Du 24 au 27 août s’est tenu la 4ème édition du festival B my Lake aka ‘’Hungarian Mecca of electronic music’’ dans la paisible ville portuaire de Zamardi, considérée comme le St-Trop’ local, au bord d’un lac à l’eau turquoise, à 110km de Budapest.

Enfin paisible… ça s’était avant que le B my Lake n’y installe ses autels dressés au culte de la Techno.

Nous ne connaissions pas du tout ce jeune festival qui prend de l’ampleur en Hongrie. Alors, on a décidé de le tester pour vous. Après 4 jours de rave, on a bien failli ne jamais en revenir mais nous avons survécu, et clairement ça valait le détour !

On vous a même concocté un petit montage maison pour vous montrer l’ambiance.

LE FESTIVAL EN BREF

Prix & Budget

C’est LE point agréable de notre séjour. En guise d’introduction, rappelons que le SMIC moyen en Hongrie est de 300€. Autant dire que lorsqu’on vient de France, certes c’est un budget à considérer car vous allez parcourir plus de 11.000km tout de même, mais cela reste très abordable et clairement ça fait plaisir. Si l’on va dans le détail :

• Comptez 100€ en moyenne avec l’easyjet des familles pour votre billet d’avion aller-retour Paris/ Budapest si vous vous y prenez suffisamment à l’avance

• Le festival en lui-même est vraiment ultra-abordable, le pass 4j coûte 78€

• Le logement ensuite, le pass camping 4 jours au bord du lac ne vous coûtera que 20€. Vous pouvez trouver des apparts sur Airbnb à Zamardi pour des prix très raisonnables si vous souhaitez plus de confort

• Consos & Foodtruck (1 € = 300 Florins)

Comme dans la plupart des festivals, tout se paye avec une carte dédiée que vous pouvez recharger à des guichets dans le festival : Festipay, ça ne s’invente pas.

• Drinkkkk : Commençons par la réalité brute, la pinte de bière ne vous coûte que 1,50€, votre shot de hard préféré 2€, votre vodka-redbull 3€, votre bucket 2L champagne-vodka 10€… Oh wait…
Oui vous l’aurez compris, bienvenue dans les pays de l’est ! La rédaction vous recommande chaudement les alcools locaux : Palinka (eau de vie revigorante) et Unicum (jäger-like utilisé pendant la 2nde guerre mondiale). Cependant, nous ne garantissons pas que vous retrouviez facilement votre tente après.

• FOOD : Niveau victuaille, ne vous attendez pas à des food-trucks transcendants, c’est correct avec du choix, mais ça reste de la junk-food. Toujours est-il que vous pouvez vous rabattre sur un Goulasch, plat typique hongrois, très nourrissant et healthy. Cela reste très cheap, avec pas mal de tables aménagées pour vous poser avant de repartir au front.

Accessibilité

Pour vous rendre dans ce havre de paix qu’est Zamardi depuis Budapest, vous avez plusieurs options.

• Soit opter pour un covoiturage ou le bus, cela vous prendra une bonne heure, 120km d’autoroute.

• Soit prendre le train, ce qui vous reviendra à 6€ mais rallongera la durée du voyage à 2h30.

Nous avons opté pour le train, solution très économique et pratique car il y a des départs toutes les heures depuis la gare de Budapest. Une fois sur place, pour vous rendre de la gare de Zamardi au festival comptez 10min à pied pour rejoindre le bord du lac (sous 37° si vous arrivez comme nous en plein milieu d’après-midi).

Le point agréable, vous retirez vos bracelets pour le festival et le camping en un clin d’œil. Vous montez ensuite votre tente Quechua de l’extrême en 2,378 secondes, et ensuite direction le lac pour décompresser et se rafraîchir.

Scénographie & Décoration

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Le festival se décompose en 4 scènes. La scène majeure aka B Stage, très brut de décoffrage, un vrai antre de Techno, avec un soundsystem violent et des lumières hypnotiques. C’est là où les gros poissons commencent à jouer à 20h.

14124893_1488487451177208_689737199442731044_oLa seconde scène aka My Stage, clairement notre scène préférée de très loin. Les DJs commencent à y jouer vers 15h. Cette scène est beaucoup plus intimiste autant par sa taille que la proximité avec les DJs qu’elle offre. Mention spéciale pour l’ambiance psychédélique grâce à une multitude de boules à facettes et de grandes toiles blanches.

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La troisième scène aka Lake Stagecomme son nom l’indique elle jouxte le bord du lac. Elle est beaucoup plus restreinte, et n’est utilisée que pour les sets de 11h à 15h.

be-my-lake-dure-vie-report-10Enfin, nous sommes obligés de parler de la quatrième scène aka AFTEEER I CAN’T HEAAR UU!!, qui correspond à la scène du bar/open-air ‘’PHANTAISIE’’, à côté de la sortie du festival. C’est bien simple, lorsque la musique du festival s’arrête à 7h du matin, ce bar fait office d’after en proposant des DJs jusqu’à 15h… Tout un programme pour que la fête ne s’arrête JAMAIS.

