Onze mois sur douze, la ville de Dour est une charmante bourgade de 16 000 habitants comme on en croise beaucoup en Wallonie. Mais quand vient juillet, Dour se transforme en capitale européenne de la musique.

On y était, on a vu, on a vaincu !

Tout commence tranquillement le mercredi avec l’installation du camping. On se pose, on déplie les tentes et on prépare les cerveaux pour la semaine forte en sensation qui nous attend. Il va y avoir du sport. Dès la descente du bus qui amène au camping nous sommes impressionnés par la qualité de l’accueil du staff, l’amabilité de tous les intervenants et de l’organisation. Les organisateurs ont roulé leurs billes et ça se ressent dès l’arrivée. À vos marques…

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© Laura B.

DAY 1

Cette journée d’ouverture avait un goût d’apéritif avec pour commencer Salut C’est Cool. Une bonne préchauffe qui annonce les hostilités d’entrée de jeu. En effet, les français ne sont pas venus faire de la figuration et envoient directement les gros BPM. Ils resteront présents tout le long du festival pour le bonheur de tous et enchaîneront sets sur sets, jour après jour dans une ambiance de dingue.

La scène Cubanisto dancing attire tout de suite notre attention. L’immense chapiteau et le parquet au sol créent une atmosphère de club où chaque pas de danse se fait ressentir, où le mouvement de la foule nous entraîne dans une liesse sans fin. DC Salas représente parfaitement la scène en nous embarquant dans des rythmes latins effrénés. Il sera suivi de près par le roi du sample, le bien nommé S3A. Changement de rythme mais pas d’ambiance, les sons s’enchaînent avec force et vigueur pour le plus grand plaisir de la foule qui répond présent à chaque retour de basse, à chaque mélodie inattendue. Pablo Valentino n’est pas en reste et nous assène un set ultra varié à base de grosses deeps qui tapent, mais pas seulement. Le virtuose fait aussi bien claquer les galettes de Jazz et de Funk que de Techno to Hip-Hop.

L’introduction d’une semaine qui s’annonce folle.

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© Shoelayce

DAY 2

Le jeudi matin est placé sous le signe du chill. La veille n’était qu’une mise en bouche et il est temps de rayer proprement le parquet. On attache les sneakers et on se lance dans ce qui restera une des journées les plus mémorables de ce festival.

On attaque la journée par les scènes Hip-Hop de Nixon et Lady Leshurr dans le chapiteau BoomBox. La foule est très réceptive à l’ambiance et aux vibes lancées par les artistes. Un lien fort se créé entre Nixon et le public, qui se transforme en jeu. La foule se divise et se regroupe sous les appels du showman qui s’approprie le chapiteau. Une belle leçon de Hip-Hop à l’ancienne ! Et c’est ce qui est appréciable dans un festival comme Dour. Bien que les line-up soient très orientés Techno le soir, les organisateurs nous offrent une diversité d’artistes incroyables. Les néophytes ne peuvent qu’y trouver leurs comptes. Tout est fait pour que l’éveil musical s’opère. D’abord, par le système son d’une qualité irréprochable. Ensuite, par la population éclectique du festival. Tout le monde n’est pas là que pour les grosses basses et au fil des rencontres, l’ouverture s’opère. Le festival est très bonne ambiance. Les rencontres se multiplient, les avis s’échangent et c’est avec bienveillance que les festivaliers partagent leurs coups de cœurs et leurs conseils. Dour n’est pas qu’un festival Techno, et c’est son ouverture qui fait sa richesse. Une richesse dont ressortent grandi tous les participants.

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© Shoelayce

Trêve d’émotions, on enchaine avec le son. Petit biscuit remplit son chapiteau, tellement qu’il en devient impossible de s’en approcher. Mais quelle importance quand le sound system a été pensé de telles manières que même à l’extérieur, on se sente dans la fosse. Le jeune prodige de 16 ans offre des rythmes endiablés avec des mélodies planantes et une maturité étonnante pour le plus grand plaisir de tous.

Gros coup de cœur pour le live de Fatima Yamaha. Difficile de décrire une telle expérience. Enrobé dans des sons envoutants venus de nulle part, ce dernier nous a livré une des plus belles surprises de la journée. Planant et trippant, Fatima partage son expérience personnelle et nous fait pénétrer dans son univers spatial.

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Niveau lourdeur, on a aussi été servi à la nuit tombée ! Paula Temple nous a offert sur un plateau doré le meilleur de la Techno allemande, à la limite de l’industrielle. Perte totale de contrôle de l’audimat. On sent que les artistes sont absorbés et sont prêts à donner le meilleur d’eux-même pour agiter une foule déjà surexcitée.

Clou du spectacle : le mythique Dave Clarke. L’homme inspire le respect de par son expérience et sa justesse mais pas que. Malgré un accident de voiture, c’est la cane à la main que le patron de la Techno est venu nous livrer un set fort. Sans concession et avec l’énergie qui lui est propre, ce dernier va créer une véritable communion avec son public et transmettre avec allégresse son amour de la musique à son audience.

