Le Vénus Club est un collectif 100¨% féminin qui mêle artistes DJ, productrices et professionnels du secteur de la musique électronique. Né dans le contexte particulier de l’épidémie et du confinement, le collectif compte près de 20 membres à son actif. Alors que trois d’entre elles se produiront ce samedi à la célèbre Machine du Moulin Rouge, retour sur leur ascension avec Cécilia.

Quelles sont les convictions qui vous ont mené à la création du collectif ? Sur quelles valeurs se repose-t-il ?

On voulait rassembler des femmes autour d’un interêt commun. On souhaitait vraiment que le collectif se repose sur des valeurs tel que la bienveillance, la solidarité et la passion. On trouvait qu’il était nécessaire d’avoir des espaces « safe » à la fois dans l’expérience de la fête et dans sa dimension professionnelle, pour se retrouver et partager sur nos pratiques, s’entrainer ou encore apprendre à mixer pour les plus novices. 

Comment vous êtes-vous rencontrées ? 

C’était à l’origine la volonté d’Élodie, qui décida de poster son projet de collectif sur Technopines, un groupe Facebook destiné aux amatrices de musiques électroniques. Très nombreuses étaient les filles qui avaient répondu positivement, le filtre s’est fait naturellement en fonction des réponses géographiques de chacune.

Au départ, nous étions une quarantaine de filles, nous nous retrouvions en visio de manière hebdomadaire à cause de la crise sanitaire, cette régularité a fait qu’au fil du temps nous avons été la vingtaine de membres que nous sommes aujourd’hui. Sinon la plupart ne se connaissaient pas, quelques petits groupes se connaissaient en amont, puis nous avons fini par former une unicité.

« Remettre les notions de passion et de bienveillance au centre de la scène des musiques électroniques. »

Vous avez soufflé votre première bougie en janvier dernier. En une année, quelles sont les évolutions que vous avez pu observer ?

La grande surprise fut la reconnaissance, nous sommes un collectif féminin mais chacune d’entre nous est considérée comme DJ à part entière et non faisant uniquement partie du groupe. Les directeurs artistiques des clubs ne demandent pas une artiste quelconque du Vénus Club, ils demandent une artiste précise tout simplement parce que ce qu’elle propose plaît particulièrement. On sent que les gens s’intéressent, écoutent et formulent leurs demandes en fonction de leur avis et non pour l’image du collectif.

Vous êtes 20 DJs, organisatrices et productrices, globalement quels sont les styles de musiques que vous jouez ?

Nous sommes beaucoup plus catégorisées techno car nous balayons un grand spectre de catégorie comme l’acid, la mental, la hard, la rave ou encore la trance. Vu que nous avons formé ce ce collectif avec nos univers respectifs, certaines jouent tout aussi bien de la house, de la ghetto house, de la minimal, de la disco, ou encore de la dark disco, et c’est à peu près tout.

Pourriez-vous me citer 3 mots pour décrire le collectif ?

La bienveillance évidemment, le collectif est littéralement fondé sur cette valeur. Sororité, nous sommes des femmes très unies par le groupe que nous formons et sommes très solidaires. Enfin le dernier mot serait passion, nous sommes toutes passionnées par un même phénomène.

Quelle force tirez-vous d’être une communauté féminine dans un monde qui se révèle plutôt masculin ?

On se soutient énormément, il y a beaucoup d’entraides, notamment dans l’apprentissage du mix, lorsque certaines souhaitent passer sur vinyle, celles qui maitrisent donnent des tips et organisent des sessions chez elles pour elles. Il n’y a pas de jugement et les critiques sont constructives. On se tire vers le haut mutuellement, je ne sais pas si c’est forcément le cas dans les collectifs masculins. Dans notre groupe, on se dit quand tout va parfaitement mais on se dit aussi quand ça ne va pas, c’est légitime d’aller mal et nous le savons. Encore une fois la bienveillance est centrale, et le but est de se donner de la force pour avancer dans les meilleurs conditions.

Quelles furent les plus beaux moments de cette année en collectivité ?

La réouverture des clubs sans hésiter ! Premièrement, nous avons fait la réouverture des open air à CIEL, on s’est aussi toutes retrouvées au ré-opening du Badaboum en février, la soirée était teintée house, et bien que beaucoup de filles jouent de la techno, nous étions toutes quasiment là et c’était incroyable. Nous avons aussi soufflé notre première bougie au Glazart dans une salle quasi comblée. Et pour finir, il y a eu beaucoup de moments personnels en confinement, les unes chez les autres notamment.

Perdu et Retrouvé, Anodine et Cakkou, que préparez-vous pour la date du 26 mars à la Machine du Moulin Rouge ?

Perdu et retrouvé : On va se trouver une vibe commune, y aller de manière crescendo, faut que ce soit joyeux et dynamique. 
Anodine : Je vais enchainer sur du kinky, j’ai envie que ce soit le zbeul, en plus j’ai quelques bombes sous le coude que j’ai trop envie de jouer
Cakkou J’ai prévu de tout retourner en mode ghetto tech bouncy & énervée ! Je veux que les gens perdent leur cerveau !

La billetterie est à retrouver ici.