DJ Chloé – © Maxime Chermat – Rex Club « 25 Years » 16/11/2013

Alors que Dure Vie vous présente un focus sur les 25 ans du Rex Club, on se retrouve aujourd’hui les copains pour parler d’une artiste pleine de talent et loin d’être inconnue au bataillon, Chloé Thévenin aka DJ CHLOÉ.

Considérée comme est une véritable ovni de la scène électro minimale, elle transporte, hypnotise, étonne et dérange parfois. C’est une volonté de sa part de casser les clichés encore et toujours et ainsi de se démarquer de façon décalée mais sans prétention aucune. Son public est assidu et pointu, elle électrise par ses rythmes martelés, provoque de façon Rock’n’Roll, cela se ressent beaucoup dans ses sets. Elle parvient avec finesse à allier les basses qui s’étirent en contraste et les tempos lents si propres à la minimale à des instruments types guitare, batterie ou encore saxo.

Chloé est née à Paris, d’un père basque et d’une mère anglophone ; pour la petite anecdote, ses parents se sont rencontrés à Ibiza, l’expression « être destiné à » prend ici tout son sens !

Dans l’appartement Parisien, des étagères pleines à craquer de vinyles, ses parents l’entourent d’un univers musical riche et très varié allant du jazz au rock en passant par le classique.

Elle commence très jeune à s’intéresser à la composition de musique et débute cette approche musicale en tâtant de la guitare, elle en joue d’ailleurs encore à l’heure actuelle.

Vers ses dix-huit ans, elle découvre le monde de la musique électronique à une époque où ce courant n’était encore que peu médiatisé. Elle participe à des raves party et commence à sortir en club (Le Palace, Le Folie’s Pigalle, Le Rex Club), s’en suit le réel désir de commencer à mixer, elle achète ses premiers vinyles, la machine est en marche.

C’est donc à cette époque à la fin des années 90 que sa fusion avec la musique électronique démarre. Car oui entre Chloé et l’électro on peut aisément parler de fusion, d’évidence. La déferlante minimale débarquée tout droit d’Allemagne commence à s’étendre dans toute l’Europe.

S’en suivent des rencontres déterminantes pour la suite de sa carrière, en particulier au Pulp, club lesbien mythique qui a fermé ses portes en 2007, dans lequel elle deviendra résidente. Elle y fera la connaissance de Jennifer Cardini, Sextoy ou encore Fanny Coral, un groupe d’amies se forme, une famille. Avec son partenaire et complice Ivan Smagghe, programmateur chez Radio Nova, elle fonde le non moins célèbre label Kill The Dj. Label considéré comme une maison d’alchimistes qui cherche à conjuguer les contraires.

Elle se produira aussi beaucoup à l’étranger lors de grosses tournées (Barcelone, Berlin, Tokyo, New York). En Allemagne elle s’amourache du club Le Robert Johnson situé en périphérie de Francfort,  qui lui permet de faire ses armes, elle en devient résidente et retourne y mixer généralement tous les trois mois.

En 2002, elle sort un maxi inattendu sur le label Karat : Erosoft. Contre-pied total de ce que l’époque réclamait en matière de tube. On nageait en pleine électroclash, elle balançait une poignée de chanson lo-fi. Elle enfonce le clou en 2004 avec une compilation mixée d’une rare subtilité intitulée – non sans un certain esprit provocateur – I hate dancing. Les maxis Take Care et Sometimes marquent l’époque . De week-end en week-end, les meilleurs clubs lui offrent une place d’honneur et Chloé trouvera également sa place dans de grands festivals tels que Mutek, Marsatac, Sonar…

Elle réalisera en 2006 un album de mixes à quatre mains incroyable – et volontairement indéfinissable – en collaboration avec son ami Ivan Smagghe, Dysfunctional Family sort sur leur propre label avec à chaque fois le même respect du dancefloor et cette idée folle : vouloir le rendre plus beau, plus doux, plus intelligent et plus ouvert.

En 2007, elle sort son premier véritable album The Waiting Room, toujours prompt à mélanger dans son chaudron une culture musicale très étoffée et des textures minimales résolument dancefloor. Tout au long de son œuvre, on perçoit la volonté de Chloé de retranscrire un univers intime, avec des titres comme I want you ou encore Be kind to me  sans pour autant renier les rythmiques. Une flopée de plaques tectoniques se caressent ici pour mieux se mêler là, glissant de morceaux expérimentaux pétris de musique dite savante ou aux pulsions vitales et autres beats martiaux toujours très subtilement agencés. The Waiting Room forme un puzzle ambitieux, qui propulse les troubles du cœur sur la piste de danse et prend le danseur par la main. Elle y voit l’aboutissement d’un projet sur lequel elle a travaillé sur la longueur, entre ses remixes, ses maxis et ses dates de tournées.

Au début de l’année 2009, elle lance le projet Plein Soleil, avec Krikor, son frère d’arme, ainsi qu’un nouveau cd mixé Live at Robert Johnson. Émouvant, sombre et sensuel, il sonne comme une suite logique au mix à quatre mains évoqué plus haut.

