L’épopée commença par une visite de la ville de Lyon qui devient la capitale européenne de la musique électronique le temps d’un weekend. Pour ma part, la cité des Gones m’était totalement inconnue. J’ai donc exploré les Must-Do. Notre-Dame de Fourvière avec un panorama incroyable, le Vieux Lyon, la place Bellecour, le quartier de La Confluence (future vitrine de la filière numérique lyonnaise avec la réhabilitation de la Halle Girard, et donc, pour la dernière année l’hôte des Nuits Sonores). J’ai également fait un tour à Croix-Rousse pour découvrir le quartier dont tous les lyonnais parlent ! Bien sûr en passant par Chez Emile (plutôt pour du neuf) où je me suis permis d’acquérir le dernier EP de Volna. Ensuite c’est au tour de Groovedge. Un véritable Record Shop de potes ! On y trouve des mélomanes à la cool (bières, cônes et flipper au programme) et beaucoup de très bon Second Hand. On ne sait pas vraiment qui gère le shop car tout le monde passe derrière la caisse pour mettre un skeud ou 2, plutôt cocasse ! Je repars avec le Rock to the beat (par Reese / Kevin Saunderson) et le Be Free (par Live Element).

NUIT 1  – Mercredi

Premier apéritif sur le sol Lyonnais. On entame par un bon point pour ces logis où le volume sonore n’est que très peu limité ! Allez savoir pourquoi… Peut-être car les lyonnais sont moins pénibles avec le clapotage des kicks ?  Ou encore car c’est un apéro géant pendant les Nuits Sonores ? On s’ambiance avec un Dj Booth de boîte de nuit chez l’ami Mathieu, à seulement quelques centaines de mètres du marché de gros. On est max. Un peu éméché, je me tord la cheville en sortant de l’apéro (je vous rassure cela ne m’a pas arrêté).

Il est temps de découvrir le lieu-dit, ce fameux « Ancien Marché de Gros ». Et là c’est le coup de cœur… Trois Warehouses énormes avec des scénographies réglées au poil. Dans la Halle 1, ce sont de long luminaires blancs qui couvrent le toit.

© Axel Fenaux

© Axel Fenaux

© Gaétan Clément

© Gaétan Clément

Dans la Halle 2 on retrouve des dizaines de poteaux recouverts de spots qui gigotent dans tous les sens (un peu aveuglant parfois – on comprend mieux l’utilité des lunettes de soleil pour certains).

© Brice Robert

© Brice Robert

© Gaétan Clément

© Gaétan Clément

Un tour au bar, aucune attente, des prix très acceptables (3,70€ le demi de bière, 2€ l’eau) et un système d’éco-cup. Un tour au toilette, aucune queue non plus. Décidément ça me donne déjà des frissons !

Je commence Halle 2 par une heure de Paula Temple qui me met tranquillement dans le bain. Après l’avoir vu à Concrete il y a de ça quelques mois, je retourne prendre ma fessée pendant une heure. Le set est bien orchestré, avec la découverte du lieu en prime, ça claque. Direction la Halle 1 avec Red Axes. Pour le coup je m’attendais à quelque chose de plus tranquillou par nos deux compères. Ce n’est pas pour me déplaire ! Une Techno bien puissante, un système son réglé à la perfection. Red Axes me transporte dans un monde dont je ne ressortirai que Dimanche 14h en rentrant pour la Ville Lumière. Après cet instant de pur bonheur, mon crew se dirige vers Rødhåd. Déjà vu maintes et maintes fois, mais on ne s’en lasse pas (surtout votre groupe de copines qui aime quand ça « tabasse »). De nouveau, c’est de la Techno direction le cosmos Zyon. On n’en rate pas une miette pendant 2 heures (sauf pour s’abreuver de Kronenbourg évidemment).

En bref, le mercredi était un préliminaire bien agréable pour les Nuits Sonores. Exploration d’une ville étincelante, découverte d’un festival qui souffle ses quatorze bougies. On trépigne déjà d’impatience d’être à demain.

