PÈRE NOËL 2015 : NICK V

 

 

E D I T O

UN HOMME AUX MULTIPLES FACETTES

 

Né à Manchester d’une mère française et d’un père vietnamien, Nick V incarne le métissage. Il est de ces artistes prolifiques qui ont cette faculté à mêler les disciplines et les expériences pour en valoriser la synergie.

À la fois DJ, fondateur des soirées Mona, consultant en acoustique, professeur d’art martial : Nick V ne recule pas devant le travail ni même devant les courtes nuits que lui imposent son emploi du temps.

Lorsque Nick a accepté de devenir le Père Noël de Dure Vie, pour cette édition 2015, un immense enthousiasme et un sentiment de fierté se sont emparés de nous. Convaincus de l’apport colossal qu’il a amené aux nuits parisiennes, nous savions qu’il serait une véritable encyclopédie de la musique électronique. Finalement, au cours de notre rencontre on s’est aperçu qu’il était aussi un fin connaisseur (et acteur) de l’émergence du hip-hop et des danses urbaines en France. Avant toute chose, nous avons rencontré un esthète, un mélomane, mais surtout une personne avec un sens profond de l’humanité et de la spiritualité qu’il traduit quotidiennement dans ses différents champs d’activité.

Ce focus a pour objectif de vous offrir de la (bonne) musique pour les fêtes et de vous faire découvrir le vaste univers de Nick V. Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à nous lire que nous en avons eu durant ce travail d’écriture.

Joyeux Noël à vous !

INTERVIEW

Questions posées et propos recueillis par Sanche

1) NickV ITW

Pour notre focus spécial Noël, Nick V a répondu à nos questions. L’occasion pour nous d’aborder avec lui la genèse des soirées Mona, sa passion pour la danse, son amour du vinyle et d’en savoir plus sur ses qualités de programmateur (lorsqu’il n’est pas derrière ses platines). Retour sur une rencontre avec un acteur incontournable des nuits parisiennes.

Dure Vie • Histoire que nos lecteurs sachent un peu à qui ils ont à faire, est-ce que tu peux nous parler du concept de la Mona ? Comment est-ce que ça a commencé, et en quoi est-ce une soirée à part dans Paris ?

Nick V • Ça a commencé en 2008 et ça a beaucoup changé depuis cette époque puisque l’on va célébrer nos huit ans l’année prochaine.

Au départ c’était le prolongement d’autres résidences que j’avais en 2002-2003 qui s’appelaient Guys & Dolls et Otra Otra. Ces résidences étaient vraiment basées sur la mixité sociale, ethnique et sexuelle du public. On avait un public très mélangé • hétero, gays, mecs, meufs, jeunes, moins jeunes. On était connu parce qu’on attirait un public un peu plus âgé. À l’époque c’était très apprécié de pouvoir sortir avec des gens de trente ans.

Quand ces deux résidences se sont arrêtées j’ai voulu relancer une résidence en partant de ces deux bases là et continuer avec certains éléments de Otra Otra et de Guys & Dolls.

Je m’occupais de la partie musicale et j’ai sollicité d’autres personnes qui avaient six autres réseaux et l’idée c’était un peu de croiser plein de réseaux différents. Toujours dans l’idée du mélange il y avait un réseau gay, un réseau du onzième un peu branché, des réseaux plus soul funk soul groove et ça se croisait un peu car la musique que je jouais à l’époque (et que je joue toujours maintenant) était clairement house et très portée sur le brassage.

Ensuite Mona a commencé et on a vite évolué. Au départ ce qu’on avait envie de faire c’était de proposer une soirée vraiment confidentielle. On ne communiquait jamais les line-up. On dévoilait les programmations avec des devinettes, des anagrammes, et pour ceux qui trouvaient la réponse, l’entrée était gratuite. Ça touchait un public un peu initié (ce qui était sympa), mais d’un autre côté ça touchait très peu de public. Donc au bout de deux ans on a changé notre fusil d’épaule et on a commencé à annoncer nos DJ’s. C’est à ce moment là, en 2010, que j’ai commencé à m’intéresser à des publics plus jeunes. J’ai fait la rencontre de Jeremy Underground qui venait de lancer son label que j’ai invité à venir jouer avec Brawther. C’était leur première date à Paris, la première fois qu’ils jouaient en club et ça a été super pour moi car ça m’a permis de renouveler mon public et de toucher plein de jeunes qui aimaient la musique que je pouvais jouer et que je pensais être un petit peu passée.

Ce qu’il faut savoir c’est la période 2002/2008 marque une époque un peu difficile pour la house avec un désengagement du public. Les jeunes qui sont maintenant acteurs de cette musique n’étaient pas encore présents et c’est avec cette soirée en 2010 qu’on a découvert et fait découvrir le phénomène My Love Is Underground. Ça nous a donc permis de renouveler notre public et aussi de renouveler notre confiance dans un genre musical qui était un peu cloisonné et en perdition.

