À l’occasion des 25 ans du Rex, j’ai choisi de vous parler de Jennifer Cardini, dj et productrice française des plus reconnues. Je l’appellerai par le doux nom de ‘Jenny’ tout au long de cet article, parce qu’après avoir penché pour le diminutif ‘J.C’ je me suis dit que ça faisait peut être un peu too much.

Bref, l’histoire commence ainsi: née à Monaco d’un père italien et d’une mère suédoise, c’est à Nice que Jenny passera son enfance. Elle se rêvera d’abord comme architecte, puis à l’adolescence elle découvrira la musique électronique via les raves qui seront d’ailleurs son premier lieu d’expression.

C’est à cette époque qu’un ami lui offre une cassette où se trouve l’album Selected Ambiant Works II du grand Aphex Twin. Jenny vit alors son premier choc musical qui participe à la suite logique et naturelle que connaissent tous les djs et consiste en l’achat de platines, la multiplication d’achats de disques, de sorties et donc de rencontres… A 20 ans elle commence à se produire dans des raves et s’impose déjà par son style particulier proche de la techno de Detroit. Et oui, Juan Atkins et Derrick May font partie de ses premières influences, sans oublier les djs de l’écurie Kompakt comme Wolfgang et Reinhard Voigt, ou Justus Köhncke. Cependant Jenny ne se limite pas à la techno et puise son inspiration dans d’autres courants comme la cold de Joy Division ou le downtempo de Boards of Canada.

Puis elle sort son premier ep solo sur le label Pumpkin Rec, suivi d’un autre 2 ans plus tard sur Witch Rec. Dans la foulée elle rencontre Chloé, Miss Kittin et Sex Toy, figure emblématique du Pulp (à qui la boite doit son nom) avec qui elle produit le titre Cash sous le nom de Pussy Killer. Le résultat de cette collaboration est assez éloigné du style techno ambient qu’on retrouve aujourd’hui dans ses productions puisque c’est un morceau qui mélange Trash et Noise. Cependant on distingue bien le côté dark qui règne sur l’univers musical de la belle.

En 98 Jenny emménage sur Paris afin d’assurer ses multiples résidences : Les soirées Under Pressure puis Lust au Pulp, les soirées Automatik au Rex ainsi que les Correspondant au Nouveau Casino, rien que ça ! Progressivement elle développe sa propre touche, cette minimale sensuelle et hypnotique aux mélodies raffinées qui l’impose comme un des fers de lance de la techno underground made in France. La clique du Pulp dont Sex Toy, Chloé et Jenny font partie, participe à la découverte de la minimale en France et propose une programmation pointue qui confère au club une renommée internationale.

En 2002 elle sublime de sa voix le morceau Me and Madonna de Black Strobe, titre résolument dancefloor qui n’est pas sans rappeler la sauce électroclash de Fischerspooner.

Trois ans plus tard, elle s’allie au groupe Henry goes Dirty et enregistre une reprise du titre Amoureux Solitaires autrefois chanté par Lio. Jenny prend la place d’Henry et nous offre une version obscure qui donne tout son sens à ce texte faussement innocent. A écouter sans modération.

Parler de Jenny sans évoquer son talent pour le mix, c’est un peu comme passer ses vacances au bord de la mer sans aller à la plage.

Son 1er mix Electroniculture Vol II ouvre le bal en 2001 et met en lumière des artistes peu connus en France comme Superpitcher, Si Begg ou Lo Soul.

Suivront Flash puis Lust, qui rencontrera un franc succès auprès du public et de la critique. Son 4ème mix Feeling Strange marque un tournant dans sa carrière puisqu’il fait d’elle la première femme à être signée sur le géant Kompakt. Après avoir fait appel à D’Julz pour le premier volume, c’est à Jenny que le Rex va confier le mix de la deuxième compile Rexpérience et le résultat est bluffant. En effet ce mix raconte une histoire qui évolue avec une évidence inouïe puisque chaque morceau semble compléter celui qu’il précède et celui qu’il suit. C’est l’osmose totale et les transitions se font avec un naturel déconcertant.