Le festival a un accès direct avec le lac, et franchement c’est un bonheur de pouvoir se la jouer thug life sur son pédalo tout en profitant du son. Et avec un temps radieux (35° en moyenne sur les 4 jours), c’était un délice de pouvoir se baigner après une soirée sur les chapeaux de roue.

Sécurité & Bénévoles

Au final, un service de sécurité discret et efficace. Croyez-moi, ne jamais tenter le diable avec les services d’ordre hongrois. Ceci dit nous n’avons vu aucun débordement. À l’entrée du festival, vous trouverez un service avec des bénévoles en cas de pépin physique ou déshydratation. Ils sont franchement adorables. Pouce bleu donc.

Festivaliers

Le festival est à 80% fréquenté par des Hongrois, les 20% restant étant composé de diverses nationalités européennes, avec un nombre conséquent de néerlandais et d’allemands. Nous avons croisé quelques groupes de français très sympathiques, mais ce festival mériterait d’être plus connu en Gaulle.

Nous n’allons pas y aller par 4 chemins… Ce qu’on vous dit sur les filles de l’est, c’est tout à fait vrai… Et même mieux encore ! Des MIG 27 et autres avions de chasses hongrois, slovaques et serbes en tout genre, un vrai bonheur pour les yeux.

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En revanche, pour ces messieurs les Hongrois, ce n’est pas du tout la même… Je déteste les clichés mais force est de constater que nous avons rencontré pléthore de grands chauves, ultra-protéinés, tatoués, avec des danses pour le moins improbable. À certains moments, nous avions l’impression d’être dans un Zap de Spi0n. En revanche, tous les jeunes hongrois de notre âge que nous avons rencontrés ont été des amours, et surtout des sacrés fêtards.
Au niveau de la tenue de nos festivaliers, c’est un festival (principalement) Techno, donc pas vraiment de déguisements. Maillots de bain à gogo étant donné la proximité du festival avec le lac, on approuve.

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LE PARCOURS MUSICAL

DAY 1

Entrons dans le vif du sujet. Nous commençons le festival par la Lake Stage afin de pouvoir profiter du coucher de soleil tout en sirotant notre cocktail dans l’eau. Au niveau de la programmation, on a le droit à des b2b entre de très jeunes pousses hongroises qui font le job.
Mais le festival commence vraiment pour nous sur la Main Stage avec l’américain Black Asteroid aux manettes. Il ne perd pas de temps et entame un set très acidulé. L’atmosphère du soir contraste pleinement avec celle de la journée. Sous le dôme de la Main Stage, les lumières se mettent en action et se marient parfaitement (enfin, si vous n’êtes pas épileptiques) avec l’ambiance sombre et glaciale que nous propose le line-up du soir. Jolie entrée en matière qui se poursuit avec l’inévitable Rødhåd qui nous assène une Techno très puissante. Berlin parle Hongrois en somme.

Nous décidons de rentrer nous reposer à 3h même si la fête va battre son plein jusqu’à 7h, afin d’être en relative forme pour le lendemain.

DAY 2

Qu’on se le dise, c’est en grande partie pour ce jour 2 que nous avons décidé d’aller à ce festival. Au programme, un bataillon de Panzers Allemands (David & Michael Mayer, Adam Port,  Anja Schneider, Kollektiv Sturmstrasse…) qui ne sont franchement pas venus là pour faire dans la dentelle. On commence la soirée avec un b2b du feu de dieu entre Adam Port et David Mayer. Les tracks s’enchaînent bien, exit l’ambiance très acide du 1er soir, on part sur des bases plus aériennes et planantes. On ne voit pas le temps passé, que déjà s’annonce le prochain artiste qui n’est autre que la grande Anja Schneider, fondatrice de Mobilee Records, rien que ça. On a vraiment succombé devant la grâce et la subtilité de Anja aka ‘’perpetual motion machine’’. Ce petit bout de femme a réussi à retourner littéralement la My Stage, grâce à un set gratiné et une gestuelle parfaite, tout en maîtrise.