Cette année là j’ai aussi fait la rencontre de pas mal de danseurs Ylva Falk, Lasseindra Ninja, Kirikou qui est maintenant Nsdos chez Clek Clek Boom. C’est avec eux que j’ai connecté avec la danse et que j’ai eu l’idée de faire des « dance class » à la Mona. Depuis ce moment on est resté toujours sur cette ligne : de la house, un public plus jeune et de la danse.

Dure Vie • Pourquoi est-ce que tu mets autant l’accent sur la danse ? Tu es toi même un danseur invétéré ? C’est un élément primordial de la fête pour toi ?

Nick V • Ouais c’est primordial ! Carrément !

Je suis pas un danseur pro ou connu, à l’inverse de DJ’s connus comme Tijo Aimé qui sont des très très bons danseurs… Je fais partie des amateurs de danse, des gens qui aiment cette pratique d’expression corporelle et alternative. J’ai été danseur très jeune en Angleterre. J’ai commencé à danser le hip hop à l’émergence de ce mouvement, d’ailleurs grâce à la France qui est un pays d’un très bon niveau, et on y trouve beaucoup de danseurs très forts en danse urbaine (house, hip hop, voguing, waacking…).

Dure Vie • À ce sujet, c’est quoi ces types de danses qu’on peut voir à la Mona ? D’où viennent ils ?

Nick V • C’est des danses de clubs !

La house dance est née dans les clubs de New York dans les années soixante-dix en croisant toutes les musiques qui ont influencé la house, dans le Loft notamment avec David Mancuso. Il y avait des lofters, les premiers house dancers, des gens qui dansaient en mélangeant moderne jazz, capoeira, des mouvements de Kung-fu claquettes, danse africaine, latino, tout cela a fusionné pour créer une danse : la house dance. C’est basé sur un mouvement, le jacking, qui est un mouvement vers le haut qui est sur le temps du « high hat ».

En même temps à New York, dans les communautés afrolatines et gays, s’est développé le voguing. C’est une danse inspirée des postures des mannequins. Dans cette communauté noire gay et pauvre ils voulaient recréer cette beauté de « beauty contest ». Il y a donc a eu des concours de beauté où pour se distinguer ils posaient comme des mannequins. Les plus beaux poseurs gagnaient les concours. C’est ensuite devenu une danse qui s’est croisée avec la house car le voguing, au départ, s’est dansé sur de la house.

Le hip-hop est né également à la même époque à New-York dans des ghettos là aussi, dans la rue à partir des danses funk, en dansant sur des breaks (les parties instrumentales qui font danser les gens) car les DJ’s avaient remarqué que les gens dansaient sur les breaks d’où le mot « break dancers ».

Dure Vie • C’est important pour toi que ces mouvements, plutôt américains, soient représentés à Paris et à la Mona ?

Nick V • Pas parce que c’est américain, mais c’est important car on est là en tant que DJ pour faire danser les gens. La musique est là pour ça !

J’ai remarqué dans les clubs ces derniers temps (depuis 2010), que ces jeunes qui forment le public ont plus tendance à plus regarder le DJ’s qu’à danser et interagir. Une danse c’est un échange entre deux personnes, c’est une interaction, une communication par le corps que l’on a un peu perdu dans les clubs. Moi je veux faire revenir ça dans les clubs et je me sers de la Mona pour faire revenir cette énergie. Certes il y a des gens qui peuvent s’enivrer ou se droguer mais la danse au final donne le même effet.

Dure Vie • Est que tu considères qu’il y a un renouveau du vinyle notamment quand on considère la hausse des ventes sur Discogs ? Constates-tu un renouveau musical lié à ce changement ?

Nick V • En effet, en tant que DJ je constate ce renouveau, pas seulement en France mais dans le monde. Je pense qu’avec la dématérialisation des musiques il y a une quinzaine d’années c’est un peu un retour du boomerang. Il y a eu un mouvement fort à ce moment là, dont j’ai fait partie, car j’aime bien les nouvelles technologies, et j’ai d’ailleurs au delà des vinyles plein de fichiers de musique. J’ai fait des années d’encodage de mes vinyles.

En fait, les gens se sont beaucoup intéressés à ces nouvelles technologies et je pense qu’il y a eu une réaction par rapport à ça. Notamment dans les générations plus jeunes qui n’ont pas forcément connu le vinyle au départ mais pour qui aujourd’hui il y a un côté romantique lié à l’objet et un attrait pour une époque où les choses étaient plus lentes, où il fallait vraiment aller chiner ton disque, poireauter chez les disquaires le mardi entre midi et 14h pour chopper les bons disques.

Et aussi il y a une réaction par rapport à la dématérialisation et la surabondance de la musique dématérialisée. En tout cas moi c’est ce que ça ma fait comme effet.

J’ai connu le mix en numérique. J’ai joué pendant quelques années sur ce format là mais je suis revenu au vinyle car même si au niveau argent et pratique c’était bien plus facile en numérique, je n’y trouvais pas la flamme parce que j’étais envahi de musique et j’appréciais moins la musique que je pouvais jouer.

