En plein focus sur les 25 ans du Rex, il me semblait opportun d’évoquer le nom d’un pilier de la scène techno internationale.

Première chose qui me vient à l’esprit quand j’entends Techno, les 3B: Berlin, Berghain, Ben Klock. Celui qui se voyait devenir pianiste jazz étant gamin, est aujourd’hui un des DJ-producteur les plus respectés de sa génération. Résident au mythique Berghain, il est reconnu pour ses talents de performer et ses DJ sets marathons qui peuvent durer jusqu’à 11 heures d’affilée. Avant d’aller plus loin, revenons sur les débuts de notre technoboy préféré.

Ben nait à Berlin à la fin des années 70 dans une Allemagne déchirée  par la Guerre Froide. La chute du mur en 89 ouvre les portes sur l’Est de la capitale et les bâtiments désertés deviennent ainsi un immense terrain de jeu pour free parties. C’est dans un Berlin raveur que Ben découvre pour la premières fois les kicks de la techno et les rythmes corrosifs de l’acid house. Subjugué par des classiques tels que Bells de Jeff Mills et Are you there? de Josh Wink, il abandonne piano et guitare pour se caler derrière les platines et y rester.

Il fait ses débuts au Cookies, et au Delicious Doughnuts, avant d’investir le Trésor et de sortir son premier maxi Clockworks EP sur le label éponyme en 98 sous le doux nom de Ben E. Clock. Deux ans plus tard, il revient avec 3 titres signés WMF records, I love you, Me too et This is it, une histoire d’amour au vitriol sur un fond d’acid house.

Ce n’est qu’en 2003 qu’il trouve sa voie lorsque sa copine de toujours, Ellen Allien, le signe sur son label BPitch Control. Il ne tarde pas à se faire un nom sur la scène internationale avec Captain Future et Invasion.

Dans une Europe régit par l’electroclash, Ben envisage sérieusement de mettre fin à sa carrière. Mais c’était sans compter encore une fois sur la belle Ellen, qui lui présente les patrons du Berghain. Une résidence mensuelle dans le club légendaire s’offre à lui, dès son ouverture en 2004.

Il quitte alors son boulot de graphiste pour se concentrer sur sa musique .Une véritable idylle s’écrit entre le Berliner et cette cathédrale de la techno, aux plafonds vertigineux et au système son à en faire pâlir plus d’un. Le club ne fermant ses portes que le lundi matin, il prend goût aux SDI, les sets à durée indéterminée.

C’est à cette époque qu’il fait la rencontre d’un autre habitué du Berghain, je veux bien sûr parler de son pote Marcel (Dettmann), qui devient sans tarder son acolyte de booth et avec lequel il créée en 2005 le label du Berghain, Ostgut Tonträger.

Après 2 maxis sur Memo, la branche minimale de BPitch,  2006 est marquée par sa collaboration tant attendue avec Dettman. Les deux lascars nous livrent 2 titres estampillés Ostgut Ton, Dawning et le magnétique Dead Man Watches The Clock. Une techno sans compromis, hypnotique et futuriste, un résulta détonnant.

Dans le même temps, Ben s’attèle à la création de ce qui devient une référence en matière de techno minimale, son label Klockworks. Il entame une série du même nom, avec des productions solo dans un premier temps, puis continue avec les signatures de DVS1, Rod, Trevino et Etapp Kyle.

Suivront 5 maxis sur Ostgut et BPtich, dont Scenario avec Dettman et Camping 01 en collaboration avec Ellen Allien.

Herr Klock is back en 2009, toujours sur Ostgut, avec la sortie de son EP Before One, où figure notamment sa carte de visite, Subzero et sa techno glaciale réchauffés par une subtile réverbération dub. Dans son premier album One, il nous expose la techno selon Klock. Au programme, rythmes opaques, beats métalliques, sublimés par la voix envoutante d’Elif Biçer, le tout réglé comme une horloge. Avec un nom pareil, on en attendait pas moins.

Une sortie sur Deeply Rooted House (le label de DJ Deep), et en 2010 le pilier du Berghain nous invite dans son antre avec le 4 volume de la série de mix du club. Il réussit le pari fou de retranscrire en une heure la culture berghainoise et l’atmosphère d’un dimanche après-midi dans l’ancienne usine désaffectée.

On se retrouve face à un mix puissant, organique mêlant ambient, deep dub et house en mode lo-fi sur une ligne de basse omniprésente. De DVS1 à Tyree Cooper, en passant par Dettmann, Martyn, Levon Vincent ou James Ruskin, il nous dévoile une tracklist pointue avec pas moins de 14 inédits.

Le succès est tel qu’il remet ça en 2012 en s’attaquant à une autre capitale européenne avec le 66e mix de la célèbre Fabric. On comprend vite que l’idée est la même, mettre en avant des tracks méconnus d’artistes confirmés. Une fois de plus, le producteur cède la place au DJ pour nous faire redécouvrir des pointures telles que Luke Slater, Burial, Josh Wink, Terrence Fixmer, Mathew Jonson, ou encore Floorplan. Mention spéciale pour son interprétation de Terraforming d’Octave One en collaboration avec sa dulcinée, Nina Kraviz, qui appose sa voix low-pitchée sur une techno voluptueuse, deep à souhait.

Avec ces deux compiles exclusives, Ben nous démontre une fois de plus qu’il maitrise les techniques du mix comme personne.

Aussi à l’aise derrière les platines que dans un studio, le Berliner est un génie quand il s’agit d’allier subtilement les beats sombre de la techno au groove sensuel de la house.

