La relation entre les médias et les cultures house & techno a souvent été conflictuelle : en leur offrant une visibilité plus large à travers la loupe déformante de la communication de masse, les médias ont dans un sens pu contribuer à dénaturer ces styles qui véhiculaient une philosophie pleine d’authenticité.

Alors qu’un public toujours plus large s’appropriait le genre éléctronique, de nombreux genres et sous-genres qui composaient le spectre de la musique électronique ont eu tendance à se refermer sur eux-mêmes et à exister au sein de communautés de passionnés. En offrant une parole libre et gratuite à tout un chacun, Internet a dans le même temps bousculé les codes de la communication. Chacun a alors pu devenir un média.

À grand renfort d’algorithmes, les nouvelles plateformes médiatiques que sont Facebook et Youtube ont accéléré le processus et ont progressivement connecté d’importantes populations de fans dispersés sur le globe. Et les youtubers font partie intégrante de ce nouveau paysage  musical numérique. Alors que le digging se fait à présent autant dans les bacs de disques que dans les recommandations Youtube, les chaînes qui rassemblent des milliers d’abonnés peuvent contribuer à faire renaître des joyaux oubliés de l’underground mais constituent aussi de véritables tremplins pour de jeunes producteurs inconnus. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de poser quelques questions aux personnes qui se cachent derrière ces comptes. D’ailleurs, si vous lisez ces lignes, il est presque inévitable que vous vous soyez retrouvés sur une de leurs vidéos ces derniers mois (peut-être sans le savoir).

Houseum

houseum-dure-vie-interview-itw

Peux-tu nous décrire en quelques mots la personne derrière Houseum?

Grégoire 25 ans, passionné de musique électronique depuis mon plus jeune âge. Je commence en septembre un MBA Management Musique sur Paris. J’ai vécu dans pas mal d’endroits différents avec mes parents ou aussi pour mes études comme Paris, Bruxelles, Lille, Nantes ou Marseille. J’ai fait un Erasmus en Angleterre où j’ai d’ailleurs adoré la scène électronique. J’ai aussi vécu 3 mois à Buenos Aires où il y a une scène techno en pleine expansion.

Quels ont été tes premiers contacts avec la musique électronique?

J’ai commencé assez jeune à écouter de gros classiques puis je suis passé par la mode Ed Banger. J’ai fait mon premier festival à 15 ans Marsatac en 2007 où j’ai vu Boys Noize dont j’étais complètement fan mais aussi Minitel Rose et Goose.

Puis l’année d’après I love Techno 2008 en Belgique où j’ai fait le voyage avec deux potes. On a vu Boys Noize, Crookers, Dave Clark, Justice, Tiga, Digitalism ou encore Surkin… C’est devenu mon passe-temps favori d’aller en club ou festival pour y voir mes artistes préférés.

Je crois bien que j’aime quasiment tous les genres dans la musique électronique mais j’ai des périodes où je suis plus axé sur un genre.

Comme par exemple j’ai vite commencé à écouter le genre de minimal de Daso, Gui Boratto ou Popof. Puis de la Dub House et House, puis Techno, Dub Techno, de la micro, la techno/deep mélodique puis désormais de nouveau à fond sur la House et je ne pense pas rechanger d’ici peu.

J’aime aussi écouter du rap, que ce soit français, anglais ou américain. J’ai même des petits moments Coldwave, rien à voir haha! Sinon aujourd’hui, ce que je préfère en festival/open-air/club c’est commencer par de la house et terminer par de la micro-house.

Quand est ce qu’a été lancé Houseum? Quel a été le premier morceau que tu as posté?

J’ai lancé Houseum en mai 2016. Le premier morceau publié est Way In de Peter O sorti sur Egoplanet.

