Chez moi on l’appelle Richard, car notre histoire commence à dater.

Imaginez-vous une adolescente dans la fleur de l’âge qui arrive dans le grand Paris pour la première fois et qui se lance à la recherche de « l’électronique ». À l’époque, aller chez Colette voulait dire quelque chose, et mon premier arrêt se fait là-bas, en fond sonore du magasin passe le premier opus de Cobblestone Jazz, je craque.

Je demande vivement au vendeur de me conseiller quelque chose de pointu, d’un peu plus violent et il pose dans mes mains le Graal : VILLALOBOS, dans sa pochette en métal embossée en Helvetica. Une perle d’un nouveau genre. Malgré mon passé en Cocoon Club je n’avais jamais entendu pareille signature sonore. Le garçon est chilien d’origine immigré à Berlin. Les rythmes il connaît, la capitale allemande fera le reste.

Adolescent des années 80, son idole berlinois Dépêche Mode lui inculque la voie de l’Électronique comme medium d’expression. Milieu 90 ce sont les inspirations de Baby Ford, Thomas Melchior et juste après Richie Hawtin qu’il découvre en live qui définiront son style si particulier, cette géométrie des sons et du rythme.

Il débutera avec des opus chez quelques labels peu attractifs, puis en 94 il est découvert par les labels Playhouse et surtout le Perlon Records.

Le style Ricardo n’a pas changé et ne s’est jamais laissé corrompre, il s’est précisé au fil du temps. C’est d’ailleurs au début des années 2000 que son succès débute réellement avec plus d’acharnement, plus de cette énergie totale qui produira l’album Alcachofa en 2003. On y trouve des inspiration des origines sud-américaines, et une lourde basse enivrante.

L’année suivante c’est Thé au Harem d’Archimède qui explose de cette science musicale. Indémodable.

C’est à cette époque que j’ai mangé Richard en live, je l’ai vu et revu sans faim, sans fin. C’est Ibiza, c’est Cocoon, Omen et sa résidence chez The Box. De toutes les plus grandes scènes, aucune n’y échappera. Nous l’aimons dans tous les pays, à toutes les sauces pendant des sets longs longs longs quand quelques dizaines d’heures ne font pas peur à la bête… Ces dernières années il dédie des opus à la naissance de ses enfants et demeure très effacé de la presse.

Aujourd’hui ses apparitions médiatiques sont de véritables moment d’analyse de nos courants électronique, il en devient l’un des uniques penseurs moderne de l’électro, il sait décrypter et inspirer et traduire ce qui demeure un style bien complexe.

Il est l’androgyne micellaire-grunge des nuits et ce, partout : entouré de quelques filles à plumes qui décorent son stage. C’est l’artiste fou que l’on aime à critiquer, que l’on aime à s’en décevoir mais qui n’en est pas moins le maître, et l’on se prosternera toujours en fin de set, le jour déjà bien entamé pour redemander : Encore.

C’est ce qui nous attend vendredi lorsque le professeur Richard tiendra conférence au Rex pour les 25 ans du club aux côtés d’Alex et Laetitia les fondateurs du label Karat Records et de D’JULZ. Il nous rappellera à qui l’on doit les genres rythmiques qui nous font nous émouvoir sur scène.

Incontournable, infatigable, l’Homme est dans sa vie bien plus discret mais reste aussi le penseur de la musique électronique moderne, vinyles et sons purs, sans précédents, sa patte unique, son rythme, inimitable Richard.

Paola Fleming

Ricardo Villalobos • Say that you love me

Ricardo Villalobos • Fussmilch

REX CLUB « 25 years » • RICARDO VILLALOBOS

I call him Richard because we go way back. Picture an adolescent in the prime of life, landing in Paris for the first time and starting to look out for “the electronic”. At the time “Chez Colette” was meaning something, it was my first stop, and there in background music Cobblestone Jazz, first opus, I succumb. I ask the sound dealer to advise me on something more sharp, a bite more violent, and he gave me the Graal: VILLALOBOS, in its metal sleeve, Pearl of a new kind. Despite my Cocoon club past I had never heard an identical sound signature.

The guy is a Chilean immigrated to Berlin. He gots the rhythm; the German capital will do the rest. Adolescent from the 80’s with Dépêche Mode as model, inspired from the middle 90’s by Baby Ford, Thomas Melchior, and soon after Richie Hawtin will defined his particular style, this sound and geometric rhythm. He will start with some opus in few unattractive labels, then in 94’s discovered by the label Playhouse, first and foremost by Perlon.

Ricardo‘s style never changed, and never gets corrupted, he refined over time. The early 2000 will see the beginning of its success with the production of Alcachofa in 2003, inspired by South American origins and a heavy and heady bass. The following years his musical science ensue Thé au Harem d’Archimède. That will never go out of fashion. I started eating Richard in live at this period, I seen him over and over, and never get over it.

Ibiza, Cocoon, Omen, Richard and his residency at The Box every famous stage will be assail by the artist. Loved in every country able to perform for hours and hours. In the past few years he dedicated his opus to his kids and stayed away from the press.

Nowadays his media appearances are real analyses moment of the electronic evolution, he became one of the only modern electronic thinkers, and he is able to explain, inspire and translate what stays a real complex world. He is the mad artiste that we like to critics, we love him to the point we are disappointed from him, but he stays the master, and we will knees to him at the end of every sets.

This is what to expect from Friday when the professor Richard will own the Rex for the 25th anniversary aside from Alex and Laetitia, Karat Records founders, and D’JULZ. He will remind us his influence on electronic music. Unavoidable, inexhaustible, the thinker of modern electronic music, vinyl and pure sound, his unique touch, rhythm, Richard the inimitable.

Paola Fleming