j’écoute m’entraîne pour peindre et me guide. À la soirée Hydrozbeul #1 organisée par Hydropathes au Printemps 2016, c’était totalement improvisé. J’ai ramené mes vinyles, et ensuite j’ai proposé de dessiner autour. J’ai commencé à 16h et ça a finit à 00h, le résultat était super. »

Quelle résonance un set peut-il avoir sur les couleurs ou les formes de tes dessins ?

«  On va dire que quand je peins, j’alterne principalement entre deux phases : « l’action »  où la peinture apparait sur l’oeuvre et la « réflexion » sur le futur de l’oeuvre, d’où je vais repartir, ce que je dois rajouter/modifier. Le set me permet d’alterner naturellement entre ces deux phases grâce à ses variations. »

Tu as commencé avec le graf, et tu peins aujourd’hui dans un autre contexte, sur un autre support et un autre format. Comment es-tu passé de l’un à l’autre ? 

« Le graf c’est mon école, pas comme un style, ni comme une manière de dessiner mais comme une école. Il y a eu des époques où chaque grand maître était de telle ou telle école, comme le gothique par exemple. Il y a beaucoup de débats aujourd’hui pour savoir si le graffiti est un art et je pense que c’est mieux que ça, c’est une école d’art. Ça a poussé des personnes comme moi qui n’étaient pas prédestinées à faire de l’art à perfectionner un trait, s’intéresser à la couleur… »

Tu ne te sentais pas prédestiné à peindre ? 

«  J’ai commencé sans avoir de culture artistique. J’ai développé la sensibilité que j’ai à mettre mon blaz un peu partout, à travailler et perfectionner mes peintures. Au bout d’un an et demi ou deux ans, j’ai commencé à être de plus en plus fier de mes graf, et je me suis amusé.

Ma première toile abstraite c’était en terminale. La mère d’un ami m’avait offert un chevalet pour Noël, et j’avais tout de suite acheté une grande toile. J’avais fait des pochoirs avec des formes abstraites, la toile est toujours chez elle d’ailleurs. »

Ta première peinture sur vinyle ?

« Je partais à Bruxelles chez ma meilleure amie, elle m’accueillait et je devais lui trouver un cadeau pour la remercier. Avant mon départ, je suis allé aux puces avec mon père et j’ai eu l’idée d’acheter un disque pour peindre dessus et l’utiliser comme support. J’ai tout de suite essayé de mettre du scotch dessus, de peindre puis d’enlever le scotch pour redécouvrir le noir du vinyl refletter la lumière… Ça m’a tout de suite plu et j’ai recommencé. J’y ai trouvé un terrau fertile car j’aimais la matière, la forme… et j’ai beaucoup entraîné mon style sur ce support. »

Pourquoi y préférer le format 33t ? 

«  Je préfère les grandes surfaces. Le 45t c’est petit mais je suis ouvert à tout, en ce moment j’experimente aussi sur les 45t. C’est un autre exercice car c’est vraiment plus petit et ça demande de s’appliquer sur les détails. Cette année, j’ai également travaillé sur un triptyque composé de trois disques. »

Pourquoi un vernissage aujourd’hui ? Est-ce important de communiquer sur ton travail après l’avoir gardé pour toi jusque-là ? 

« Dans un premier temps, je ne comptais pas exposer ces peintures ni les vendre car j’étais débutant, je n’avais pas les expériences d’expositions que j’ai pu avoir depuis. Après, plusieurs facteurs sont rentrés en jeu. Déjà on m’a ouvert les yeux sur le fait que c’était pas absurde de les mettre en vente après avoir développé une série de peintures. Ensuite il y a le collectif House Monkey Family qui m’a motivé à entreprendre, c’est l’esprit du collectif. La musique nourrit mes peintures et il y a une énergie positive qui en ressort. »

Pour quelles soirées / événements as-tu peins ces derniers temps? 

«  J’ai fait beaucoup d’évènements depuis la rentrée 2017, principalement en live painting :

Quelles ont été tes meilleurs expérience de live painting et pourquoi ? Quels événements t’ont marqué dernièrement ? 

« En live painting, ma meilleur expérience était pour la soirée de La Bringue / Fée Croquer au Cabaret Sauvage. Ils m’ont installé sur une estrade en hauteur juste à côté de la scène extérieure, c’était trop cool! Je n’ai pas eu à mettre mon casque, j’entendais super bien et les sets de Armless Kid, Mud Deep et Larry Houl étaient top!

J’ai bien kiffé le Sarcus Festival aussi, l’idée de peindre sur deux jours était grave cool. Sinon, peindre la devanture du magasin a été un grand moment pour moi parce que c’était ma plus belle contribution à House Monkey. Refaire la peinture de la façade du shop c’était un gros enjeu à mes yeux, communiquer depuis la rue et donner envie de rentrer dans le magasin. Je suis devenu le « peintre » de House Monkey Family ce jour-là.

Sinon sur les formats club il y a une soirée que nous avons fait qui m’a marqué c’était la Kindergarden du collectif Roomates. Concevoir et monter une scénographie était une super expérience et on a vraiment eu trop de bons retours. Nous y avons répété l’experience du V2V (un peintre et un VJ) sur une scénographie que nous avons pensé et installé avec Antonin et Lucas du collectif. »

Des dates pour le futur? Où pourra-t-on te voir peindre au lendemain de ton vernissage ? 

«  Les événements futurs sont en discussion, pas encore d’annonce officielle mais je les annoncerai sur ma page Galerie à Zekid. »  

Quels sont les artistes qui t’inspirent le plus pour peindre ? 

« Je suis très inspiré par le travail de Seth Troxler. J’ai eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois et de lui offrir une peinture sur vinyle qui trône dans sa maison à Ibiza (rires). Donc j’adore les sets de Troxler, particulièrement ceux enregistrés en festival, on sent l’énergie collective.

« Un des premiers sets que j’ai poncé en peignant (et j’y étais!), l’intro est folle et à partir de 1h y’a plus de respect! »

Sinon j’adore la musique de Jamie Jones, pour moi c’est vraiment le king du bouncy. Face à lui je suis qu’une petite fille américaine de 16 ans! »

« Cet été lors de mes sessions au shop, le disque que j’ai découvert et écouté le plus c’est l’album de Secret Value Orchestra, avec cette track que je réécoute beaucoup sur youtube quand je veux de la deep qui fait chialer. Big up D.KO! « 

Le morceau qui te donne envie de peindre ?

Snoop Dogg – Doggy style ou les morceaux de cet album.

5 bonnes raisons de venir au vernissage ? 

– Je serais super bien habillé

– Découvrir ou redécouvrir le shop

– Découvrir des peintures jamais affichées

– Profiter d’un set des artistes de House Monkey Family – Rawaï, Boyzi, Projecture, Léo Le Club et Barnabé

– Boire un bon Planteur, cocktail maison! « 

Être peintre pour des événements, c’est mener la Dure Vie ? 

« Non, c’est un kiff. »

Plus d’infos du vernissage sur l’événement Facebook 

Suivre Zekid, la House Monkey Family et House Monkey Records

7 rue de Tracy, 75002 Paris