Je me suis réellement investi dans la chaîne, c’est-à-dire à beaucoup publier, à partir de décembre 2016 et janvier 2017. C’était assez spécial parce que j’étais en road trip en Amérique latine pendant 7 mois (d’octobre 2016 à mai 2017) et au fur et à mesure du trip je recevais de plus en plus de sollicitation, donc pas facile à gérer. Il m’est arrivé de rentrer de soirée à 6h du mat au Guatemala et de devoir publier une première sur Soundcloud vu qu’il était 14h en France. Avant j’étais beaucoup plus focalisé sur mon autre chaîne YouTube Pretiosum, ce qui s’est totalement inversé aujourd’hui.

Sur quels critères vas-tu sélectionner les morceaux que tu postes?

Je recherche essentiellement des tracks bien House un peu funky ou jazz et même de la Lo-Fi. Mais aussi de temps en temps j’aime publier des tracks un plus deep.

Je pense qu’il est important de rester dans un genre, je publie si j’aime et forcément si c’est cohérent avec Houseum. L’audience sait quoi rechercher sur ma chaine, si tu veux de la house tu vas sur Houseum, tu veux quelque chose d’un peu plus techno mélodique ou ethnique tu vas sur Pretiosum.

Les comptes youtube comme Houseum peuvent être de véritables tremplins en termes de visibilité pour les producteurs, comment gères-tu ça?

Oui, clairement. Il y énormément de producteurs de musique électronique, très dur alors de se faire remarquer. Les chaînes YouTube comme la mienne leur permettent d’avoir de nombreux retours positifs et les encouragent à continuer. Certains méritent vraiment d’avoir une notoriété plus forte et de toute façon si les gens aiment ils partageront en masse et leurs tracks auront de plus en plus de vues. Je peux citer par exemple Bellaire , Tightshirt ou encore Gavinco qui sont très bons et qui ont décollé assez rapidement avec ma chaîne, rien n’est dû au hasard.

Il y en a certains (artistes ou labels) qui n’envoient leur morceau qu’à ma chaîne, c’est une sorte de contrat qu’on passe ensemble parce qu’on se complète, on marche ensemble et ça c’est génial.

Tu as une situation parfaite pour analyser les nouvelles tendances parmi les producteurs de house. Comment décrirais-tu les styles que tu reçois/publies le plus ces derniers temps?

Beaucoup de tracks samplés et edits. Il y actuellement une vague Lo-Fi très forte avec laquelle il faut savoir classer le bon du mauvais, tu sens que certains producteurs profitent de cette tendance pour se faire connaître mais tu ne sais pas toi-même si ils aiment vraiment ce qu’ils produisent par contre d’autres sont très bon dans le délire.

La majorité des tracks que je reçois sont essentiellement house et je suis satisfait en général de la qualité. 95% aujourd’hui des morceaux que je publie me sont envoyés. Je reçois beaucoup de tracks signés ou non de qualité. Les 5% restant sont des morceaux publiés sont des gros coups de cœur où je demande l’autorisation au label ou à l’artiste pour la publication sur YouTube. Il y en a 3 ces deux derniers mois : Here I Am de Real J, Water Acid d’Hymns ou Something I’d Like To Say de Le Hutin.

Quels sont tes plans pour l’avenir de Houseum?

J’ai pour projet de transformer Houseum en label assez rapidement, sortir mon premier EP en 2018 et organiser des soirées avec des artistes avec qui j’ai collaboré. J’ai hâte que ça commence, actuellement le channel n’est que l’introduction de mon projet global. A côté, un métier qui m’attire énormément est le programmateur de festival/salle de concert, c’est vraiment à ce quoi j’aspire.

 

OOUKFunkyOO

ooukfunkyoo-dure-vie-interview-itw

Peux-tu décrire la personne derrière OOUKFunkyOO?

Foncedé.

Quels ont été tes premiers contacts avec la musique électronique?

