À Bordeaux, l’IBOAT reprend bientôt sa vie culturelle en rouvrant sa terrasse dès le 18 juin. En attendant la reprise du club et des concerts, son programmateur, Florian Levrey, nous a livré une playlist de 55 sons. Lord Of The Isles, Aleksandir, Move D, Eris Drew, MCDE, Moodymann, Miles Davis… À écouter sans modération. 

Comment as-tu conçu cette playlist ? 

Pour ne rien vous cacher ceux sont des morceaux que j’écoutais pendant la période de confinement. La sélection fait place dans une première partie à des musiques qui s’écoutent davantage la journée mais également des morceaux que l’on peut entendre dans la cale du bateau lors des soirées dans la seconde partie. 2 salles, 2 ambiances !

Quelles sont les conséquences du confinement et du temps d’arrêt des clubs pour l’IBOAT ?

Depuis bientôt 9 ans d’activité, le bateau a été ouvert sans interruption. On peut dire que pour nous, ce break est plus que singulier, tout comme le fait de rayer 3 mois de programmation de nos radars…. En temps normal, je vie ma vie à 300 à l’heure dans le TGV Bordeaux-Paris depuis des années.

Donc cette pause, je l’ai surtout considéré comme une expérience humaine, une belle opportunité pour se poser et tout remettre à plat, réfléchir à l’avenir et à comment faire repartir le bateau à sa réouverture…

Qu’avez-vous prévu pour la réouverture de la terrasse le 10 juin ? 

Effectivement, la première étape est la réouverture de notre terrasse de 1000 m2 au bord l’eau, le 18 juin. Autant vous dire qu’on est sur-excités à l’idée de retrouver notre public ! 

On travaille d’ores et déjà à une programmation en plein air plus légère (car contrainte) que les années précédentes. Bar, restauration, ciné en plein air sur le bus, concert au bord de l’eau, ateliers kids, marchés… le programme des festivités sera dévoilé bientôt. 

De plus, nous prévoyons une ouverture 7/7 tout l’été. Je ne vous cache pas que nous avons besoin de cette ouverture pour respirer. On espère que le public sera au rendez vous, histoire de nous redonner le sourire après 3 mois de fermeture ! 

Comment gères-tu les annulations et reports de dates ? 

Le plus lunaire, c’était mes échanges au tout début avec les agents d’artistes américains ou anglais qui me pressaient pour être payé 100% 3 mois à l’avance alors que nous étions au même moment en train de devoir fermer tous les clubs en France, Allemagne… On va dire que la prise de conscience n’a pas été la même au même moment selon les pays !

Quelle vision avez-vous de l’avenir ? Et sur l’avenri de la fête ?

Pendant le confinement, on a bien vu avec le streaming des lives Facebook que la diffusion en ligne de cette musique atteignait ses limites. Notre métier est avant tout de rassembler physiquement les gens autours des cultures électroniques. L’échange, le partage, la convivialité et la cohésion sociale sont l’ADN de notre métier. 

Sans avoir connaissance des mesures sanitaires qui seront en vigueur, il est vraiment compliqué de se projeter. Nous pensons que la santé reste la priorité là, donc il est nécessaire de ne pas prendre de risques et d’accueillir le public dans les meilleures conditions. Pour les pronostics, je vous laisse voir avec Didier Raoult (rires). On s’écoute un peu de musique maintenant ?

Retrouvez la playlist de Florian Levrey ci-dessous.