En 2006 Jenny s’associe avec Shonky avec qui elle produit les titres August in Paris et Tuesday Paranoia qui font partie de ses morceaux les plus connus.

Puis à partir de 2008 Jenny produit surtout des remix et collabore avec des artistes comme Kevin Scherschel, membre du 22 crew aux côtés du futur Nhar avec qui elle a déjà produit 2 titres quelques années plus tôt, Audision, Anja Schneider ou encore l’autrichienne Electric Indigo.

Forte de son expérience, Jenny décide de monter son propre label auquel elle donne le nom de sa résidence Correspondant. C’est par le biais de cette nouvelle plateforme d’échange qu’elle nous fait découvrir ses artistes préférés qu’ils soient connus ou non. Ainsi, on y retrouve de petits nouveaux comme Demian et son fameux As a Replicant, des artistes issus des labels Cómeme et Get The Curse comme Daniel Maloso, Barnt, Clement Meyer ou Tomas More, ou encore des amis de longue date comme Nhar avec qui elle produit des remix sous le nom de We Are Happy Together.

Peu de gens le savent mais parallèlement à toutes ses activités, Jenny travaille en tant qu’illustratrice sonore pour la marque parisienne Peachoo + Krejberg. Ne vous étonnez donc pas si vous entendez du Vladislav Delay ou du Space Dimension Controller au cours d’un de leurs défilés.

Il faudra attendre 2013 pour qu’elle se remette à la production en compagnie de Terranova sur le titre Wunderbar, puis en solo pour le titre Venom. Sorti en mars dernier, le morceau soutenu par une rythmique simple mais efficace à la Rebolledo nous tient en haleine jusqu’au bout.

Aujourd’hui Jenny vit à Cologne et se produit partout en Europe mais pas seulement puisqu’on peut aussi la retrouver en concert en Afrique du Sud, au Canada, aux Etats-Unis ou encore en Israël.

Elle travaille sur un deuxième ep solo ainsi que sur un projet avec David Shaw qui n’est autre qu’un ex membre de Black Strobe. Quant à son label, la deuxième compilation est prévue pour mars prochain.

Avec tous ces projets en cours, je pense qu’on peut affirmer qu’après presque 20 ans de carrière notre Jenny nationale is still in da game.

Samedi 16 Novembre Jenny vient fêter les 25 ans du Rex en compagnie d’Isolée en live et de son acolyte de toujours Chloé. Cela fait environ 10 ans que la résidence Correspondant a lieu au Rex, il est donc normal qu’elle fasse partie des artistes choisis pour célébrer cet anniversaire en beauté.

Julie Janody

Rex Club « 25 Years » • JENNIFER CARDINI

For the Rex Club 25 year’s anniversary, I chose to put the light on Jennifer Cardini, one of the most recognized French DJ, and producer. I will refer to her as ‘Jenny’ throughout this article, J.C. being a little bit too much for a diminutive.

So, this is how the story goes: Born in Monaco to an Italian dad and a Swedish mother, Jenny spent her childhood in Nice. At the time, her dream was to become an architect. Rave parties introduced her to electronic music, and she will logically start performing at those events a few years later.

It’s during this period that a friend gave her a tape with the album Selected Ambiant Works II from the great Aphex Twin on it. This first musical revelation leads to a series of ‘classic DJ’ life events: the purchase of turntables, the multiplication of vinyl acquisitions, parties, and of course encounters… When she turned 20, she started mixing in rave parties where she stood out for her particular style inspired by the Detroit techno movement. Yes, Juan Atkins and Derrick May are part of her first influences, along with some DJs from the German label Kompakt such as Wolfgang and Reinhard Voigt, or Justus Köhncke. But there’s more, since Jenny also took her inspiration from other musical forms like the cold wave of Joy Division or the down tempo of Boards from Canada.

