Après des inédits de La Compagnie Créole (PN01) et un morceau de disco suédoise remixé par Dimitri From Paris (PN02), l’infatigable crew et label parisien Pardonnez-nous sort cette semaine son troisième EP, Tu Me Tues (PN03), une pépite de dance-pop française oubliée signée Maureen et originalement sortie en 1988.

L’occasion pour nous de faire le point sur leur activité post-confinement, et de vous proposer en exclusivité le remixe de l’excellent producteur new-yorkais JKriv, qui signe la face B de l’EP. Pour la fête : rendez-vous ce soir, jeudi 10 septembre, au Bar Gallia à Pantin, avec Master Phil et l’ensemble du collectif Pardonnez-nous aux platines de 18h à 1h. 

D’où vient cette envie de remettre au goût du jour des tubes / morceaux oubliés ? 

Traditionnellement, avant que l’on soit tout entier dédiés à la tech house, Pardonnez-nous est un crew de diggers de vinyles avec un sens très large du dancefloor : que ce soit italo, raï, zouk, house ou brutal deathcore. C’est donc tout naturellement qu’on a eu envie de ressortir et dépoussiérer les tracks qu’on trouvait. C’est toute une aventure : trouver les ayants droits, arriver à mettre la main sur des masters originaux parfois enregistrés de manière artisanale, commander de beaux remixes.

C’est très excitant, et nos deux premiers EP ayant très bien marché, ça nous pousse à continuer et à rendre hommage à la musique passée tout en regardant tel Iron Man droit vers le futur. 

Où en êtes-vous de votre activité : label, événements ? Comment ça vous a impacté ? 

Niveau label, cette sortie aurait dû avoir lieu en avril mais on a dû la décaler en septembre. On s’est pris 6 mois dans la tronche sur notre programme de sorties, un peu comme tout le monde, mais on le vit bien grâce à une pratique quotidienne de la sophrologie. On a en tout cas bon espoir de sortie le PN04 d’ici début 2021 afin de continuer à conquérir l’univers.

Niveau événementiel, le confinement est tombé pile poil le soir de notre teuf avec Dure Vie au Palais de Tokyo, alors on était très tristes. Et puis ensuite ça a tiré à balle réelle : annulation de notre tournée mondiale, de notre résidence à Concrete… On était un peu déçus jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’était fermé depuis un an. On a réussi à sauver l’été grâce à des lieux amis : le Cabaret Sauvage, le Chapiteau à Marseille… Mais comme tout le monde, on serre les fesses en attendant que ça passe. 

Pardonnez-Nous pardonne-t-il le gouvernement face au secteur de l’événementiel ?

On pardonne rien du tout : c’est l’enfer. On est passé d’un Ministre de la Culture transparent à un Ministre qui estime que le monde de la nuit ne fait pas parti de ses prérogatives. Ça pose une ambiance. La préfecture a l’air d’être une poule sans tête qui décide tout et n’importe quoi au doigt mouillé, l’exécutif a clairement décidé que nous étions la dernière roue du carrosse. On pâtit de l’habituel manque de considération des pouvoirs public. Donc non, on ne pardonne pas et on met un gros carton rouge sans passer par la case VAR. 

Ce soir, vous organisez la release party du vinyle. Vous écrivez : « Pour fêter ça on voulait faire une grande fête sur le champ de Mars et louer la tour Eiffel avec une captation des 49 drones de Cercle mais Covid oblige on va plutôt envahir le Bar Gallia.” La plus grande fête, ça serait où, quand, comment ?

La plus grande fête, elle aura déjà lieu ce soir pour notre release party dans le nouveau bar Gallia avec un son qui dépote et un grand espace extérieur COVID-friendly. Sinon, la plus grande fête serait à l’Elysée. On virerait Macron et toute sa clique et puis on ferait quelques aménagements : backroom dans le bureau, dancefloor dans le hall, fumoir dans la cour et la salle des fêtes ferait un très beau bar avec des 8.6 et des Spritz à moins de 10 euros inédits à Paris.

On inviterait toutes les minorités qui font chier Valeurs Actuelles et qu’on veut défendre pour leur montrer que ouais, on est bien tous ensemble. On profiterait de l’occasion pour élire un nouveau gouvernement avec un ministère de la teuf, on prendrait évidemment le pouvoir de force (parce que bon la démocratie ça va deux minutes), et puis on finirait en after dans les jardins avec Booba qui ferait des covers d’Annie Cordy. Ça serait top.

Pardonnez-Nous organise la release party de la sortie du vinyle ce jeudi 10 septembre au Bar Gallia, de 18h à minuit. Toutes les informations sur l’événement Facebook, et la premiere du remixe de JKriv en exclusivité sur notre chaîne Soundcloud, ci-dessous.