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© Laura B

DAY 3

Vendredi c’est pas ravioli, c’est Techno. Sûrement le jour le plus lourd en musique électronique et en BPM dans la face. La journée a commencé par Danny Daze et s’est enchainée non stop jusqu’au matin. Reconnaissable entre mille, le style de Danny met tout le monde d’accord. Ça monte, ça descend, le DJ est venu assurer le show. Il multiplie les tracks avec le style qui lui est propre, tantôt très Techno, tantôt Électro. Mais toujours dans la bonne direction. Monsieur Daze a compris son audience et nous en fait voir de toutes les couleurs. LE coup de cœur de Dure Vie.

La scène Redbull offre au public un line-up sans concession, haut en couleur et va le prouver tout au long de la soirée. Maceo Plex prend la suite de Danny Daze comme si les artistes ne faisaient qu’un et continue de captiver la foule. Son set est particulièrement dansant et résolument Techno : de la lourdeur à l’état pur.

Difficile d’aborder toutes les prestations des artistes tant celle-ci était de qualité. Le son se poursuit de 17h à 4h du matin avec une justesse rare et une homogénéité incroyable. LA scène des amateurs de Techno. Ce sont de véritables patrons qui prendront les platines tour à tour. Pour ne faire que les citer, nous assisterons aux shows endiablés de Kollektiv Turmstrasse, Boris Brejcha, et à la bonne surprise Mind Against (une leçon de puissance).

Difficile de décoller de cette scène, mis à part pour aller assister au set d’un monstre sacré, le bien nommé Richie Hawtin.

La fatigue commence à se faire sentir, les jambes sont lourdes après un tel traitement, mais peu importe. Dure Vie n’est pas venu faire de la figuration. C’est après une (bonne) nuit de sommeil que nous nous préparons à vivre les deux derniers jours d’une aventure déjà incroyable.

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DAY 4

Jour 4 c’est parti ! Un peu moins de Techno au programme, un peu plus de repos. Une belle, très belle surprise en la présence d’Underworld. Personne n’a oublié le son qui fait exploser les baskets et les orteils, le merveilleux « Born Slippy ». Plus proche du live que du set, les chants d’Underworld attirent les festivaliers vers une destination inconnue, quasi cosmique. Planant et rythmé au possible, un live qu’on est pas prêt d’oublier.

Une belle découverte avec la Trance orientale d’High Light Tribe. Le groupe a offert une performance très instrumentale, très live, très folle.

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© Laura B

DAY 5

C’est le dernier jour du voyage Dour Vie. Après presque une semaine de son, les organismes tirent et se plaignent mais qu’importe, la programmation, elle, ne faiblit pas et met le corps à dure épreuve. C’est le moment de se montrer à la hauteur d’une semaine DOUREUUUUH. Il en a fallu du courage car les organisateurs n’avaient pas prévu de calmer le jeu.

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© Laura B

Nous attaquons donc cette dernière journée avec le légendaire Dj Premier. C’est un spectacle pour les oreilles. Ni plus, ni moins. Tout y passe : Funk, session de scratch et cuivres à gogo. Dj Premier fait peser ses années d’expérience dans la balance et retourne la scène à coup de gros beats. Une petite leçon de Hip-Hop avec l’art et la manière dont on se souviendra un moment.

Ce sont des sets d’anthologie qui se sont enchainés tout le reste de la nuit. Notamment avec une double prestation Set + Live de Popof, qui à l’image de ses compatriotes a tout donné pour que la nuit soit inoubliable. Mention spéciale également pour le live de David August. Entouré sur scène d’un batteur et d’un guitariste, le jeune prodige a offert un spectacle à la foule, fidèle à son style, planant et dansant à la fois. Un moment fort en émotion.

Les apôtres de la Techno Ben Klock et Len Faki ont quant à eux lâché des sets d’une intensité incroyable, ponctués d’électro et d’une puissance divine. De sont côté, Maya Jane Coles se rapprochait davantage du côté « Techno Dance » de Danny Daze (pour notre plus grand plaisir).

LE MOT DE LA FIN

Impossible de résumer l’expérience qu’offre Dour en quelques lignes… Mais voilà ce qu’on pourra retenir de ce festival déglingo : une ambiance à couper le souffle, des festivaliers souriants et ouverts, l’impression de faire partie d’une famille, et une programmation hors du commun. Et on allait oublier, les scènes offrent un spectacle visuel à elles seules avec un son d’une qualité rare.

Gros coup de cœur pour Danny Daze, David August (qui chante lui même ses morceaux, respect) et Maceo Plex qui ont fait plus qu’assurer le show en transmettant leur passion.

Mais ne nous prenez pas au mot, Dour est une expérience à faire au moins une fois dans sa vie, allez-y !

PS : Pour ceux qui seraient passés à côté du festoche, Dour Festival organise une soirée à Bruxelles le samedi 29 Octobre avec Carl Craig et Apollonia notamment. Beng !

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© Laura B


SONS

Dave Clarke – Southside

David August – Set me on

Maya Jane Coles – Blue Skies (Ella Fitzgerald)

Maceo Plex – Solitary Daze

Laura B