DAY 1 – Jeudi 

Je me lève avec un œuf énorme à la cheville (évidemment à danser comme un abruti après s’être foulé la cheville…). Heureusement, un fidèle acolyte me ramène de quoi tenir pour le weekend (pommade, attelle, bandages). On est reparti pour le Day MCDE. Avec une équipe comme la mienne, pas de temps à perdre. À 15h30, on était parmi les premiers à fouler le sol de la Sucrière. Un peu étonnant car les billets ne sont pas donnés, on imaginait que tout le monde débarquerait très tôt. Sûrement aussi un retour de bâton pour ceux qui était sortie la veille…

On découvre alors ce fameux lieu appelé « Sucrière ». Un entrepôt immense avec une scène centrale. Toujours une superbe mise en scène. Il est agréable d’avoir le DJ au centre du spot. Dehors c’est «L’esplanade », un énorme open-air et des containers empilés qui font office de DJ Booth. On est comblé. Dernière scène et pas des moindres, le Sucre, fer de lance des soirées électro à Lyon avec son rooftop qui ferait bien des jaloux à Paris !

© Gaétan Clément

© Gaétan Clément

On ouvre le bal avec Pablo Valentino qui commence déjà par jouer des tracks bien punchy. Un tour dehors pour voir Sadar Bahar, un génie tout droit venue de Chicago. Ce fella possède pas moins de 14 000 vinyles en tout genre. Il est connu pour jouer de la pure Soul avec des vocales incroyables. On confirme, efficacité maximum ! Le soleil est à son zénith, aucun nuage, des gens divins, et bien sûr une mousse fraîche, le résultat est délicieux. On profite du son bien groovy tout en prenant des couleurs.

C’est ensuite l’heure d’aller voir notre Danilo (MCDE). Il commence légèrement en retard et laisse Pablo Valentino mettre la gomme pour un rab sur lequel on ne crache évidemment pas !

Place au ponte de la journée, car oui c’est effectivement ce petit bout d’homme qui a confectionné toute la programmation du Day 1. MCDE commence par des sons bien funky telle une tradition ! Ça bounce bien, le système son est super bien réglé, MCDE fait monter la pression… (pendant qu’elle coule également dans mon gosier). Vers 18h30 le petit Danilo commence à passer des sons bien plus deep, à la limite de la techno. Ce n’est pas pour me déplaire ! Pour autant, on sent que certains spectateurs n’apprécient pas forcément. Les avis sont donc assez mitigés sur le set de MCDE. Quelques personnes trouvent que c’est souvent « la même chose », d’autres ne comprennent pas pourquoi il est passé sur une deep puissante. Mon avis personnel ? C’était un bon dj set de la part de notre MCDE, qui à force de passer à chaque coin de rue (plusieurs centaines de dates dans l’année), ne peut pas toujours sortir le set de l’année. D’autant plus qu’il devait être stressé par le boulot des autres djs qu’il a booké pour l’occasion. En conclusion, MCDE reste et restera un patron dans son domaine. Alors oui, c’est parfois mieux, mais ça reste du très très haut niveau.

Il est temps de faire un tour au Sucre ! Petit bémol, vous n’avez pas le droit de monter vos verres (plein ou vide), ni le droit de monter les bouteilles d’eau. La raison ? Le Sucre vend ses propres consommations à l’étage, pourquoi pas… On retourne donc se poser quelques instants sur les pelouses finir notre bière. On fait de nouveau la queue (à partir d’une certaine heure la sécurité a dû rajouter des barrières pour gérer le flux de personnes voulant se hisser au Sucre. On arrive enfin à passer, direction l’ascenseur qui vous permet d’accéder au célèbre Rooftop. Peu de clubs peuvent se vanter de donner l’accès à la piste de danse via un ascenseur ! Arrivé en haut, Mojito et autres cocktails sont disponibles, Mamma Mia ! On se fait une trentaine de minutes du concert de Tony Allen Toujours aussi incroyable, dégageant un amour chaleureux pour son public. Nous avions pris une énorme claque au Macki par ce Nigérian ; de part la qualité des chansons et le charisme du personnage. On découvre alors la salle du Sucre, assez brute et vaste. Danser au Sucre : Check √

