Jamais au grand jamais nous n’oublierons le début de l’année 2016. Pas pour la cuite de la veille, pas pour les résolutions pourries intenables mais bien pour une des plus grandes claques deep house qui allait nous être donnés d’entendre au mois de janvier. Amoureux de house, faîtes chauffer les semelles et préparez vous à groover au son d’un des meilleurs producteurs de sa génération : le bien nommé Paso.

 

 

« I never », c’est le titre de l’EP et une bombe incontournable (sortie en 2014) à mettre entre toutes les mains, les moignons et les pinces de toutes les personnes qui se sont déjà surprises à remuer des épaules malgré elles, lancinantes d’un pied à l’autre. Il s’agit d’une merveille de créativité, d’une finesse rare, un track qui nous met en orbite dès la première écoute. Oui, oui, rien que ça.

 

On ne peut pas se plonger dans Paso et passer à côté d’un des labels parisiens les plus prolifiques et qualitatifs de notre génération : D.KO Records. Fondé à Paris fin 2011, il réunit des amoureux de house, deep, funk, rap (on en passe) et va puiser son inspiration aussi bien du côté de Roy Ayers que dans des samples inattendus de Kate Bush. On y retrouve des producteurs et des DJ’s tels que Gabriel et Micky P, Mézigue et l’excellent Mad Rey (auteur d’une belle performance à la dernière édition du Weather Festival).

 

« Mais là on est en 2016 ! C’est l’heure de se réveiller, on enchaine ! »

 

Trêve d’introduction, Paso et DKO nous offrent la pépite de ce début d’année sous la forme de l’EP « We can see that » : deux faces, quatre tracks d’une fine lourdeur dont on n’est pas prêt de se lasser, et qu’on a hâte d’entendre dans les soirées de France et de Navarre.

 

Le morceau d’intro éponyme « The ‘We Can See That’ Thing » sonne d’emblée comme un hommage aux productions de Christopher Rau. Mais attendez il y a plus ! Prenez une marmite et balancez y la crème d’un Axel Boman entrelacé dans du Session Victim. Vous aurez le début d’une idée de la richesse de la production de Paso, l’eau à la bouche dès les amuse-gueules. On a les papilles qui chauffent à l’écoute des charleston a contre temps.

 

Ce qui marque avant toute chose, c’est son écriture, sa patte légère. Le producteur est là pour nous raconter une histoire sans fioriture qu’on veut entendre jusqu’au bout et dont la suite est essentielle.

Ca tombe bien, la suite est assurée. Paso nous invite à nous poser le temps d’un instant au rythme d’un doux cuivre dans un bistrot parisien. « Brandschatzer » est une production éclectique aux influences variées, qu’on ne peut pas et qu’on ne veut pas caser dans une catégorie. Une drôle de sensation loin d’être désagréable, comme un goût qu’on découvre mais qui nous aurait manqué.

 

Le producteur ne nous épargne rien, jusque dans ses samples. On touche le sublime quand on reconnaît le « Players » de Slum Village (une instru du Maitre Jay Dee retrouvée avec un peu d’aide). Si S3A était impressionnant par la justesse de ses transformations de classiques du hip-hop, Paso nous montre qu’il n’est pas en reste, et nous présente une face B de gourmet !

« Climax » comme son nom l’indique est le sommet d’un EP très équilibré, là où « Moto Neurono » apporte une conclusion parfaite au voyage initié. Car il s’agit bien d’un voyage, ou au moins d’une croisière sur laquelle on embarque avec entrain et en randonnant.

 

Oui le sample est un art, et Paso est un peintre. Il nous a préparé une bombe, à écouter en boucle aussi bien à l’apéro que pour les longues ballades en voitures et les sorties ensoleillées. Fraiche, la bande son d’un été un peu en avance…

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Chronique écrite par TLF

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