Donc oui il y a une grosse effervescence autour de ça et une bulle avec des prix qui explosent sur Discogs, presque comme une bulle immobilière. Mais on va revenir à des prix plus raisonnables quand les gens auront compris que ce n’est pas la peine de dépenser cinquante ou cent euros dans un disque. Je constate aujourd’hui que la côte d’un disque devient parfois un critère trop important pour les DJ’s ou collectionneurs. Par exemple, certains DJ sets sont appréciés uniquement parce qu’ils comportent des disques chers et rares. Un disque cher peut effectivement être une bombe mais pas toujours, et gare à la spéculation ! Il ne faut pas oublier qu’il y a des milliers de maxis incroyables à des côtes très basses. Il suffit de chercher, c’est ça le vrai digging !

Dure Vie • Du coup dans le vinyle, où est-ce que tu t’y retrouves : par amour du digging, pour la qualité sonore, pour l’effort musical ?

Nick V • C’est ce que je viens d’expliquer, c’est vraiment l’idée de décroître.

C’est-à-dire que déjà que je suis envahi et mon but c’est d’enlever pendant les vacances tous les disques sur mon bureau parce que je ne supporte plus d’être envahi comme ça. Je ne veux pas trainer ce poids ! Même si je ne le porte pas physiquement je préfère avoir moins mais mieux.

Donc quand j’achète pour cent euros de disques, c’est pas pareil que pour cent euros de fichiers. Je vais avoir beaucoup de musique mais je vais mieux l’apprécier. Et comme dit Laurent Garnier « Tu ne pourras de toute façon jamais écouter les 10 000 morceaux sur ton Ipod ».

Quitte à perdre un peu le fil de l’actualité musicale. Là par exemple ça fait trois mois que je n’ai pas acheté de nouveaux disques.

Dure Vie • Tu consacres combien de temps à chercher des vinyles et à en acheter tous les mois ? On t’imagine passer des heures dans les bacs… 

Nick V • Oui et non. Quand je dis que je n’achète pas de disques nouveaux c’est vraiment des nouveautés dont je parle. Après j’achète beaucoup de vieux trucs.

Après en terme de temps, je suis assez raisonné, je ne passe pas plus de quelques heures par semaine, mais je ne fais pas ça non plus tous les jours, parce que je ne veux pas que ça devienne obsessionnel et un élément qui régit ma vie. Il y a plein d’autres choses à faire…

2) Nick V Office

Dure Vie • Tu n’as jamais été tenté par la production musicale ?

Nick V • Si, mais je suis pas très bon. Produire c’est vraiment un métier très différent du DJ.

Aujourd’hui il y a beaucoup de gens qui confondent les deux, parce qu’il y a un intérêt économique à produire, et parce que c’est un vecteur formidable pour se mettre en avant au niveau de l’image. Ça peut te propulser internationalement de manière très efficace. C’est un chemin que prennent beaucoup de DJ pour se développer économiquement, mais pour moi c’est deux choses différentes. Un bon DJ n’est pas forcément un bon producteur et inversement.

J’en suis la preuve ! Je me considère vraiment comme un DJ. Ca fait plus de 20 ans que je fais ça et c’est la mise en ambiance, la création, le voyage, toucher des plans émotionnels chez les gens, ce que tu peux aussi faire avec la musique si tu es producteur, mais sur une soirée tu as un panel beaucoup plus large. Tu as six heures devant toi pour faire évoluer les gens à travers différents états émotionnels, et les élever vers quelque chose de plus joyeux. Mais par contre parmi mes projets il y aurait certainement la mise en place d’un label « Mona », pour produire de la musique, mais dans le sens anglais du terme, c’est-à-dire pour faire sortir des morceaux.

Dure Vie • Sinon tu passes quand même pas mal de temps à rechercher des vinyles. Est-ce que il y a des endroits à l’étranger que tu nous recommandes ? Un coup de cœur pour une boutique en particulier ?

Nick V • Oui bien-sûr.

Moi j’aime beaucoup les « oldies » donc j’aime bien aller à Record and Tape Exchange à Londres, dans le quartier de Notting Hill, parce que j’ai toujours été là bas depuis que j’ai découvert cette boutique en 1989-90. C’est le principe de l’économie collaborative, où les gens viennent se débarrasser de leurs vieux disques.

Avant c’était vraiment une mine d’or, maintenant tout le monde connaît le filon, mais on trouve plein de pépites, et on trouve aussi des fringues, du matos.

Après il y a différents magasins que j’aime bien, mais maintenant j’achète beaucoup en ligne et je rachète les collections de mes amis. Je fais le tri, je garde ce que je veux et je revends le reste. C’est une de mes activités.

L’autre truc c’est qu’il faut aussi regarder le calendrier des brocantes en Normandie. Je vais souvent dans ce coin là et du coup j’en profite pour faire les brocantes, et là tu peux trouver beaucoup de trucs. Dans la Charente aussi il y a de bons disques, plus sur le côté pop et indie. Il y a de super collectionneurs de disques partout en France !