Parfaitement lancé par Anja, nous enchaînons avec Richie Hawtin sur la grande scène. Le canadien alterne entre ses morceaux iconiques et les hommages. Un set très acide. Sans faire la fine bouche, nous n’avons pas totalement été transporté par sa prestation qui a manqué selon nous d’un peu de folie et de risques. Cela n’empêche pas la foule d’être en transe avec son gourou. Les tracks s’enchaînent de manière mécanique sans réellement nous emporter.
Nous décidons alors de retourner sur la My Stage. Clairement nous n’avons pas regretté notre choix. Nous avons le droit à un live onirique des deux compères de Kollektive Sturmstrasse. Très honnêtement, notre plus belle claque du séjour, les MOOG résonnent dans la nuit. Pour la première fois, on a le droit à un subtil mélange de House et de Techno. Nous avons le droit à un vrai break magique avec une reprise plus rythmée de Tristesse (qui m’arrache presque une larme), avant qu’ils ne remettent la gomme avec une Techno tout en montée progressive. Des vrais Maëstros, le public est conquis.

Vu qu’on a envie de faire durer un peu le plaisir, on retrouve Joseph Capriati pour la fin du jour 2. Il met tout le monde d’accord sur sa puissance de frappe sonore.

DAY 3

Dieu, que le réveil est difficile après une nuit complètement folle. Après quelques longueurs (ou plutôt dérives…) dans le lac, tel Lazare nous revenons à la vie pour affronter un 3ème jour musclé.

On est samedi, le nombre de festivaliers augmente singulièrement avec Tonton Carl Cox. Las de retourner Ibiza, il décide de poser ses decks à Zamardi le temps d’une soirée, histoire d’inscrire un peu plus son autorité à un public hongrois déjà acquis à sa cause.

Avant d’aller voir Tonton, nous décidons de jeter un œil au talentueux Mathias Kaden qui nous captive avec ses sonorités tribales. Je découvre l’excellente track Karacho en collab’ avec Marek Hemman sur le label Freude am Tanzen.

Puis au milieu du set, Daniel Stephanik débarque aux côtés de Kaden pour un b2b tout en velour.

Bien en forme après cette mise en bouche, on se dirige vers la scène principale où Luciano s’improvise chauffeur de salle pour Tonton Carl. Il est 23h, et ça part déjà en cacahuètes. Un jeu de lumière très épileptique et des panaches de fumée lâchés à chaque gros coup de kick de Luciano, qui livre un set compact.

À peine le temps d’aller nous chercher une palinka que la clameur de la foule nous rappelle sur la Main Stage. Sa majesté Cox vient d’arriver, presque 10.000 personnes se rassemblent pour la communion. Comme à son habitude, Carl livre un set léché et montre pourquoi il reste une référence incontournable, affolant la foule avec un set Techno flirtant agréablement avec des sonorités raves dont il a le secret (Carl n’oublie pas ses racines). À titre personnel, je suis comme un gamin lorsque résonne ses hits Jaguar ou Amsterdam, mais c’est avec une reprise tribale de Dirty Bass que Carl embarque tout le monde en transe. On peut sans trop chipoter dire que c’est le meilleur set du festival, tant par la qualité du son que par le travail des ingés-lumières qui sont aussi déchaînés que la foule ! Le voyage jusqu’au bout de la nuit commence réellement.

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2h de beau boxon plus tard, on a le droit à un super digestif avec l’allemand Gregor Tresher qui tient son rang après le set de Carl, mais décide lui, de verser plus dans l’Acid. Finalement, nous allons voir le set du sophistiqué Guy J, qui nous apporte un peu plus de chaleur après près de 5h d’ambiance rave.

Après une tentative de capture de pédalo avortée, il est alors temps de rentrer.

DAY 4

Dernier jour de festival, l’organisme commence à fatiguer, mais pas le temps de niaiser. On reprend des couleurs devant Gunjah, avant d’aller assister au récital de Solomun.

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Le roi Solomun montre qu’il fait toujours autant preuve de jugement en commençant par de la Deep House, avant de basculer tout en finesse vers une Techno énergique qui enflamme la foule.

Nous allons ensuite voir Stephan Bodzin qui nous met une grande baffe avec un set onirique. Il nous apporte la touche minimale qui manquait à cette soirée. On sent toute la concentration de l’artiste qui nous livre des impros acidulées sur ses claviers. C’était vraiment beau et parfait pour un dernier soir. Petit plus, Solomun débarque sur la petite scène après son set pour saluer son copain Stephan, très bon délire.

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Malgré les jambes lourdes et l’envie pressante de nous reposer, on terminera le festival avec un dernier baroud d’honneur pour la fin du set de Dubfire, qui vient achever tous ceux qui avaient encore un peu d’énergie.

 

Verdict  

Amis technophiles, on ne peut que vous recommander chaudement de passer au B My Lake l’année prochaine dans le cadre d’une petite virée à Budapest. Pour le prix, on peut vraiment dire qu’on en a pour son argent au vu de la qualité du line-up et du cadre idyllique. Et puisque des images valent mieux qu’un long discours, on vous laisse sur ces images.

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Crédits pour les photos : Király Fotográfus – www.kiraly.hu

Réalisation vidéo : Simon Chauffray

B MY LAKE : FACEBOOK / SITE OFFICIEL