Dans ma jeunesse, j’étais plutôt dans le breakcore, le noise, le métal, les trucs dans ce genre… J’étais trop impatient pour écouter de la house ou de la techno mais un de mes bons potes, Alex, me faisaient écouter pas mal de choses issus de ces 2 univers avec passion. Petit à petit, avec le temps et beaucoup d’aide de sa part j’étais définitivement converti et la sauce a pris.

Quand est ce qu’a été lancé ta chaîne? Quel a été le premier morceau que tu as posté?

J’ai lancé ma chaîne en 2009 et le premier morceau upload était Yuko Nexus6 – N S K K Coming Soon.

Sur quels critères vas-tu sélectionner les morceaux que tu postes?

Si ça sonne juste, si ça colle avec l’esthétique générale de ce que j’upload (en général électronique) et que je suis personnellement fan … Alors j’upload, ce sont les seuls critères de sélection. Je me base pas sur l’identité de l’artiste ou du label, si j’aime, je mets en ligne.

Les comptes youtube comme OOUKFunkyOO peuvent être de véritables tremplins en termes de visibilité pour les producteurs, comment gères-tu ça?

Je ne fais pas trop attention à ça, si quelqu’un peut trouver une plateforme en termes de visibilité avec ma chaîne, alors ça me rend heureux pour lui. Mais je ne mets jamais un artiste ou un morceau en ligne avec l’idée derrière la tête de faire le buzz. Rien n’est planifié, il peut juste y avoir de bonnes surprises.

Tu as une situation parfaite pour analyser les nouvelles tendances parmi les producteurs de house. Comment décrirais-tu les styles que tu reçois/publies le plus ces derniers temps?

Depuis l’année dernière, je reçois principalement de la lo-fi, ce qui est compréhensible au vu de l’ énorme intérêt que ce style suscite. Personnellement j’ai un certain amour pour cette scène vu que pas mal des artistes de ce milieu sont de bons amis. Ça m’arrive souvent de souhaiter un peu plus de versatilité dans ce que je reçois et en même temps je vais pas me plaindre, j’ai de la chance qu’on m’envoie une telle sélection de morceaux.

Quels sont tes plans pour l’avenir de OOUKFunkyOO?

Etre invité-hôte d’un drama alert de Keemstar et une sex tape quand j’aurai 1 millions d’abonnés.

CMYK
cmyk-dure-vie-interview-itw

Peux-tu nous décrire en quelques mots la personne derrière CMYK?

Français de 27 ans, ayant pas mal bougé du fait de mes études et mon travail mais maintenant bien installé depuis plus de 2 ans à Barcelone. Depuis toujours passionné de musique en tous genre et avide de découverte et de concerts/soirées, j’ai acheté une paire de platine avec mon premier salaire et c’était le début de la fin…À Barcelone, en parallèle de mon travail, j’organise des soirées depuis 2 ans avec 3 autres potes sous le nom de Kommuna, et on a démarré notre label récemment qui s’appelle Kommuna Tapes. Je commence à régulièrement être invité en tant que DJ localement et à l’international et je suis toujours très content de faire découvrir mes disques préférés en les jouant très fort devant pas mal de gens!

Même si je reste amateur, à force de dédier la plupart de mon temps libre à la musique depuis toutes ces années je sens que je commence à me professionnaliser. Les choses vont dans la bonne direction et ça fait vraiment plaisir aussi de recevoir des compliments de certaines personnes que je respecte beaucoup.

Quels ont été tes premiers contacts avec la musique électronique?