Ses talents de DJ l’ont amené à participer cette année à des événements prestigieux tels que les Cocoon de l’Amnesia et la closing party de Circo Loco au DC-10, les festivals Demanktel en Allemagne et Dimension en Croatie ou plus récemment le 18 Novembre quand il a investi le booth du Rex pour les 25 ans du club avec ses complices, Dettmann et DJ Deep.

Voici un petit aperçu de leur soirée, pour ceux qui l’auraient raté.

Noémie Barbier

Rex Club « 25 Years » • BEN KLOCK

During the focus on the 25 years of Rex Club, it seemed appropriate to mention the name of one of the mainstays of the global techno scene.

First things that comes to my mind when I hear Techno, the 3B: Berlin, Berghain, Ben Klock. The one who saw himself as a jazz pianist as a youngster, is now one of the most respected DJ-producer of his generation. Resident at the mythic Berghain, he is known for his performer skills and his DJ sets marathons which may last up to 11 hours in a row. Before going any further, let’s come back on the beginnings of our favorite technoboy.

Ben is born in Belin in the late 70’s in a Germany torn by the Cold War. The fall of the wall in 89 opens the doors on the East-side of the capital and the deserted buildings become then a vast playground for free parties. It’s in a raving Berlin that Ben discovers for the first time the kicks of techno and the corrosive rhythms of acid house. Bewitched by classics like Jeff Mills’ Bells or Josh Wink’s Are you there?, he gives up piano and guitar to settle himself behind the decks and to stay there.

He starts out at the Cookies and at the Delicious Doughnuts, before besieging the Tresor and releasing his first maxi Clockworks EP on the eponymous label in 98 by the sweet name of Ben E. Clock. Two years later, he comes back with 3 tracks signed WMF records, I love you, Me too et This is it, a vitriolic love story to a backdrop of acid house.

Only in 2003 did he find his path when his lifelong friend, Ellen Allien, signs him on her label BPitch Control. He quickly makes a name for himself on the international scene with Captain Future and Invasion.

In a Europe governed by electroclash, Ben seriously consider dropping his career. But it was without counting on the lovely Ellen, who introduced him the bosses of Berghain. A monthly residency lies before him at its opening in 2004.

He quits his job as a graphic designer to focus on his music. A genuine romance is written between the Berliner and this cathedral of techno, with its breathtakingly high ceiling and its sound system that would drive more than one crazy. The club only shutting on Monday morning, he develops a taste for open-ended set.

It’s at this time that he met another regular of the Berghain, I refer of course to his buddy Marcel Dettmann, who quickly becomes his booth sidekick and with whom he creates in 2005 the label of Berghain, Ostgut Tonträger.

After 2 maxis on Memo, the minimal branch of BPitch, 2006 was marked by his long-awaited collaboration with Dettman. The two rascals share with us 2 tracks pressed Ostgut Ton, Dawning and the magnetic Dead Man Watches The Clock. An uncompromising techno, hypnotic and futuristic, for an explosive result.

In the meantime, Ben gets down to the creation of what becomes a reference in the field of minimal techno, his label Klockworks. He initiates a series of the same name, with some solos productions in a first time, then going on with DVS1’s, Rod’s, Trevino’s and Etapp Kyle’s signatures.

5 maxis will follow on Ostgut and BPitch, including Scenario with Dettman and Camping 01 in collaboration with Ellen Allien.

Herr Klock is back in 2009, still on Ostgut, with the release of his EP Before One in 2009, in which feature notably his business card, Subzero and its freezing techno heated up with a subtle dub reverberation. His first album One displays Techno according to Klock. On the program, dark rhythms, metallic beats, sublimated by the bewitching voice of Elif Biçer, the whole, regular as a clockwork. With such a name, no less indeed was to be expected.

A launch on Deeply Rooted House (DJ Deep’s label), and in 2010, the cornerstone of Berghain invites us in his den with the 4th volume of the mix series of the club. He meets the crazy challenge of transcribing in only one hour the berghainer culture and the atmosphere of a Sunday afternoon in the former disused factory.

We find ourselves confronting a powerful mix, organic, blending ambient, deep dub and house lo-fi, on an ever-present bass line. From DVS1 to Tyree Cooper, going through Dettmann, Martyn, Levon Vincent or James Ruskin, he uncovers an in-depth track list with no less than 14 unreleased.

The success was such that he did it all over in 2012 tackling another European capital with the 66th mix of the notorious Fabric. We quickly understand that the idea is the same, pointing out unknown tracks from accomplished artists. Once again, the producer hands over to the DJ to allow us to rediscover big names such as Luke Slater, Burial, Josh Wink, Terrence Fixmer, Mathew Jonson, or Floorplan. Special mention for his interpretation of Terraforming from Octave One in collaboration with his dulcinea, Nina Kraviz, who appends her low-pitched voice on a voluptuous techno, deep at will.

With these two exclusive compilations, Ben shows up one more time that he masters the mix techniques like no one else. Equally at ease in studio or behind the turntables, the Berliner is a genius when it comes to subtly combine the dark beats of techno with the sensual groove of house.

His DJ skills lead him to participate in prestigious events this year, such as Cocoon parties at Amnesia and Circo Loco’s closing party at DC-10, festivals Demanktel in Germany and Dimension in Croatia, and more recently, the 18th November, when he settled in the booth of Rex for the 25 years of the club, with his partners Dettmann and DJ Deep.

Noémie Barbier