3) Record and Tapes Exchange

Dure Vie • Tu as invité Mike Huckaby, un des grands noms de Detroit pendant ce mois de décembre. Ce n’est pas la première fois qu’il vient à la Mona. Pourquoi lui ? Qu’est ce qui fait de lui un habitué de la Mona ?

Nick V • Ouais en effet il n’y a pas beaucoup d’habitués à la Mona parce que j’essaye de garder une programmation un peu renouvelée, mais il y en a quelques uns dont fait partie Mike. Il y a aussi Jeremy (Underground) qui est revenu plusieurs fois, Daniel Wang etc…

Dure Vie • C’est cool il est vraiment top comme DJ (Daniel Wang) !

Nick V • Ouais c’est vraiment comme un frère pour moi. Danny, c’est quelqu’un de solaire et cette énergie là se transmet, et il y a un vrai courant entre lui et moi. Du coup pendant la soirée ça se passe vraiment bien, et les gens le ressentent.

Avec Mike, c’est plus réservé et il y a moins un courant d’excités qui se passe comme avec Danny, qui est super exubérant. Néanmoins, il y a aussi un truc qui se passe entre lui et moi plus sobre mais peut être plus musical. Un échange qui se passe sur le plan du ressenti que j’apprécie beaucoup et qui m’inspire.

Et ça fait plus de dix ans que j’ai des résidences, et c’est important de croiser des gens qui inspirent toujours après autant de temps. Quand je parlais un peu avant d’échange autour de la danse, là c’est un échange autour de la musique. Quand j’écoute Mike j’ai toujours ensuite plein d’idées de disques ou alors d’ambiances.

Dure Vie • Ca ne m’étonne pas du tout ce que tu dis sur Daniel Wang et son côté exubérant, parce que j’ai vu un set de lui sur Youtube où en plus de mixer, il fait le guignol derrière ses platines c’est assez drôle.

Nick V • Oui ça fait partie de ses trucs. Daniel assume son rôle dans la vie qui est d’être un clown. Mais un clown ce n’est pas péjoratif, c’est quelqu’un qui anime les gens et leur donne de l’énergie !

Dure Vie • Et du coup qui sont les artistes que tu aimerais bien faire venir jouer à la Mona ? Je pensais notamment à un artiste qu’on m’a fait découvrir l’autre jour qui est pas mal, c’est Hunee.

Nick V • Oui bien-sûr ! J’ai même fait une demande pour Hunee, mais il est très demandé maintenant. Il fait clairement partie de ma liste depuis deux trois ans, c’est Jeremy qui me l’a conseillé, mais on a jamais pu se croiser parce qu’il vivait à Los Angeles. J’aimerais bien le booker à terme, mais je pense que maintenant ça va être difficile parce que son cachet a augmenté et de toute façon ma spécialité c’est de faire jouer les gens avant qu’ils explosent, comme j’avais pu le faire avec Jeremy, Red Greg ou Âme que j’avais fait jouer à Paris pour la première fois, à l’époque de mes premières résidences.

Je suis assez curieux et dès qu’un disque me plait je vais me renseigner sur l’artiste, pour être aux avant-postes pour potentiellement le booker. J’ai fait découvrir pas mal d’artistes de cette façon là. Sinon entre autres j’aimerais beaucoup faire venir Osunlade, et Ron Trent. Ron Trent a vraiment une vision de la house très complète, avec ce côté un peu « freaky » tout en restant soulful.  Ce que j’apprécie beaucoup mais qui a un peu disparu dans l’esprit de la house aujourd’hui.

Dure Vie • Pour finir, j’ai une dernière petite question traditionnelle liée à notre média Dure Vie. Comme tu le sais notre signature c’est : « la vie est dure, on vous l’adoucit ». Pour toi qu’est ce qui rend la vie plus douce ?

Nick V • C’est une bonne question. Je peux faire une réponse chiante auquel je crois vraiment ?

 On a tous la possibilité d’agir là-dessus ! La vie douce ça ne dépend que de nous, ça vient de l’intérieur et non de l’extérieur.  On va chercher à rendre la vie douce avec la musique ou alors en cherchant l’amour chez l’autre, en réalité le bonheur c’est vraiment personnel et c’est d’abord en nous que l’on le trouve.

Je travaille depuis quinze ans sur un chemin spirituel, qui est un chemin de méditation que j’ai rencontré à partir des arts martiaux. J’étais au début parti plus dans une optique ludique de sport et de combat, mais petit à petit ce côté là s’est estompé au profit de la dimension spirituelle.

J’ai pu appréhender cet aspect par la pratique des arts martiaux et l’échange avec des maîtres, mais il existe bien sûr d’autres voies pour trouver le chemin du bonheur en soi.

UNE CARRIÈRE EN 7 DATES CLÉS

1970 Manchester

1970

 

Nick V naît en 1970 à Manchester. À cette période, cette ville industrielle voit apparaître les premiers balbutiements d’une culture foisonnante dont les groupes de rock rayonnent et résonnent encore aujourd’hui dans le monde entier.