La musique électronique c’est un peu vaste… Des trucs de trip-hop type Kruder & Dorfmeister ou même certains albums de Radiohead que j’écoutais au collège pourraient être les 1ers contacts, avec aussi des labels type Ninja Tunes ou Warp… À l’époque j’habitais proche de Genève et je sortais dans des soirées Drum and Bass ou Dubstep dans un truc autogéré qui s’appelle L’Usine (mais des trucs bien hein!! Genre LTJ Bukem ou Tempa Records). Après j’ai vécu à Montréal et j’ai été vachement influencé par les trucs entre hip-hop et musique électronique qui venaient de LA et dont on ne parlait pas encore en Europe à l’époque, type Flying Lotus / Brainfeeder, j’ai fait mon pélerinage au club Low End Theory… Finalement la house/techno à tendance minimaliste Perlon, Arpiar, Nicolas Lutz tout ça, le milieu dans lequel j’évolue actuellement quoi, c’est surtout en vivant à Frankfurt et en allant à Robert Johnson tous les vendredis pendant 6 mois que je suis tombé dedans…

Je suis un peu tout le temps en train de chercher de la nouvelle musique en fait! Electronique ou pas.

Quand est ce qu’a été lancé le compte CMYK? Quel a été le premier morceau que tu as posté?

J’ai un peu galéré à revenir jusqu’à la 1ère vidéo mais la voilà, 3 décembre 2013:

Je dois dire que cette track me parle un peu moins maintenant même si Diego fait toujours des trucs sympa, par contre quelques trucs uploadés juste après comme le NWS (un vieil alias de Samuel André Madsen) ou The Groove Victim me font toujours vraiment kiffer, même si c’est plus exactement ce que je recherche en ce moment.

Sur quels critères vas-tu sélectionner les morceaux que vous postez?

Ça évolue un peu selon mes goûts et mes recherches musicales, je poste des trucs qui me plaisent simplement!

Déjà, maintenant c’est quasiment que des nouveautés. Avant j’uploadais aussi des vieilleries car en vérité mes achats de disques sont quasiment exclusivement des trucs sur Discogs ou dans des shops, des skeuds obscures des années 90 ou début 2000, mais quand le channel est devenu trop gros j’ai arrêté car cela crée simplement de l’inflation/hype sur Discogs et ça fait chier tout le monde.
C’est un peu triste car ça crée une espèce de fossé entre la musique que je joue en club en tant que DJ et que je recherche quotidiennement et ce que les gens connaissent de moi en ligne, mais bon c’est mieux comme ça. J’espère que les gens checkent mes mixes pour se rendre compte du réel effort de ‘digging’ que je fais en tant que DJ 🙂
Pour ce qui est des nouveautés, en fait, ca fait un certain temps que je squatte la scène et voyage à gauche à droite, donc la musique que j’upload c’est souvent des gens que je connais personnellement ou avec qui je parle en ligne depuis un moment.

Les gens qui gravitent autour de Imprints Records ou Slow Life par exemple, on a joué ensemble plusieurs fois, on se croise à des soirées ou des festivals… Je les suis depuis leur 1ère release et c’est simplement normal maintenant qu’ils m’envoient leur promo et je l’upload quand ils me donnent leur feu vert.

La chaîne a commencé avec des vinyl rips fait main et tout, mais en vrai ça fait longtemps que j’ai pas rippé un vinyl, les gens m’envoient des promos. Et j’en reçois beaucoup trop… Donc au final j’écoute que quand ça vient d’une personne que je connais déjà, que j’ai rencontré, ou au moins dont j’ai entendu parler.

 

Les comptes youtube comme CMYK peuvent être de véritables tremplins en termes de visibilité pour les producteurs, comment gères-tu ça?

Oui c’est certain que ça peut aider. Je ne le gère pas vraiment, mais comme mentionné, les artistes ou labels que j’upload sont souvent des gens avec qui j’ai une relation personnelle, donc je suis simplement content de leur faire de la promo.
Après c’est parfois un peu bizarre de voir certains gros labels ou agences signer des artistes qu’ils ont probablement connus via ma chaîne, car souvent ça nous ‘éloigne’ – dans le sens qu’avant par exemple pour une soirée Kommuna on pensait inviter tel ou tel artiste car on a une bonne relation et on sait qu’il comprendrait nos contraintes budgétaires, mais quand tu rentres dans une agence plus pro, l’agent est pas forcément là pour négocier et se mettre au niveau des petits promoteurs, et le résultat c’est qu’on pourra plus inviter l’artiste à nos petites soirées intimistes alors qu’initialement c’est nous qui avons contribué à sa notoriété… Mais bon au final si l’agence permet à l’artiste à jouer dans des festivals où il gagne 3 fois plus, j’imagine il faut simplement être content pour lui! C’est le game.