© Anne Simmonot

© Anne Simmonot

Il est temps de redescendre écouter Antal et profiter des dernières lueurs du soleil. Comme à son habitude, le manitou de Rush Hour nous balance des sons dansants. La foule est réceptive, les gens deviennent fous et sautillent dans tous les sens, l’euphorie est au rendez-vous. On terminera enfin ce Day  avec Black Madonna dont j’avais eu pas mal d’échos. Les productions sont de très bonnes qualités, il était donc intéressant de découvrir les djs set de la blondinette ! On a pas été déçu, bien deep avec des kicks entraînants. Encore un set bluffant aux Nuits Sonores… Décidément les gars d’Arty Farty ne cessent de m’impressionner. Malgré une cheville en vrac, je n’ai pas pu m’empêcher de taper du pied jusqu’à la fin… On ne peut que vous recommander de courir voire Black Madonna si vous en avez l’occasion.

© Gaétan Clément

© Gaétan Clément

NUIT 2 – Circuit – Jeudi

Alors qu’on se prédestinait pour une Plateforme, on nous annonce que l’attente est de plus d’une heure… Forcément, Terrence Parker à 5€ ça en fait rêver plus d’un ! On décide donc de partir sur le NH Club avec la soirée « Two Days of Acid ». Arrivé sur place, la salle est presque vide, ce qui ne nous met pas réellement dans les bonnes conditions pour faire nos plus beaux pas de danse. La musique n’est (forcément) pas au niveau de la Sucrière. On commence à se dire qu’un roupillon avant d’enchaîner le vendredi après-midi n’est pas une si mauvaise hypothèse. On quitte donc le NH pour rejoindre Morphée.

DAY 2 – Vendredi

« Réveil matin 11h, j’me réveille comme un fleur ». Encore un ciel bleu azur, un soleil qui fait des heures sups… On est « Cher bien » comme les camarades Lyonnais savent si bien le dire. On m’emmène alors à Best Bagel, une adresse que je vous conseille (particulièrement en lendemain de soirée).

Ensuite, direction la Place Colbert dans le quartier de la Croix-Rousse pour l’événement OFF Thé à la Menthe organisé par Art Feast Records. Arrivé sur la place, c’est une véritable Journée Debout pour tous les fêtards motivés. La Disco Casbah met le feu en passant par tous les styles musicaux. On trouve aussi quelques stands pour s’abreuver et se sustenter de délicieux snacks. Une superbe vue sur Lyon s’offre à nous, que demande le peuple ?

© Brice Robert

© Brice Robert

Après avoir descendu quelques canettes, l’envie de s’asseoir dans un endroit plus calme se fait sentir. Effectivement, le petit bémol de la place Colbert c’est la poussière soulevée par les pas des danseurs effrénés. On décide donc de partir vers le Parc Gros Caillou (Un vrai blaze de compet’ pour le coup) pour profiter du panorama et des derniers rayons de soleil. Il est ensuite déjà l’heure de se remettre en pèlerinage pour les Nuits Sonores….

NUITS 3 – Vendredi 

Le gong retenti une nouvelles fois : « Finissez vos verres et on décolle ! ». Arrivé sur place pour la seconde fois, on aime toujours autant le spot. Il y a beaucoup plus de monde que le premier soir, mais ça reste totalement vivable, on aime.

Cette nuit là on  avait deux objectifs principaux : écouter le nouvel album de Moderat et en prendre plein les oreilles avec Bambounou. On soulignera tout de même quelques temps de latence assez important entre le début de chaque artiste. Évidemment dû aux changements de matériels. On se balade donc entre la Halle 2 et la Halle 3 en attendant les génies de Moderat. On croise forcément le déguisement banane, la panthère rose, Mario et Luigi, la licorne… Mais aussi de nombreux ballons en forme de chevaux et dauphins (ou était-ce un avion ?!).

