Label incontournable quand on en vient à la musique électronique, Soma Records sort une compilation pour fêter ses 25 ans d’existence. 25 années passées à développer le genre, à l’étudier dans tous les sens en y apportant au fur et à mesure de nouvelles complexités, et de nouvelles facettes à contempler.

C’est en 1991 que le label voit le jour sous l’impulsion de Dave Clarke, Glenn Gibbons et le duo Slam à qui l’on doit le fameux ‘Positive Education’, figurant parmi les premiers hits de la maison de disques et qui reste aujourd’hui un grand classique. Duo prolifique, ils n’ont pas cessé de produire depuis et ne passent pas une année sans sortir au moins 4 EPs – avec même un album l’année dernière.

Le label a aussi participé à la découverte de nombreux artistes d’envergure tels que Funk D-Void, Envoy, Surgeon et Percy X, sans oublier les Daft Punk ! Et oui, c’est chez eux qu’en 1994 les Daft sortaient leur premier EP ‘The New Wave‘, suivi en 95 par ‘Da Funk’. Depuis, le label a toujours une longueur d’avance, s’attachant à partager une vision toujours plus éclectique de la musique techno en misant à la fois sur des talents émergents (comme Charles Fenkler ou SLV) et sur des valeurs sûres toujours en mouvement.

C’est donc sur cet équilibre jeunesse/sagesse, classiques/nouveautés qu’est basée cette compilation célébrant les 25 ans du label. D’un côté les morceaux inédits produits exclusivement pour cette compil par des artistes de renom tels que Jeff Mills, Robert Hood, Adam Beyer ou Josh Wink ; de l’autre, des classiques estampillés Soma remixés par des artistes fondamentaux du label (Slam et Deepchord) et par 3 artistes issus de la ‘nouvelle génération’ : Kobosil, Vril et Jonas Kopp.

En clair, cette box comprenant 5 vinyles et propose à l’écoute un véritable voyage sonore solidement pensé et réorganisé. Robert Hood lance les hostilités avec une grosse bombe housy, qui si on ne se trompe pas ressemblerait bien à un futur dancefloor weapon, puis Jeff Mills propose un remix planant à la fois dreamy et obscur, sur lequel s’enchaine un morceau des Daft Punk revisité par Slam doté d’une boucle acide répétitive et entêtante. L’ambiance est bien installée, on se laisse porter, et c’est parti pour le tour complet : Adam Beyer et Blawan nous montrent une fois de plus ce qu’ils savent faire, de la bonne techno à écouter de préférence à 10h du matin dans un hangar, lorsque Josh Wink opte lui pour une version plus soft à la fois planante et acid, mais tout aussi efficace.

On passe déjà au 3ème vinyle de la box qui fait l’effet d’un cataclysme sonore, ambiance drone brute, rythmiques métalliques et synthés inquiétants, qui nous fait enclencher le mode ‘cho la techno’! Jonas Kopp entame la descente aux enfers, suivi par Kobosil qui réalise le coup d’éclat de cette compil. Vril quant à lui a choisi d’emmener le fameux ‘X Track’ de Percy X en ballade dub, du genre où l’on court quand même assez vite. S’ensuit un très bel inédit de Slam qui vient nous rappeler un instant que la jeunesse c’est bien, mais la sagesse conserve son authenticité aussi ! Le duo nous prouve avec ‘Tempest’ qu’en 2017 il est encore capable de nous surprendre en s’appropriant les codes contemporains.

C’est déjà l’heure de l’atterrissage avec le dernier inédit de la compil signé Funk D’Void qui tout comme le morceau d’ouverture de Robert Hood sonne déjà comme un futur classique. Enfin, 2 remixes ambient de Deepchord viennent achever le voyage comme il se doit, avec finesse.

Non, la musique électronique n’a pas encore atteint ses limites, tant que Soma est à l’œuvre.

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