Tu as une situation parfaite pour analyser les nouvelles tendances parmi les producteurs de house et de techno. Comment décrirais-tu les styles que tu reçois/publies le plus ces derniers temps?

Il y a quelques années, je pense pouvoir affirmer que j’ai contribué à développer un son un peu planant, dubby et minimaliste en regroupant différents labels et artistes avec une esthétique similaire, son qui a été récemment repris à une échelle plus professionnelle et « commerciale » par certaines agences ou labels et qui continuent aujourd’hui encore à le développer.

Ces derniers temps, dans notre ‘scène’ (disons les gens avec un background Perlon / Arpiar / Lutz pour faire simple) il y a une grosse mouvance électro / breaks qui a été initiée il y a quelques années et qui est en train de devenir (ou qui l’est déjà selon le point de vue) la nouvelle ‘hype’. J’ai suivi la mouvance depuis ses débuts en gardant un regard critique, enfin j’espère. Personnellement ça faisait un moment que je cherchais et jouais des sons breakés / IDM / Electro de part mes influences hip-hop et drum and bass, et avec cette mouvance ça m’a motivé à dépoussiérer des sons pour mes DJ sets que j’écoutais au lycée sortis sur Warp ou F Communications, c’est assez marrant.

Mais après certains trucs électro qui sortent sont vraiment ‘too much’, ça part en ‘blip-blop’ et c’est pas du tout ‘deep’, avec un résultat vraiment très loin des influences revendiquées comme B12 ou Likemind – il y a pas mal de trucs qu’on m’envoie qui je sais vont marcher car dans la mouvance actuelle mais que je refuse d’uploader. Je trouve qu’il y a aussi des releases qui semblent super formatées pour rentrer dans cette nouvelle ‘hype’, et c’est cramé les artistes qui font un revirement comme ça.

Quels sont tes plans pour l’avenir de CMYK?

En vérité depuis quelques temps, le channel n’est plus trop ma priorité et je suis bien plus heureux de faire des choses dans la ‘vraie vie’ comme les soirées et le label et évidemment être invité à mixer à l’étranger, même si je fais en sorte de garder la chaîne en vie et de l’alimenter régulièrement avec les trucs cool qu’on m’envoie! Donc les plans c’est de continuer à chercher et acheter des disques tous les jours, continuer de développer les soirées Kommuna à Barcelone et essayer de pousser à l’international en organisant des showcases, etc… Avec le label on vient de recevoir les test pressings de KT003 et KT004 on en est super content! Et pour KT005 je veux avoir au moins une de mes propre production, j’ai accumulé pas mal de beau matériel, des synthés des boîtes à rythme des années 80 mais n’ai pas eu le temps de m’en servir autant que je voulais… J’espère y avoir remédié cet été!

On réfléchit à faire une agence avec Kommuna et utiliser la chaîne comme plateforme, voir même à en changer le nom… On sait pas trop mais clairement on veut que certaines choses bougent d’ici la fin de l’année, on attend un peu de tomber sur la/les bonnes personnes pour envoyer le projet au ‘next level’, car nous manquons tous de temps et on aura besoin de nouvelles personnes motivées pour réaliser tous ces projets!
On est pas pressés, on croit en ce que l’on fait et on préfère avoir une croissance organique, petit à petit, plutôt que d’essayer de créer une ‘hype’ avec des coups marketings chelous.

Do Funkk

do-funkk-dure-vie-interview-itw

Peux-tu nous décrire rapidement la personne derrière Do Funkk?