Later on she released her first solo EP on Pumpkin Rec, followed by a second, 2 years later on Witch Rec. At the same period she met Chloé, Miss Kittin and Sex Toy, the emblematic resident DJ at the Pulp (who also gave its name to the club) with whom she formed the band Pussy Killer and recorded a song called Cash. The result of this collaboration is pretty far from the ambient techno style that is hers nowadays since the song sounds like a mix between trash and noise. However, we can clearly hear the dark side that rules her musical universe.

In 98, Jenny moves to Paris to mix in her multiple residences: the Lust residency (formerly called Under Pressure) at the Pulp, the Automatik parties at the Rex Club and the Correspondant nights at the Nouveau Casino, which is kind of a lot! During these years she improves her own musical touch, a sensual and hypnotic minimal sound with classy melodies that makes her a spearhead of the French underground techno scene. Sex Toy, Chloé and Jenny, along with the other girls of the Pulp’s crew, participated to the development of minimal techno in Paris and proposed an avant-gardist line up that gave the Pulp its international reputation.

In 2002, Jenny’s voice enlighten the song Me and Madonna from Black Strobe, an electro clash inspired dancefloor hit reminiscent of Fischerspooner’s work. Three years later, she becomes an ally of the group Henry goes Dirty and record a tribute to the song Amoureux Solitaires originally sang by Lio. Jenny takes Henry’s place giving us a darkest version of the song illuminating the falsely innocent text. Should be played without restraint.

Talking about Jenny without speaking about is mix talent is like sea holidays without going to the beach. Her first mix Electroniculture Vol II put the light on unknown artist in France like Superpitcher, Si Begg or Lo Soul.

After Flash, and also Lust, received a real success from the audience along with the critic. Her 4th mix Feeling Strange his a turning point for her career, because she become the first female artist sign by the giant Kompakt. After D’Julz for the first volume, the Rex call on Jenny for the second Rexpérience compilation, result is astonishing! In fact this mix tells us a story, every part completing, and deriving naturally from the precedent.

2006 sees the association between Jenny and shonky ensuing some of Jenny most famous songs August in Paris and Tuesday Paranoia. In 2008 Jenny collaborates with artists like Kevin Scherschel member of the 22 crew alongside the next to be Nhar with whom she already produced 2 titles a few years back, Audision, Anja Schneider, and also the Austrian Electric Indigo.

Strong of those experiences, Jenny decided to found her own label with her residency named Correspondant. This new platform allows her to introduce us to her favourite artists. This way we met some new talent such as Demian and his famous As a Replicant, artists from Cómeme and Get The Curse labels like Daniel Maloso, Barnt, Clement Meyer or Tomas More, along with long time friends like Nhar.

Only a few people are aware of her alongside activities but Jenny works as a sound illustrator for the Parisian brand Peachoo + Krejberg. Don’t be surprised if you heard Vladislav Delay or Space Dimension Controller during one of their fashion shows.

We will have to wait until 2013 to see her come back to production along with Terranova on the title Wunderbar, then in solo on Venom. Released last March, this song with a simple rhythmic but efficient reminding Rebolledo keeps us on the edge of our seats.

Nowadays Jenny lives in Cologne and performed everywhere in Europe, but also in South Africa, Canada, United States, and Israel. She currently works on her second EP in solo, and a project with David Shaw former member of the Black Strobe.

About her label, a second compilation is planed for next march. With all those in progress projects, I think I’m not lying when I say 20 years career our « Frenchie » Jenny is still in the game Saturday 16th of November Jenny comes to celebrate the Rex 25th anniversary escort by Isolée, and her acolyte from the very beginning Chloé.

Her residency Correspondant last for almost a decade, and it seems legit she has been chosen for this amazing event.

Julie Janody