2010 marque la sortie de son deuxième album One in other, sur ce disque, la patte Chloé, c’est tout le contraire du son qu’elle développe dans les clubs sur ses sets, beaucoup de midtempo et de downtempo, des beats peu accrocheurs pour qui voudrait danser . Faire une musique abstraite mais évocatrice, froide mais bourrée d’humanité, et qui reste de l’électro sans renoncer à faire du rock, comme la batterie de Distant, le saxo de You ou la fin de One in other nous le démontrent. Quand One ring circus vient s’enchaîner, on frôle l’apothéose, qui éclora sur Slow lane.

Au début de cette année elle a collaborée avec une artiste contemporaine, Rebecca Bournigault, sur un projet vidéo où elle s’est occupée, sans trop de difficultés à deviner, de la bande sonore.

Histoire de terminer l’année en beauté nous avons pu la retrouver au Rex à l’occasion des 25 ans du club, elle s’y est produite le 16 novembre accompagnée de sa complice Jennifer Cardini et d’Isolée en live, ce genre de programmation qui te file des frissons.

 Morgane Renaud

Rex Club « 25 Years » • CHLOE

Let’s talk today about a full of talent artist, far from unknown, Chloé Thévenin aka DJ CHLOÉ.

Consider as a true electro-minimal UFO, hypnotizing, astonishing, sometimes even disturbing. It is Chloe’s desire to stop cliché again and again and stands out from in original ways, but unpretentiously.  Her audience is sharp and assiduous; she electrifies, her rhythms strikes right, and provokes Rock n’ Roll way. She subtly allies stretching basses and slow tempos proper to minimal with more traditional instruments like guitar, drums or saxophone.

Chloe was born in Paris from a Basque dad, and an English speaking mum, for the record her parents met in Ibiza, the word “predestine” seems quite right here.

In the Parisian apartment shelves are burst at seams with vinyl’s, and her parents introduced her to a rich and varied musical universe coming from Jazz crossing rock while going to classic.

Attracted by composition at early age, she started to approach music with guitar, instrument she is still currently playing nowadays.

At eighteen she discovers the electronic music world not really trendy at the time, more like a club of initiated. She starts going to raves parties and clubs (Palace, Folie’s Pigalle, Rex club) ensues from it a real desire for the turntable, she buys her first vinyl, the story begins.

Late 90’s will therefore be the theatre of her fusion with electronic music. Yes between Chloé and electronic we can easily speak of fusion, evidence. The minimal beachcomber coming right from Germany is now spreading in all Europe.

Carrere life changing encounters will follow, especially at the Pulp, a use to be mythic lesbian club closed in 2007, where she will become a resident and met with Jennifer Cardini, Sextoy and Fanny coral, they will become a group, almost a family. With her accomplice and partner Ivan Smagghe, a Radio Nova programmer, she will create the famous label Kill The Dj. This label is considered as a place looking for artistic opposition between its Dj.

She will also perform abroad frequently, and during big tours (Barcelona, Berlin, Tokyo, New York). She falls in love with the German club Le Robert Johnson, Frankfurt outskirts located allowing her to mature; she will become a resident and mixed there generally every three months.

In 2002 she released a surprising extended play on the Karat record label. On the opposite direction of what was expected at the time. We were drowning under electroclash, and she released a compilation in 2004 with the provocative title I hate dancing. This time will also be marked by two extended plays Take Care, and Sometimes. She gains clubs trust through good performances, and performed at real famous festivals such as Mutek, Marsatac, Sonar

In 2006 she realised a four hands mix album- purposely indefinable- featuring Ivan Smagghe, released on their own label.

In 2007 her first real album comes out, The Waiting Room, with a musical culture diversified, and real dance-floor minimal tendencies. We can perceive throughout this album Chloe’s will to share her intimate universe with title like I want you or Be kind to me. Her music moves cleverly from experimental music to vital urges or martial beats arranged perfectly. The Waiting Room is an ambitious puzzle, bringing to the dance floor the wounded hearts to cure them with beats. This album is an achievement of a long-term endeavour full of mixes, extended plays, and tour dates.

In the early 2009 she starts the Plein Soleil project with her brother in arms Krikor along with a new mixed cd Live at Robert Johnson. Emotional, Dark, and sensual, this album sound like a continuation for the four hands mix evoke earlier.

2010 is the time of her second album One in other, on the opposite of what she offers in live her album is less intended for dancers than music lovers. Her music is abstract but evocative, cold and humanist at the same time, electro without forgetting to be rock, like the drums in Distant, the saxo in You or the end of One in other.

At the beginning of the year she collaborates with a contemporary artist named Rebecca Bournigault, on a video project, and obviously she tooks care of the original soundtrack.

In order to end this year in the terms we had a chance to see her performed at the Rex club 25 years anniversary on November 16th along with her accomplice Jennifer Cardini and Isolée in live, the kind of program that make us thrilled.