Un personne qui adore découvrir de nouvelles choses en musique et les partager!

Quels ont été tes premiers contacts avec la musique électronique?

Etant plus jeune, j’écoutais énormément la radio et à l’âge de 15 ans j’ai décidé d’aller dans un magasin de disques à Guadalajara. Je cherchais des morceaux de musique lounge et chill-out, j’aimais particulièrement ces sonorités à la fois reposantes et groovy. C’est alors que j’ai rencontré un dj qui m’a fait découvrir la house, la progressive et un peu de techno. Tout a commencé à ce moment.
Après ça j’ai commencé à passer beaucoup de temps sur Discogs afin d’enrichir ma « wantlist ». Je me suis acheté une paire de technics et ma collection de vinyles a débuté. Un moment je me suis acheté un vinyle sorti sur Schiff avec notamment un morceau reprenant un sample de Prince un peu étrange et des beats breakés. Il n’avait jamais été posté sur Youtube du coup j’ai décidé de l’uploader. Ça a été mon premier morceau mis en ligne, en 2011 je crois.

J’ai réellement appris à découvrir et apprécier la musique d’une manière plus fine en contribuant au projet Faciendo. Ce projet rassemblait plusieurs personnes venant d’endroits différents du monde, cherchant des morceaux et les rassemblant dans des mixes. Un des fondateurs, Desyn Masiello, m’a pas mal influencé dans la manière de chercher la musique. En effet, même s’il a de belles dates, il ne s’en préoccupe pas trop, mais se passionne pour la découverte de nouveaux morceaux en elle-même. Il nous envoyait des sons et m’a appris à identifier la partie intéressante du morceau, ce qui le rendait unique.
C’est sur ces critères que tu vas te baser pour décider de ce que tu postes?
Oui, la plupart des morceaux de house et techno vont avoir des structures assez similaires, du coup j’aime bien chercher ceux qui ont un son unique, des patterns différents, des filtres originaux sur les kicks ou les claps, … Je me préoccupe principalement de ce côté unique et peut-être que c’est ce qui explique pourquoi j’aime tant le label Perlon. Chacune de leur sortie est unique, ils n’ont pas peur de sortir des morceaux assez expérimentaux. En fait, je crois que je cherche constamment des sons un peu bizarres!

Les comptes youtube comme le tien peuvent être de véritables tremplins en termes de visibilité pour les producteurs, comment gères-tu ça?

Quand j’ai commencé à mettre des vidéos en lignes, j’ai reçu de plus en plus de mails avec des morceaux, ce qui est vraiment génial car ça peut être de jeunes producteurs aussi bien que compositeurs avec pas mal d’expérience. Certains de ces producteurs sont très talentueux mais sont restés dans l’ombre, leur offrir une nouvelle plateforme en termes de visibilité est vraiment quelque chose de bien. Peu import qui m’envoie un morceau, je suis toujours ouvert et je prends le temps d’écouter ce que je reçois sur Facebook ou par mail. J’ai toutefois mes propres goûts et il faut que les morceaux que je reçois collent avec ce que je publie.
Par exemple, ça me fait vraiment plaisir de publier des morceaux de certains amis irlandais qui ont produit par le passé et qui ont un univers qui colle avec la musique que j’aime. Un d’entre eux est Laughing Man, un artiste de Dublin qui sort maintenant des titres sur le label américain Silencio.

Tu as une situation parfaite pour analyser les nouvelles tendances parmi les producteurs de house et de techno. Comment décrirais-tu les styles que tu reçois/publies le plus ces derniers temps?