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Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de cette époque mais à la fin des années 70 je sentais déjà une forte présence de la musique dans ma vie et dans celle des gens que je côtoyais. Il y avait des « hits » des « top 40 ». C’était un moyen marketing d’accrocher les gens. On découvrait tous les dimanches les artistes numéro un du classement et on en parlait le lundi matin dans la cour. C’était une sorte de feuilleton musical. Le jeudi soir il y avait l’émission « Top of The Pops » où on pouvait découvrir quelques morceaux du top avec leurs clips. Quand la FM est arrivée on a eu le son en bonne qualité donc les cassettes tournaient… On avait entre 10 et 12 ans et on allait acheter des disques chez les disquaires. À cette période, la musique commençait vraiment à illustrer notre vie quotidienne, socialement c’était un vecteur d’échanges. À l’adolescence arrive l’appropriation des « sub-cultures » comme l’indie pop, l’indie rock avec des groupes très forts comme Joy Division, New Order, The Smiths…


NICK V

1984

 

Cette année marque la découverte de la dance music pour l’artiste. Une période qui révèle l’évolution de la ville de Manchester vers la fameuse « Madchester ».

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Ça été un choc pour moi. J’ai découvert la dance music par le biais du cinéma avec des films américains comme Beat Street ou Breakdance qui étaient des films sur le hip-hop. Ces productions arrivaient de New York ou de L.A. J’ai plongé dans cette scène hip-hop avec le graf, la danse, la musique, les DJ’s, les tenues vestimentaires « streetwear ». On a tout de suite créé nos crews de danse. On allait dans le centre de Manchester pour danser et se rencontrer dans les centres commerciaux. On re-faisait ce qu’on avait vu dans les films avec les ghettos blasters, les cassettes et les premiers morceaux d’électro qui étaient en fait des musiques de hip-hop avec les boîtes à rythmes, les 808… Les producteurs de l’époque étaient hyper forts : Mantronix, Afrika Bambaataa. Ils produisaient des morceaux proches de la techno : hyper agressifs avec du rap dessus. C’était dément ! On dansait, on achetait de la musique. Il y avait le côté « indie » dans le rock mais aussi dans le hip-hop qui ont été deux courants phares dans la ville de Manchester. Et ce qui a créé plus tard le mouvement de « Madchester » : la fusion entre le rock et la musique de danse.


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1987

 

Nick V arrive en France ou il assistera à l’émergence du mouvement hip-hop venu des États-Unis par le biais du graf, de la danse et du rap.

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J’arrive en banlieue parisienne en 1987. Là, j’ai reçu une autre éducation musicale. Il y avait un mouvement soul funk très fort. Cette culture donnera finalement naissance à la danse et au rap français plus tard. Il y avait des clubs spécifiques ou écouter de la soul et du funk avec de gros collectionneurs et de gros DJ’s. C’est une période dont on parle peu aujourd’hui parce que les acteurs de cette culture là ne l’ont jamais mis en avant et sa réputation était assez mauvaise. Quand tu écoutes « Le Mia » ça parle de cette époque et de ce style vestimentaire. C’était tout un look : la chaîne en or, les Stan Smith, le jean 501, le trois quart en cuir… J’ai vécu dans un milieu très populaire et à l’époque si je voulais rentrer en club habillé comme ça je ne pouvais pas… Il fallait récupérer les codes d’autres styles vestimentaires. Je me suis nourri du hip-hop naissant, de la soul et du funk à Paris. Je voyais les connexions avec la house music. Je disais aux mecs : « La house ça vient de ce que vous écoutez, ça vient de New York c’est juste la suite logique de ce que vous écoutez. » et ils me répondaient « Mais non c’est une musique de blancs la house ! ». Plus tard à Paris ça a été compris mais la house n’est pas née de ces milieux populaires mais plus du milieu gay… Finalement je crois c’est avec ces influences multiples anglaises et parisiennes que je suis devenu DJ et c’est ça aussi qui fait qu’il y a un certain groove dans la musique que je passe.

 


NICK V 2

1992-1993

 

La première date marque l’ouverture du Queen et la seconde le moment où Nick V commence à y travailler. Le Queen est connu mondialement pour son ambiance. Flash-back sur cet âge d’or où les soirées du club étaient considérées comme les plus « hypes » de la capitale.

ouvrir-guillemet

À Paris on a d’abord connecté avec le milieu gay et les raves qui étaient deux façons de sortir qui permettaient d’être en dehors cette agressivité qu’on pouvait retrouver dans les clubs de banlieue (même si la musique était de très bonne qualité). J’allais dans les raves aussi parce que je viens d’Angleterre. J’allais aussi dans des clubs gay comme le Boy. On se lookait pas mal pour rentrer. Et après, le Queen est arrivé en 1992. C’est un lieu qui ouvre ses portes au moment ou pas mal d’autres clubs étaient fermés. C’est aussi un des premiers club, comme le Rex, à avoir une politique musicale house-techno. J’ai commencé à y travailler pour David en 1993 et je suis devenu assistant de Thibault (qui était le remplaçant de David Guetta) en 1994.