Les trois loustiques se mettent finalement en place et commencent à balancer la sauce. C’est parti pour un voyage à consommer sans MODERATion. J’ai trouvé le nouvel album bien mental, une belle histoire racontée par la voix d’Apparat. Il nous transporte au-delà des nuages. Fermez les yeux, soufflez un grand coup et laissez vous partir… L’heure de concert passe vite malheureusement… Les avis resteront partagés sur la prestation de Moderat. Probablement car beaucoup de festivaliers de musique électronique n’ont pas l’habitude d’avoir des breaks entre les chansons. Mon avis personnel ? Sûrement les sonorités qui m’auront fait le plus planer aux NS. Un Live avec Apparat derrière le micro, c’était captivant. Ils finiront sur un Bad Kingdom évidemment, de quoi rendre fou toute la salle… Les bras en l’air, l’esprit dans les étoiles. Moderat aura été complètement à la hauteur de mes espérances.

On met un peu de temps à s’en remettre, retour sur terre, on reprend nos esprits et on repart pour faire un tour le temps que Bambounou s’installe…

De retour dans la Halle 1, j’entends pas mal de festivaliers se plaindre de leur vendredi soir. Moderat, la Halle 2, ainsi que la scène alternative Halle 3 ne les ont pas comblé. Tout repose donc sur le jeune prodige français pour relever le niveau. Il enchaîne les bombes pour faire deux heures de set vraiment démentes. Les tracks sont enchaîné(e)s à la perfection, l’histoire que nous raconte Bambounou est belle et sans fioriture. Les personnes un peu dubitatives de leur vendredi sont aux anges. Sans hésitation l’un des trois meilleurs sets des Nuits Sonores. On aura reconnu quelques pépites qu’on partage avec vous (ainsi que l’ensemble du set enregistré par Arte).

Il est maintenant temps de retourner au fond de la couette avant le bouquet final du samedi soir !

NUIT 4 – Samedi

C’est encore un grand soleil qui règne sur le Rhône et la Saône, une balade aux bords des quais s’impose avec un burger de chez Ninkasi (délicieux). Dernier apéro pour les forains, dernière palpation, dernier rechargement cashless… Here we go, tonight a dj will save my life (again).

On arrive pour Lil Louis, l’un des papas de la musique électronique. Évidemment il est encore torse nu avec son béret, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Après l’avoir déjà vu en grande forme à Astropolis, je ne pouvais qu’y retourner. Comme d’habitude, je n’ai pas été déçu. Il nous délecte ses unreleased dont il a le secret (« GPS » par exemple). Il met également le feu avec son track le plus connu « French Kiss », qui pour la petite histoire est l’un des premiers track de musique électronique avec un rythme qui s’accélère/ralenti pendant la chanson. Il a fait durer le plaisir en augmentant le bpm, puis en le ralentissant…. Avec ces voix orgasmiques l’ensemble des festivaliers dans la Halle 2 ont pu jouir à l’unisson. Lil Louis a retourné les Nuits Sonores et a démontré qu’il était encore un patron indétrônable.

Après un set de ce niveau, pour moi les Nuits Sonores étaient déjà terminées. Comment faire mieux ? Ça paraissait impossible… Je me dirige vers la Halle 1 car la famille de forains qui m’accompagne désirait voir Maceo Plex. Entre nous, j’y allais un peu à reculons… Maceo Plex est depuis quelques années devenu un peu bling-bling. Pour autant, je lui laisse évidemment sa chance car il fait partie des américains les plus en vogue.

…Dieu merci j’ai terminé mes NS Halle 1… L’américain aux origines cubaines n’a pas fait dans la dentelle avec un set dantesque. De la puissance, quelques vocales planantes, des tracks classiques mais si efficace comme Solar Detroit et Solitary Daze. Derrière une fumée épaisse, on ne voyait que la silhouette du magicien Plex. À cinq heure il a tenté par tous les moyens de faire un peu de rab, mais aux NS, on ne fait malheureusement pas de rab ! C’est alors l’exode vers la sortie qui commence, les milliers de festivaliers rentrent chez eux après avoir dégusté du décibel pendant presque une semaine complète.

En résumé, on retiendra trois noms principaux pour ces NS : Lil Louis, Bambounou et Maceo Plex. On n’oubliera pas également Black Madonna, Red Axes et Rødhåd qui auront également fait du très beau boulot. Un grand merci à Arty Farty et à la ville de Lyon pour cette sauterie incroyable. Une organisation bien rôdée, des festivaliers au grand cœur, une ville resplendissante.

Bref, j’étais aux Nuits Sonores…

Report rédigé par Axel Fenaux