Je poste le même style de morceaux depuis le début, principalement de la house avec des sonorités un peu « bizarres ». Après, en termes d’audience, j’ai pu remarquer une fois qu’en ce qui concerne les pays, celui où on écoutait le plus mes vidéos était la France. Viennent ensuite la Roumanie, la Grande Bretagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. C’est assez intéressant car parmi mes vidéos, je peux voir quel style est le plus regardé dans ces pays. Par exemple l’Allemagne préfère mes morceaux old-school alors que la France se focalise beaucoup sur les sorties récentes.
Quand je suis pas dans le monde de la musique, j’adore les statistiques et regarder comment tout fonctionne, ce que les gens recherchent à travers différents types de contenu. Cette partie de la musique rejoint un peu ce que je fais sur Youtube.
Quels sont tes plans pour le futur de DoFunkk?
Mon plan, c’est de garder ça tel que c’est, à savoir un hobby. Si j’en fais mon travail, peut-être que ma passion s’atténuera. Je veux continuer à soutenir de jeunes artistes et vais également bientôt lancer mon label. Je veux quelque chose qui dire durant toute ma vie donc je dois trouver des artistes qui seront vraiment proches de ma vision de la musique.
J’aimerais également lancer quelques soirées, par exemple tous les 4 mois ou quelque chose comme ça. L’idée serait de rassembler lieu sympa, public sympa et musique sympa, le tout sans aucune barrière musicale.

Novaj 新し

novaj-dure-vie-interview-itw

Peux-tu nous décrire en quelques mots les personnes derrière Novaj?

On est deux passionnés de musique, originaires de la région de Genève, plus précisément d’Evian, au bord du lac Léman. On a toujours entretenu notre affinité pour la musique dans la région où nous avons grandi, mais plus tard, on a dû se déplacer vers Paris et Lyon pour continuer à cultiver cette passion. On a grandit dans l’univers du skate, ce qui nous a procuré une vision assez “Peace”, très orientée sur les rencontres et le partage.

Ça nous a donné l’envie de créer une sorte de fratrie dans le milieu de la musique électronique, avec qui on pourrait tout partager, de la bonne musique mais surtout de bons moments. On est deux bons-vivants, et il y a plus de chance que vous nous trouviez au coin fumeur d’une soirée en train de parler à un inconnu que dans notre bureau. On essaye de transmettre tout l’amour possible dans notre projet qui caractérise assez bien notre état d’esprit, le but étant de faire plaisir aux gens. On tient humblement à partager nos coups de cœurs ou nos soutiens envers des artistes qui nous plaisent et dont on aimerait bien voir la visibilité grandir.

Quels ont été vos premiers contacts avec la musique électronique?

On a été mis dans le bain de la musique électronique assez tôt par le biais de notre famille ou de nos proches qui nous ont fait découvrir cet univers. On a cultivé ce goût pour cette musique de façon marginale, car nous habitions dans une région de la France ou la musique House est assez peu reconnu. On était un peu les deux seuls personnes à franchement aimer ce style de musique dans notre entourage, ce qui a contribué à nous rapprocher d’ailleurs.

On est très ouverts au niveau musical (allant de la disco à la techno, passant par la plupart des sous-genre). Notre premier réel contact avec la musique électronique a sans doute été la techno et les nombreuses bonne soirées qu’on a fait en arrivant à Lyon et Paris. Assister à de nombreux Dj sets et lives nous ont petit à petit formé et ont affuté notre perception de la musique électronique.

Quand est ce qu’a été lancé Novaj? Quel a été le premier morceau que vous avez posté?

On a lancé Novaj en Novembre 2016. Mais le projet a réellement pris de l’élan à partir de Janvier. Le premier morceau posté est Éclipses de Philip Budny, un superbe titre très doux mais avec de bonnes percussions. Le morceaux parfait pour un moment de tranquillité ou dans n’importe quelle situation. On prend toujours un grand plaisir écouter ce titre et c’est pourquoi nous somme très content d’avoir posté celui là en premier sur notre chaîne.

Sur quels critères allez-vous sélectionner les morceaux que vous postez?