Ambiance during the evening party " So, Happy In Paris ? " at the Queen nightclub on the Champs Elysees with French Dj Michael Canitrot. Paris, FRANCE-25/09/2010./Credit:GHNASSIA ANTHONY/SIPA/1009271242


1998 Techno parade

1998

 

On assiste à la première Techno Parade initiée par l’association Technopol. Cette date marque un tournant dans l’acceptation de la musique électronique par la société française. Nick y était, il nous raconte.

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Ma première Techno Parade c’était la première en 1998. La Techno Parade c’est un événement lié à un mouvement qui avait des revendications nécessaires à l’époque. Il y avait un besoin de rendre cette musique acceptée par tous. Elle l’est aujourd’hui complètement. Du coup, la Parade a énormément changé au niveau de ses renvdications. Elles sont toujours nécessaires mais moins. Mais en 1998 c’était génial ! À cette époque la revendication était nécessaire vis à vis des pouvoirs publics mais pour moi c’était aussi important qu’elle soit acceptée socialement par d’autres milieux que j’avais connu comme celui des banlieues. Jusqu’en 2007 il y a toujours eu des problèmes avec des mecs qui venaient un peu dépouiller et embêter les teufeurs de la Parade. Aujourd’hui ça n’existe plus parce qu’on écoute cette musique aussi dans les quartiers et c’est grâce à la tecktonik. C’est une danse qui a été super décriée mais elle a joué un vrai rôle d’appropriation de cette musique dans les banlieues d’abord par la danse. En tant que DJ, je me souviens de ma première Techno Parade sur fond de tecktonik. J’ai joué sur le char des jeunes agriculteurs. C’était marrant parce qu’on était deux DJ’s à passer au JT : David Guetta et moi.


2008 Mona

2008

 

Lancement des soirées Mona. Elles sont le fruit d’une symbiose entre les événements Otra Otra et Guys & Dolls.

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Je suis DJ depuis 1993. J’ai commencé à jouer au Queen en 1994 et à promouvoir des soirées au début des années 2000, notamment la résidence Guys & Dolls. C’était avant tout une vision sociale : réunir en soirée différentes couches sociales, ethniques et sexuelles. J’ai créé ces soirées sur la base de la mixité. Il y avait des gays, des hétéros, des mecs, des meufs. Je voulais vraiment transmettre l’idée du « vivre ensemble » malgré nos différences avec la musique comme dénominateur commun. Cela a fonctionné puisqu’on a vraiment eu des soirées mixtes pendants quatre ans. Les gens venaient de différents univers… Je mélangeais toutes les musiques qui m’avaient fait vibrer dans le passé : house, soul, funk… C’était un moyen faire un tableau social de mes influences. Là on est en 2003 et Mona est née en 2008. J’ai arrêté Guys & Dolls et j’ai fait quelques soirées avec différents promoteurs comme Free Your Funk. Ensuite, j’ai lancé Mona sur ce même principe de mixité avec différents promoteurs qui faisaient venir leurs publics. À ce moment là, on était à un carrefour sur la communication. Les réseaux sociaux se lançaient et l’économie du vinyle était en train de dégringoler. C’était un moment charnière dans la communication mais aussi un moment de crise dans la musique. La house et la deep-house étaient beaucoup moins appréciées qu’aujourd’hui. On voulait « dé-communiquer » par rapport à nos programmations en n’annonçant pas nos line-up. Il fallait venir à la soirée pour découvrir les invités. Le public qui venait était très en phase avec ce qu’on faisait mais on était tellement confidentiels qu’on attirait de moins en moins de monde. En 2010 on a commencé à annoncer nos DJs et on a ajouté comme deuxième dénominateur commun la danse. Ce choix est arrivé pour venir renforcer l’énergie de la soirée et montrer aux gens qu’on pouvait passer une soirée autrement qu’en picolant et prenant des trucs. Petit à petit le public s’est renouvelé. On a vu des gens plus jeunes assister aux Mona et on a ajouté une autre dimension artistique à travers un travail sur les looks et les visuels des soirées.


2012 22Tracks

2012

 

Nick V devient curator de l’antenne parisienne de la plateforme 22 Tracks.

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22 Tracks est arrivé à Paris en 2012. J’ai été contacté par un ami qui trouvait que j’avais le profil pour mettre en place le projet et être « city manager » de 22Tracks Paris. Pour l’historique, c’est un projet de streaming et de découvertes musicales qui est né à Amsterdam en 2009 à travers les ondes FM. Ils ont créé une plateforme entre DJ’s de la radio parce qu’ils se sont rendus compte que le public qui écoutait du jazz pouvais aussi écouter du rock ou du hip-hop. Ils se sont dit « on va mettre tout le monde sur la même plateforme » pour que les gens puissent écouter le style de musique qu’ils veulent. J’ai trouvé dans ce projet cette même valeur de mixité. C’est ce qui m’a plu quand on me l’a proposé. J’ai réfléchi aux genres musicaux qui étaient les plus proches et les plus représentatifs de l’esthétique parisienne. J’ai trouvé les curateurs pour alimenter ces genres. C’est un projet qui m’a beaucoup intéressé parce qu’il y avait un côté éclectique, local et « du moment ». C’est à dire que ce n’est jamais figé : il y a cinq nouveaux morceaux par semaine qui viennent alimenter les playlists. On est vraiment sur du renouvellement vu que les cinq nouvelles musiques prennent la place des morceaux de la semaine précédente. On met de côté l’abondance pour valoriser la dimension du filtre musical. Sur 22 Tracks il y a le filtre humain : pas celui de l’algorithme d’une machine.

