Photo à la une © Doris Fatur 

Multi-instrumentiste, brouilleur de piste et grand amateur de Detroit, celui qu’on surnomme ‘The Cyberfunk Assassin’ est devenu le spécialiste de l’électro-funk chargé en break. Via son live, Gary Gritness délivre de grosses basslines et synthés belliqueux, que tous les fans d’électro, de Dam Funk ou Drexciya pourront apprécier. Recette sans failles à découvrir en 10 tracks avant sa date au Connexion Live de Toulouse, invité par Boussole Records samedi.

Curren$y feat. Freddie Gibbs, Saturday Night Special (2018)

Curren$y est mon rappeur préféré, à chaque fois qu’il sort quelque chose je me jette dessus. Je le trouve particulièrement fort lorsqu’il s’associe au beatmaker Alchemist, ça a déjà donné des chefs d’œuvres comme Covert Coup ou Carrolton Heist, et là, avec Freddie Gibbs en plus, ça donne ma sortie préférée en 2018. L’ambiance cinématique de ces trucs me fascine, et niveau paroles c’est toujours un univers de G’s pur jus.

Randomer, Smokin’ (2013)

Je suis tombé sur ce morceau en cherchant des trucs d’electro-funk récent qui pourraient me parler. Randomer est plus connu pour ses productions techno assez monolithiques et rectilignes, et c’est pour ça que cette sortie ultra funky sur Lies m’a beaucoup surpris. Je ne l’ai pas encore entendu en club mais ça doit casser la baraque sur un système.

Stevie Wonder, I Love You Too Much (1985)

Une pote m’a filé ce son en me disant que ca lui faisait penser à ce que je faisais sur les sorties Sugar Cane ! Je ne connaissais pas du tout cet album de Stevie, même si j’adore « That Girl » sur l’album d’avant. En gros, c’est Stevie en grande forme qui s’est enfermé en studio avec les nouveaux jouets de l’époque, un DX7 et une DMX, et ça défonce.

Rick James, Money Talks (1983)

Du vrai funk de délinquant. Si tu mets ca fort pour te réveiller le matin, tu es à peu près sur que pour le reste la journée, tu ne va pas te laisser emmerder par personne. Rick James est extraordinaire, je trouve que ses albums à part ‘Street Songs’ sont affreusement sous estimés alors qu’ils sont tous de grands disques de funk et de r&b, avec des arrangements incomparables.

Steve Khan, Blades (1982)

Au début des années 80, Steve Khan, alors guitariste de séance très demandé (de James Brown à Steely Dan) qui tournait de temps en temps avec les Brecker Brothers, décide d’envoyer tout promener, de changer de son et de s’entourer de musiciens devenus légendaires : Anthony Jackson à la basse, Steve Jordan à la batterie et Manolo Badrena au percussions. Ca donnera 3 albums super énergiques, remplis d’improvisation tendues que je ne me lasse pas de réécouter.

Sample Choir, Feelin’ Lonely (1994)

Todd Edwards dans ses grandes œuvres sur Nervous Records. Non seulement sa manière de cutter les samples est complètement inimitable, mais en plus le niveau de détail dont il fait preuve me tue à chaque fois. Le détail qui me touche avec sa musique, c’est que j’écoute beaucoup de gospel et que je ressens exactement la même chose quand j’écoute ca, car Todd Edwards est très croyant. C’est du « praise break » électronique !

Gucci Mane feat. Bruno Mars & Kodak Black, Wake Up In The Sky (2018)

Ça fait plus de 10 ans que j’écoute Gucci Mane, et je n’avais jamais entendu parler de Bruno Mars avant qu’il sorte son album 24k Magic l’an dernier que j’ai trouvé excellent, n’en déplaise aux puristes. Je trouve ca très bon de les trouver réuni sur ce beat de batard de la 808 Mafia (d’ailleurs j’utilise à mort les gammes qu’on trouve dans ce morceau dans les sorties Adventures), on dirait que Bruno Mars en a plus rien à foutre et qu’il fait exactement ce qu’il veut sans se soucier de ce qu’on va en penser.

Paul Johnson, House (1994)

J’ai pu voir Paul Johnson à Paris récemment dans une soirée ou je jouais sous Playin’ 4 The City avec Olivier Portal. PJ est juste monstrueux de groove et de talent, je crois qu’il fait partie des rares à pouvoir appeler un morceau « House » sans avoir l’air ridicule. Il a fait tout un passage ou il a joué ce genre de trucs, avec toujours deux morceaux en même temps blendés à la perfection pendant une heure, c’était dingue. De toute façon, ce titre est sur une face qui contient 3 titres : « Dedication to House », « House », et « Fuck You ». Comme ça, c’est clair !

Ed Rush & Optical, Compound (1997)

Un des disques les plus importants de la drum’n’bass, il n’a absolument pas vieilli. Je ne comprends toujours pas comment ils ont réussi a faire cracher des lignes de basse pareilles d’un vieux Pro-One, et la plupart des morceaux ont trois pistes de basse en même temps, c’est du délire. Sans compter l’ambiance super sombre et sci-fi, les beats super précis et naturel, la perfection du mix… Un album de référence pour moi.

Shawty Pimp, Much Love In The Hood (1994)

Mon pote Jay Simon d’Atlanta m’a filé cette tape, une de ses hobby est de trouver les tapes de rap les plus obscures possibles, et celle ci défonce tout. C’est du rap de Memphis avec une petite teinte West-Coast, il y a de la Roland R7 partout et les samples sont géniaux. Sur celui-ci, c’est un truc d’un side project des Isley Brothers, « Insatiable Woman ». Le genre de tape qui donne envie de creuser les trucs passés à la trappe, tellement ça sonne.

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Samedi 17 novembre (Connexion Live, Toulouse)Boussole Party feat. Gary Gritness Live (Clone, Hypercolour)

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