Le plus souvent, pour poster, on se met d’accord au préalable – être deux avec des goûts pouvant être sensiblement différent est assez essentiel pour pouvoir garder un esprit critique. On essaye de trouver des sons bien chinés avec du groove, c’est très important. Mis à part ça on est assez ouverts, on poste des tracks qui vont d’un style plus funky à des sonorités plus sombres et deeps. Mais on essaie de créer une sélection house assez cohérente et de cibler légèrement le style de notre sélection pour pouvoir proposer un contenu différent des autres chaînes Youtube dédiées à la House. Plus récemment nous avons décidé de nous concentrer un peu plus sur les sorties de jeunes producteur qui ont parfois besoin d’avoir un peu plus visibilité. Nous essayons de promouvoir des producteurs français de préférence, mais nous ne nous mettons pas non plus de frontière concernant la nationalité des artistes.

Les comptes youtube comme Novaj peuvent être de véritables tremplins en termes de visibilité pour les producteurs, comment gérez-vous ça?

Nous pouvons remarquer que de talentueux producteurs ont pu voir leur visibilité grandir grâce à des chaînes youtube que beaucoup reconnaîtront ( Slav, Houseum, …). On peut clairement remarquer que la sélection des chaînes Youtube plaisent et attirent l’attention du public. Ça permet de donner de la visibilité à de nouveaux artistes ou tout simplement des artistes qui ont du mal à se créer une visibilité mais qui méritent d’être entendu par le grand public. C’est pour ça que nous pensons qu’une chaîne YouTube de sélection musical peut clairement être une opportunité pour les artistes.

La preuve parfaite: on peut remarquer que beaucoup d’artistes viennent vers nous ou d’autres chaîne afin que leurs sons puissent être postés. On peut noter qu’on a de bons contacts avec les labels et les artistes qui semblent enthousiastes vis-à-vis de notre projet et personne ne semble être dérangé par notre présence récente dans le milieu de la musique électronique.
De notre côté on essaye d’être à l’affût de toutes les opportunités qui s’offrent à nous.

Par exemple on a récemment eu la chance d’entrer en contact avec un grand nom de la House actuel pour l’aider dans la gestion de sa propre page Youtube mais on a pu aussi bosser avec un label américain pour poster des EPs et tout récemment avec un jeune label Parisien, Grand Cru Paris à qui on passe un big up.

Tu as une situation parfaite pour analyser les nouvelles tendances parmi les producteurs de house. Comment décrirais-tu les styles que tu reçois/publies le plus ces derniers temps?

En tant que spectateur des vacillement musicaux, il y en a une qu’on ne peut définitivement pas louper depuis quelques années, c’est la lofi. Nous respectons la tendance, c’est toujours flatteur et plaisant de recevoir une demande pour un bon son lofi mais nous préférons laisser ce mouvement à d’autre chaîne qui le font très bien et nous concentrer sur notre ligne de publication.

Il y a aussi beaucoup de producteurs qui ont tendance à utiliser des samples plus ou moins connues pour faire leurs tracks. Certains sons sont bien travaillés et nous plaisent beaucoup. Des artistes manient les samples de façons à produire des sons géniaux, ce qui peut donner une toute nouvelle âme aux sons d’origine. De même pour des édits qui sont également parfois très bons.

Quels sont vos plans pour l’avenir de Novaj?

On va continuer sur notre lancée, on espère que de plus en plus de personnes vont suivre nos uploads. On kiffe partager ce qu’on aime et on a de bons retours, ce qui nous motive à nous investir encore plus dans la chaîne. De plus, on remarque que beaucoup de producteurs font vraiment de très bonnes compositions, et cela nous motive d’autant plus à essayer de donner un peu plus de visibilité à ces producteurs qui font partie de notre environnement. L’idée de créer des événements pourrait être pertinente, on y songe. On va surtout continuer notre activité principal, uploader des sons, rechercher de nouveaux artistes et la bonne humeur!