LA « DIGGING SELECTION » DE NICK V

1

3) Kraftwerk

Kraftwerk • Tour De France (1984)

« C’est le morceau qui signe la mythique scène, qui m’a énormément marqué, du film ‘Break Dance The Electric Boogaloo’ avec le popper ’Turbo’ et son balai. »

2

4) Baby Ford

Baby Ford • Ford Trax (1988)

« Le son baléarique et deep des premières raves anglaises. Une époque magique! »

3

5) The Sounds Of Blackness

The Sounds Of Blackness • The Pressure (Classic 12″ Mix w/ Vocal Intro) (1991)

« Frankie Knuckles aura toujours sa place dans mon sac à disques, ce remix capture son sens du « drama » qu’il maîtrisait parfaitement à cette époque. »

4

6) Maysa Leak

Maysa Leak • The Bottle (2000)

« Un disque que j’ai redécouvert récemment caché au fond d’une pile dans ma collection. Sorti sur l’excellent label de Nu Soul Anglais Expansion, c’est une superbe reprise du classic de Gil Scott Heron. »

5

7) Small Arms Fiya feat Ayah

Small Arms Fiya feat Ayah • Gotta Decide (Domu Rmx) (2007)

« Domu c’est l’un des membres phares de l’incroyable scène Broken Beat de Londres, une fusion électronique de jazz funk, techno de Detroit, garage house et drum and bass. Il a arrêté sa carrière en 2009, on a partagé l’affiche ensemble lors de son dernier gig au Nouveau Casino. Cette scène revient en force aujourd’hui, et Domu fait son come back aussi !

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8) Anderson SchooboyQ

Anderson Paak feat. ScHoolboy Q • Am I Wrong (2015)

« C’est pas encore sorti en vinyle, mais on croise les doigts pour une sortie en 2016, après une première collab avec Dr Dre, Anderson .Paak est un artiste qui va faire beaucoup de bruit dans les années à venir. »

 

LES FACES CACHÉES DE L’ARTISTE

2) Nick V Secret

SA COLLECTION DE VINYLES

Il en possède approximativement 6000. On aurait pu s’attendre à une collection plus grande de sa part étant donné sa carrière extrêmement riche en projets et influences. Plus précisément, l’artiste refuse l’accumulation et fait le vide régulièrement dans sa discothèque puisqu’il explique qu’il aimerait arriver à une collection de 3000 disques. C’est aussi pour cette raison que Nick est retourné au vinyle après s’être essayé au mix numérique. Le DJing au format digital donne lieu selon lui à une surabondance de la musique là où le microsillon nécessite une consommation plus raisonnée et donc plus qualitative.

 

LE SON ET L’ESPACE

Au delà de ses métiers de promoteur d’événements et de DJ, Nick est aussi consultant acoustique en architecture. Cette vocation est née des études scientifiques qu’il a entreprises lorsqu’il était étudiant. À cette époque, il est déjà DJ et souhaite faire se rencontrer l’univers scientifique, l’univers sonore et une réflexion autour de l’espace dans lequel on vit, travaille et évolue. C’est de cette façon que l’artiste a obtenu un DESS d’acoustique architecturale et urbaine. Aujourd’hui, Nick met le plus souvent son expertise en acoustique au service des bars et des clubs.

 

LE CORPS ET L’ESPRIT

Nick V porte beaucoup d’intérêt à l’expression de l’énergie par le corps. Lorsqu’il est encore enfant, en Angleterre, il grandit dans une période où l’éducation physique scolaire encourage fortement les jeux sportifs et collectifs. En parallèle, il cultive une passion pour la danse considéré à ses yeux comme un vecteur de communication. Mais une autre discipline vient s’ajouter ce goût de l’effort : celle des arts martiaux. De part ses origines vietnamiennes Nick a rapidement été initié au karaté anglais. En arrivant en France, il continue son perfectionnement en Viet-Vo-Dao et en Tai-Chi-Chuan. Grâce à cet apprentissage, il se nourrit de la dimension sportive de ces arts martiaux mais également de leurs dimensions énergétiques et spirituelles. Aujourd’hui, il donne des cours d’introduction au Tai-Chi et de Qi Gong.

 

UNE RENCONTRE SINGULIÈRE

À l’époque, Nick sortait beaucoup au Folie’s Pigalle et au Queen, deux clubs où David Guetta était résident. Petit à petit les deux DJ’s ont commencé à tisser une relation d’amitié si bien que Nick s’est retrouvé à le conseiller sur certains bookings et à affranchir ses invitations pour les soirées du Queen. C’est donc grâce à David Guetta que Nick V mettra un pied dans le monde de la nuit d’un point de vue professionnel .

