« Teuf », « rave party », « fête clandestine », « fête illégale »… Depuis le 31 décembre, la fête qui a rassemblé 2 500 personnes à Lieuron est au centre de toutes les attentions. Une enquête judiciaire a été ouverte et le principal accusé sera déféré au parquet de Rennes ce lundi 4 janvier. 

Du 31 décembre 2020 au 2 janvier 2021, la rave party qui a rassemblé près de 2500 personnes dans deux hangars à Lieuron, près de Rennes, est devenue le sujet favori des journalistes. Au-delà du mot « teufeur » qui semble être officiellement rentré dans le jargon médiatique, l’attention s’est concentrée sur la peine de « 10 ans d’emprisonnement » prononcée par le procureur de la République, et lancée à l’encontre des deux organisateurs présumés de l’événement. Une sanction (maximale) très lourde pour le mouvement des free party évidemment évoquée sous le joug des tensions autour de la crise sanitaire de la COVID-19. 

1645 verbalisations, une personne placée en garde à vue 

L’événement avait été placé sous haute surveillance policière, pendant les 36 heures qu’aura durer la fête. À son issue, une enquête judiciaire avait été ouverte et huit personnes avaient été placées en garde à vue, dont un jeune homme de 22 ans soupçonné d’avoir organisé le rassemblement. Son seul cas sera présenté ce lundi 4 janvier au parquet de Rennes. 

« Ses propos démentant toute implication en tant qu’organisateur sont contredits notamment par les éléments de téléphonie avec l’envoi à plus de 1 000 personnes du lieu exact d’implantation de la rave party le jeudi 31 décembre en fin d’après-midi » a précisé le procureur de la République, Philippe Astruc. L’enquête précise également que le téléphone de l’accusé était actif le 31 décembre à Lieuron, « moment où le matériel était installé sur les lieux en toute discrétion. » Si la plupart des organisateurs ont réussi à quitter le site avec leur matériel de sonorisation (précise le média Mouvances Libres), d’autres ont bien eu lieu sur une propriété à Iffendic. 

Selon France Bleu, la peine maximale pourrait aller jusqu’à « 10 ans d’emprisonnement« , pour les motifs suivants : 

  • organisation illicite d’un rassemblement festif à caractère musical
  • occupation illicite du terrain d’autrui
  • mise en danger de la vie d’autrui
  • violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique
  • dégradation de biens d’utilité publique
  • dégradation du bien d’autrui en réunion
  • travail dissimulé
  • tenue illicite de débit de boisson
  • infractions à la législation sur les stupéfiants et notamment la facilitation de l’usage

L’association de prévention de Techno+, présente sur place pour fournir masques, gel hydroalcoolique et conseils sur la conduite à tenir après l’événement s’en est indignée sur Twitter. « Le hangar est grand et ouvert, l’air circule mais les médias n’en parle pas« , écrit l’association soutenue par la mairie de Paris depuis 2019 via son projet de « Drug Truck », un service itinérant d’analyse des drogues permettant d’informer les consommateurs sur la nature des substances, leurs dosages, leurs compositions et les risques. 

Mais la pilule ne passe pas. « Organiser un évènement de cette nature en pleine crise sanitaire, c’est un risque majeur de diffusion de l’épidémie. » a de son côté déclaré Jean-Luc Chenut, le président du Conseil départemental. Les participants sont d’ailleurs appelés à s’isoler strictement à leur domicile pendant 7 jours, et un centre de tests antigéniques a été mis en place devant le gymnase de Lieuron.

« On savait que cela allait à l’encontre des règles, mais on voulait le faire peu importe les conséquences. On ne regrette rien, si c’était à faire, on le referait », explique anonymement l’un des organisateurs, Max, 23 ans, dans une vidéo pour le média Ouest France.