Nina Kraviz, de son vrai nom Нина Кравиц, a grandi près d’Irkutsk, une ville de Sibérie au climat impitoyable, dans une maison où jazz, musique pop et blues emplissaient l’air. Ses parents lui ont inculqué une bonne éducation et un goût assidu pour la musique. Elle découvre tout d’abord le Garage, avec des artistes comme Armando, Green Velvet, Romanthony, Drexciya et traque chaque CD de contrebande disponible dans la ville, qu’elle enregistre soigneusement sur bande.

Les années 90 n’étaient pourtant pas prospères en Russie, elles étaient même plutôt sauvages… Argent, acide et danger planaient. Ses parents étaient considérés comme des libres penseurs, des révolutionnaires intellectuels, elle a donc été épargnée grâce à son milieu mais dit avoir été là bas dans le noir, avec ses rêves et sa musique. Malgré tout, Moscou reste aujourd’hui sa ville spéciale, un lieu unique à ses yeux où elle peut recharger ses batteries. Elle vit dorénavant à Berlin et dans les avions !

Sa carrière a débuté durant ces années-là, où elle part vivre à Moscou pour se marier avec un producteur de films. Nina Kraviz s’est jetée dans la vie nocturne de la capitale et devient résidente du légendaire Propaganda à l’occasion des Friday Night en commençant par jouer de la funk, du disco d’Italo, de l’électro puis de la techno.

Ses performances ont drainé la jeunesse dorée moscovite jusqu’au bout des nuits cristallines de cet eden glacé,ce qui ne l’ a pas empêché d’obtenir son doctorat en médecine dentaire et de travailler dans un hôpital pour vétérans de l’armée, qui comprenaient les héros du programme spatial russe.

Elle dit avoir eu une vie multiple, triple même car en parallèle elle se levait à 7h le matin pour assurer ses études. Personne ne savait qu’elle avait l’esprit rempli de musique électro car c’était invisible, elle restait sérieuse et très droite.

En 2005, elle a été acceptée à la Red Bull Music Academy de Seattle, mais ne pouvait malheureusement pas obtenir de visa. À charge de revanche puisqu’en 2006 elle est appelée pour jouer au Sonar, son festival favori, avec la joie intense d’avoir son nom sur le programme, avant d’assister à l’Académie de Melbourne.

C’est en 2008, au moment se sa collaboration avec la légende de Chicago Chez Damier que la sibérienne a commencé à produire de la musique au mélange de house organique, techno envoûtante et d’acid house mystique, avec comme meilleur exemple son premier realease Voices qui sortait sous l’étiquette Underground Quality.

Nina connaît une ascension fulgurante en 2010, à la suite de son hit aux mélodies extatiques Pain In The Ass, sur ReKids. Elle séduit l’Europe de l’ouest, amorce des tournées mondiales et réinvente la nuit. Il est rare de voir un artiste s’affirmer si rapidement au sein de la sphère électro internationale et maîtriser aussi bien l’exercice difficile de la house chantée. Ses EPs Pain In The Ass et I’m Week sont devenus des classiques instantanés.

Des rencontres prestigieuses avec Greg Wilson, Matt Edwards aka Radio Slave le producteur techno-minimale de renommée mondiale Sascha Funke et le dj et producteur berlinois Efdemin ainsi que les signatures sur Bpitch, Naif et RedKids l’ont propulsé au devant de la scène et ont suscité une attente impatiente autour de son album qui portera son nom. Nina Kraviz sort en 2012 sur Rekids et révèle sa passion pour la musique synthétique notamment avec Ghetto Kraviz.

Le magnétisme de ses sets endiablés de house minimale sensuelle et addictive parcourt la planète techno et son succès lui permet aujourd’hui de se produire dans les clubs et événements les plus renommés du globe tels que le Panorama Bar, la Fabric, les Nuits Sonores, le Sonar, la Red Bull Academy, la Boiler Room, le Weather Festival 2013, le Rex Club pour ne citer qu’eux…

Le succès est tel que le site référent de la musique électronique internationale Resident Advisor (RA) a produit un reportage de la série Between The Beats, dans lequel plusieurs caméras la suivent lors d’une tournée européenne de quinze jours. Le film de dix minutes nous fait découvrir son quotidien dans un hôtel de Bulgarie, un aéroport de Belgique, les loges de Pukkelpop Festival à Die Rakete… Entre vie privée et dj-sets, RA nous dresse le portrait de ce que la djette considère comme « the best job of the world ».

Nina est très proche de son public et reste connectée quotidiennement sur les réseaux sociaux malgré le rythme intense de sa vie qui suit le schéma aéroports / hôtels / clubs. Cette énergie intense que l’on retrouve dans ses sets d’une rare intensité, son clap certifié club et son vrai sens de l’ambiance et de l’espace…

Côté production, sa voix suave, percussive, aux échos foisonnants en retrait ou en boucle, porte franchement un rythme qui clignote dans des sphères acides infinies, des nappes langoureuses aux tons gracieux.

Elle dévoile une musique onirique, à l’ambiance irréelle, tenue par le timbre ultra sensuel de cette voix qui semble flotter dans le lointain. Ses textes sont poétiques et charnels, les titres I’m Week et Fire en sont l’illustration parfaite. Elle crée ainsi un contraste puissant et atypique entre la douceur de cette voix envoûtante et les beats chargés en basse fréquence.

