On ne s’est pas foutu de vous hein. Bah ouai Morray, tu voulais danser un vendredi soir, tu pensais que le pont Alexandre III recouvrait un ancien lion qui après des années de rugissement électronique, contemplait las la seine et la scène nocturne ; tu doutais de la force d’un label français face à l’impérialisme berlinois, tu ne connaissais pas Dure Vie… Il est évident que si vous, comme moi, étiez au Showcase vendredi dernier, l’absolution de tous les péchés énoncés plus haut vous est offerte. Pour les autres, ce sera la damnation éternelle.

Ainsi, pour la closing du mois de janvier, Dure Vie, le webzine aux chroniqueurs talentueux et aux formidables DJs, a convié au Showcase le label français Robsoul Recordings pour y célébrer ses 15 ans. Nous y étions, vous aussi et on en parle.

Oui, la soirée du 31 janvier a sublimé l’écrin du célèbre pont parisien pour vous livrer un diamant de prestation dont le groove était le thème magistral des sets.

Le warm-up fut notre. C’est Dusty Fingers, musicothérapeute de Dure Vie qui se chargea de chauffer les platines. Le grand blond déjà rodé par des prestations en Allemagne et en Angleterre n’a pas baissé le rythme et c’est sur sa parisienne de terre que son passage fut applaudi.

En raison d’un problème technique sans doute lié à la météo, ou à la mort du poisson rouge vaillamment gagné au jardin d’acclimatation par un ami, un trou noir vampirisant mes souvenirs nous amène vers 1h-1h23. Pour passer du warm-up à cette heure, je vous propose d’écouter une pépite d’un étalon de l’écurie Robsoul, parce que comme c’est chouette, le temps passe plus vite.

DJ W!LD • W!ldstyle

Surprise totale puisque c’est à ce moment-là que DJ W!LD agitait sans scrupules ses joysticks. Vêtu de son plus beau T-shirt noir sans manches beige, Guillaume Duchastel De Montrouge a fait parler son style sauvage. Imaginez-vous le meilleur de la crème du top des charts de la gamme old school millésime 80’, une deep house aussi chaude qu’une espagnole après 16 ans d’abstinence, accompagnée des percussions qui conviennent, de l’innocence joyeusement punchy des tambours et des synthés et le frottement aux hanches des filles aux cheveux longs dont la mydriase ne fait aucun doute sur le plaisir que leur procure la musique. C’était de lui. Son appétit français pour la musique du monde et ses 17 ans de carrière aident à comprendre son talent face à la foule. Je pense que Michou, pilier de bar de Dunkerque au bord du coma éthylique aurait, par ces mots fins mais justes par leur sens, qualifié le passage de Guillaume de : « Ah ! il a pas fait le pd le DJ ! » Ci-joint, une esquisse de ce qu’il nous a envoyé dans la figure.

VIDÉO À RAJOUTER

Et puis à une heure à laquelle Arte commence à devenir le meilleur ami de l’homme, le boss du label apparut. Discret comme un joint allumé dans une église, c’est dans la stridence énergique d’une trompette en Fa mineur (selon mon oreille absolue) que DJ W!LD termina son set pour laisser Le Phil Weeks entamer le sien. Du groove à l’état brut, l’homme ne s’est pas simplement contenté de faire danser, il a retourné la boite. Paraît-il que des taxis se sont plaints des tremblements du pont et on murmure même qu’au Havre les remous de la Seine étaient particulièrement houleux. Ce style musical me plait énormément, on parle d’early Chicago house, de deep mêlée à de la funk, du jazz. C’est le genre de set qui fait sourire à l’écoute parce qu’il coule, il glisse, il ne force rien. Alors imaginez mon état quand, sept heures durant, la possibilité de gigoter sur ce style m’a été proposée. Peut-être qu’en fait non, n’imaginez pas. Soyez-là la prochaine fois.

Le maitre du sampling, auteur de l’enivrant Slow Dance, a donc fait péter les watts, poussant les enceintes dans leurs retranchements les plus profonds — je me rappelle avoir vu un type discuter avec les grésillements d’une enceinte. Et a osé passer un sample d’un morceau de Snoop Dogg, j’en reste encore persuadé. Félicitation Phil Weed, euh Phil Weeks !

Phil Week • Slow Dance

J’adresse mes excuses à Chris Carrier et Joss Moog pour ne pas développer d’avantage sur leur passage, ma mémoire, partie trop jeune au fond d’un shot a réduit mon attention. Néanmoins leur force respective est explicite dans ce qui suit.

Chris Carrier – Acid Drop

Joss Moog – Late Nite Beat

Ainsi cette soirée fut très très chouette, un copain qui articulait mal à cause d’un problème de mâchoire ne cessait de répéter : « gros, c’est troop chaauud ». Lui aussi. Le pont a vu fourmiller sous ses voutes des centaines de gens réjouies, happy, et étrangers. Je pense notamment à Guiseppe, espagnole, 23 ans, qui cherchait sa copine, ou Edouard, suisse fiscal qui cherchait la marque de mon pull.

Un grand bravo à l’équipe de Robsoul Record pour une célébration d’anthologie !

Merci au Showcase de nous avoir donné la possibilité de prendre les commandes du club le temps d’une nuit.

Merci à Radiomarais d’avoir diffusé en live l’intégralité de la soirée pour les pauvres absents.

Merci à vous pour vos rires, vos danses, vos sourires, votre amour.

Vous (re)trouverez prochainement Phil Weeks le 20 février au Rex Club, DJ W!LD en Hollande le 7 février ainsi que Chris Carrier à Berlin le 22 février

Restez connectés pour la suite, Dure Vie vous réserve de nouvelles folies.

Luv !

Augustin Wolffgang

REPORT VIDÉO DE LA SOIRÉE