Inutile de vous redonner le CV très très complet du collectif Mawimbi. On suppose qu’en lecteur assidu et averti de Dure Vie vous vous êtes probablement confrontés aux rythmes effrénés de leurs morceaux au travers d’un article ou d’un podcast. Autre possibilité : cette team de platinistes vous a sans doute fait danser/suer jusqu’à épuisement sur les pistes de danse les plus renommées de la capitale (ici et ).

Après avoir retourné le woodfloor de Concrete le 31/12, Mawimbi nous offre un joli coup double pour ce mois de janvier : une sortie ainsi qu’une résidence de quatre jours à la Gaîté Lyrique du 28 au 31 qui viendra clôturer l’exposition Paris Musique Club (qu’on ne peut que vous conseiller d’aller voir). Pas de repos, donc, pour ces guerriers du dancefloor.

Avec un EP entièrement composé remixes, le Mawimbi Vol. 1 saura ravir les oreilles amateurs de ramdam frénétiques  et de sonorités afro-électronisantes. Il faut dire que le collectif a su réunir une équipe des plus bigarrée autour de ce  disque :  Traumer (l’étoile montante de la techno frenchie), Tim Karbon (artiste proche du collectif et signé chez Vox Populi Records), le producteur anglais Lurka et la team Mawimbi elle-même qu’on retrouve sur le morceau d’ouverture.

Peut-être vous souvenez-vous de la seconde compilation du crew, intitulée sobrement MWB 001 (qui succédait à MWB 000) et où on pouvait entendre la version originale d’ « Agama » produit par le duo néerlandais Umeme Afrorave, lui même signé chez Mawimbi. Si la première version était une jolie synthèse entre rythmique d’inspiration africaine et culture analogique, son remix semble d’avantage déstructuré à la façon « breakbeat d’Outre Manche ». On y retrouve également un petit vocal qui vient vous annoncer gentiment que le maraboutage a commencé.

 

 

Next step. Nous franchissons le seuil des méandres technoïdes avec une relecture de la piste « Sogoni Kalimba » de 10 Foot Ballerina orchestrée par ce cher Traumer. Le beat évolue de façon progressive pour nous plonger dans un univers tribal où les attributs techno se fondent en finesse avec percussions africaines. La messe se prolonge pour dévoiler des choeurs (proches des chants traditionnels) qui nous emportent dans des volutes quasi-mystiques tout au long du track.

 

 

 

Le remix suivant provient du titre « Afrikan Beat 2.0 » de Jenovah et nous est proposé par la jeune pousse montreuilloise Tim Karbon. Cette production aussi féroce que saccadée peut être perçue comme une excursion chamanique à laquelle on aurait ajouté une bonne dose de distorsion pour le côté épileptique.

 

 

L’ultime pérégrination de cet EP est signé par Lurka qui nous offre une refonte drastique du titre « Ketjak » de Loâzo. De prime abord, on pourrait dire un peu naïvement que cette production emprunte des sonorités à la trap et au moombahton. Mais on s’aperçoit rapidement qu’il n’en est rien. Lurka n’a absolument pas essayé de nous vendre un mélange de deux styles de musique en vogue mais nous propose plutôt une nappe exploratoire composée de multiples patterns dont les enchevêtrements forment très certainement la richesse du morceau .

 

 

C’est donc avec logique pour le moins syncrétique et incisive que Mawimbi nous dévoile sa dernière sortie. Vous en voulez encore ? Surtout n’oubliez pas de venir faire un tour à la Gaîté Lyrique entre le 28 et le 31 janvier. Le collectif  vous a concocté une série de lives, DJ sets, projections, rencontres pour les derniers instants de l’excellente exposition Paris Musique Club ! Save the date !

 

Chronique réalisée par Virna

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