C’est un rêve éveillé, noyant les sens aux creux même de la réalité et tous les voyageurs de la nuit ne peuvent qu’entrer dans cette transe hypnotique, comme ressuscités. On chavire. Nous entrons dans un autre temps, une autre dimension, lorsque l’on écoute Walking In The Night, en featuring avec Hard Ton ou bien Choices et Petr.

Rares sont les albums techno qui s’écoutent autant en club que pour une relation intime. Sans oublier la beauté de la direction artistique de ses clips, esthétique que l’on retrouve notamment dans Fire, réalisé par Yulia Skya dans la Death Valley (désert de Mojave) ou l’énorme Ghetto Kraviz, filmé dans une salle aux sous sols inquiétants où Nina danse comme une poupée au corps vivant maîtrisé.

 

« Il existe une relation unique entre un être fini et l’infini » Yulia Skya.

Nina Kraviz en est le modèle…

Elle va nous propulser le dimanche 17 novembre pour les 25 ans du Rex Club aux côtés de Jus-Ed, Omar S et Jacques Bon afin de prolonger la renommée légendaire de sa musique calibrée. Dure Vie vous offre des invitations !

Lola Lembrez

REX CLUB « 25 Years » • NINA KRAVIZ

Nina Kraviz, real name Нина Кравиц, grew up near Irkutsk, a Siberian city with a ruthless climate, in a house where jazz, pop and blues music field up the air constantly. From her parents she gets good education and her taste for music. She first discovered the Garage, with artists like Armando, Green velvet, Romanthony, Drexciya and hunted down every bootleg CD’s available in town.

The 90’s were not really thriving in Russia, closer from wild, money, acids and danger were all over the country. Her parents were free thinkers, intellectual revolutionaries, she was spares thanks to her environment, but she his aware being in the dark growing up only dreaming about music. Beside everything, Moscow stays today a special city for her; she is able to recharge her batteries there. She is living from now on in Berlin, and in planes.

Her career started when she went to Moscow in order to get married to a film producer. Nina Kraviz throw herself into the Russian capital nocturnal life during this period, and became a resident of the legendary Propaganda for the Friday Night parties she started playing funk, Italian disco, electro, and finally techno.

Her performances drained muscovite golden youth till the end of burning nights, nevertheless she successfully gets her dental surgeon degree, and worked in a army veteran hospital taking also care of the Russian spatial program heroes.

She had, from her own words a double life, because she was up every morning at 7 am for her studies, and nobody knew about her mind filled up with electronic music, it was invisible because she stayed serious and straight.

In 2005 she was admitted at the Red Bull Music Academy of Seattle, but sadly she wasn’t able to get a visa. She was just put on the back burner for a year because in 2006 she was called to perform at her favorite festival the Sonar with the intense joy of having her name on program; she attended soon after to the Melbourne Academy.

In 2008 at the time of her collaboration with the Chicago legend Chez Damier the Siberian girl started producing music combinations of organic house, captivating techno, and mystical acid house. The best example of those influences is her first release Voices labelized Underground Quality.

Nina met a dazzling ascent in 2010 after the hit Pain In The Ass, on ReKids. West Europe is captivated, and she begins a world tour soon after the release, a rare quick rise to power where she mastered the difficult art of sing house. Her EPs became classics instantly.

Prestigious meetings with Greg Wilson, Matt Edwards aka Radio Slave, the world famous techno-mimal producer Sascha Funke, and the Berliner dj and producer Efdemin, along with her signature with Bpitch, Naif and Redkids propel her quickly under the sunlight provoking a real expectation around her album release called after her. Nina Kraviz came out in 2012 on Rekids and reveals her passion for synthetic music especially with Ghetto Kraviz.

The magnetism of her house minimal hellish pace, addictive and sensual travelled across the techno world, and the success encountered allowed her to performed in the most famous clubs and events of the world such as Panorama Bar, Fabric, Nuits Sonores, Sonar, Boiler Room, Weather Festival 2013, the Rex Club among others…

Nina is such a hit than Resident Advisor (RA) the reference website in electronic music did a report on the Between The Beats series; cameras were following her during a fifteen days European tour. The ten minutes film gives us her day to day life in a Bulgarian hotel, Belgium airport, or the greenroom of the Pukkelpop Festival in Die Rakete… between private life and dj-sets RA gives a portrayal of what Nina consider to be « the best job of the world ».

Close from her fans Nina is daily connected on social media despite her life intense rhythm cadenced by airports, hotels, and clubs.

In the production side, her smooth, and percussive voice back the rhythm, and brings us into acid spheres of gracious tons and languishing state of minds. She unveils music oneiric, with a surreal ambiance hold by the sensual tone of her floating voice. Her poetic, almost fleshly texts illustrate perfectly by tracks like I’m Week and Fire. She is able to create a powerful contrast between her voice kindnesses and the low frequency loaded beats.

Her sets are waking dreams drawing the senses and bringing the night travelers into a hypnotic trance. We capsize. We enter another time, another dimension, when we are listening Walking In The Night, featuring Hard Ton or also Choices and Petr.

Rare are techno albums as good for clubs than for intimate purpose, not to forget the artistic direction beauty of her clips, like in Fire video realized by Yulia Skya in the Mojave Death Valley or the huge Ghetto Kraviz, filmed in a disturbing basement with Nina dancing like a doll with controled movement.

She will shoot us out Sunday November 17th for the rex club 25 years anniversary with Jus-Ed, Omar S and Jacques Bon and extend the fame of her calibrate music.

“There is a unique relation between being a person finish and infinite” Yulia Skya

Nina Kraviz is this sentence role model.

Lola Lembrez