LE TRAVEL GUIDE DE NICK V

1) Nick_travel

Lors de notre rencontre avec Nick nous en avons profité pour lui demander quelques adresses de lieux qu’il apprécie dans la ville lumière. Voici donc une sélection de spots exclusivement parisiens à découvrir ou re-découvrir !

Un disquaire ?

«  Le choix des disquaires est assez tricky désormais, tant il y a de bons shops à Paris. Je vais régulièrement chez Syncrophone pour la House et la Techno, chez Betino’s pour des sonorités plus Soulful et chez Hearbeat parce que les disques sont beaux et le son est bon. Mais j’achète énormément en ligne ou en fouillant les brocantes, car je ne trouve pas tout ce que je veux à Paris. »

2) Syncrhophone

Un restaurant ?

«  Pour changer mes habitudes alimentaires, je tente en ce moment le sans gluten et plus largement les principes de la naturopathie. Je conseille donc de déjeuner chez Nanashi rue de Paradis. »

Adresse : 57 Rue Charlot • 75003 Paris

3) Nanashi

Un shop ?

«  La boutique de bijoux d’Alice Hubert qui ouvre ses portes désormais toutes les semaines, vous me trouverez dans le fond où j’ai mes bureaux ! »

Adresse : 8 Rue Jacques Louvel-Tessier • 75010 Paris

4) Atelier Alice Hubert

Un extérieur ?

« Le parcours du canal St Martin – Parc de la Villette et plus loin encore dont l’aire de sport quai de Valmy. »

5) Canal St Martin

 

À voir prochainement ?

« La nouvelle canopée des Halles que tout le monde a hâte de découvrir ! »

 

6) Canopee Halles

CHRISTMAS MIX

TRACKLIST

Cashmere « Do It Anyway You Wanna »

Raw DMX « Do It To The Funk »

Carol Williams « Can’t Get Away (From Your Love) (Instr.) »

Jermaine Jackson & Michael Jackson « Tell Me I’m Not Dreamin’ (Too Good To Be True) »

Aurra « Somebody (Instr.) »

Hardcore Boogie (Greg Wilson Edit)

Gil Scott Heron « Space Shuttle »

DJ Rasoul « San Francisco Nights »

Soichi Terada & Manabu Nagayama « Low Tension (Alternative Version) »

Tenacious ft T.Solomon « Beat Goes My Heart (The Musical Mix) »

Maysa Leak « The Bottle »

2000 Black « Make It Hard »

Makoto & Kez YM « Chameleon »

Moodymann ft NJB « Long Hot Sexy Nights »

Slow Supreme « Granada »

Takuya Matsumoto « Trash Track »

Soil & Pimp Sessions « A.I.E. (Cobblestone Jazz Remix) »

Masters At Work presents People underground « My Love (Full Vox Mix) »

Louis Benedetti pres Omega Brown « Cloud 9 (Dub Instrumental) »

D Wynn & R Tyme Productions « Love In Music (Unabombers Edit) »

The Sounds Of Blackness « The Pressure (Classic 12″ Mix with Vocal Intro) »

Timothée Milton « Your Choices »

Kamar « I Need You (Mad Vocal) »

Diego Krause « Seize »

In The Forest (JTC Edit)

Asha « I’m Gonna Dance »

Krush « Jack’s Back »

Wbeeza « Circles »

Baby Ford « Ford Trax »

CADEAUX DE NOËL

Qui dit Père Noël dit cadeaux évidemment ! Nick V vous gâte et vous offre des Tote-bags Mona et des invitations pour la prochaine Mona qui aura lieu le samedi 9 janvier 2016 à La Java avec CARLOS VALDES, TITIA, NICK V & LADYBIRD ON THE MIC + VOGUE FEM DANCECLASS AVEC HONEYSHA KHAN ! Plus d’infos sur l’event Facebook.

Pour participer au concours, un petit like sur la page Facebook de Dure Vie puis remplissez le formulaire ci-dessous :

 
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LA RÉDACTION

 

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LIFE IS HARD, WE MAKE IT SWEET

RÉDACTRICE EN CHEF

Virna Setta

TEAM DE RÉDACTION

Noémie Barbier, Lena Novello, Julie Janody, Faustine Leclère, 

Sanche de Montesquiou, Baptiste N’tsama, Yoël

DURE VIE DJ’S

Baastel, Serraw, Dusty Fingers, Akil

RESPONSABLE DES PARTENARIATS

Axel Fenaux

PHOTOGRAPHE

Renaud Chassaigne

RÉALISATEUR/MONTEUR

Julien Thiverny

UN GRAND MERCI À

NICK V

CO-FONDATEURS DE DURE VIE

Mazen Nasri & Benjamin Charvet aka Duke & Gonzo

MERCI & JOYEUSES FÊTES

www.durevie.fr

www.hardlife.london 

Pastille DV