Photo à la une © Gaetan Clément

Face à la crise, plus de 600 structures indépendantes issues du secteur culture, de la musique et des médias ont rejoint L’Appel des Indépendants, lancé par le festival Nuits Sonores mi-mars. Entre juin et octobre, tous ces acteurs se rassembleront lors d’Etats généraux partout en France afin de préserver leur diversité culturelle et construire leur futur, encore très incertain.

Le 11 mars dernier, à l’aube du début de la période de confinement, 30 structures indépendantes de la ville de Lyon, engagées dans tous les secteurs de la création et des médias (musiques, livre, arts visuels, numérique, arts de la scène, cinéma, magazines, radios, web, podcasts, photographie, graphisme, design…) lançaient un premier appel Appel des Indépendants face à l’ampleur de la crise sanitaire et économique à venir.

Une initiative rejointe progressivement par plus de 600 acteurs aujourd’hui répartis dans 60 villes de France, et impactés par la fermeture brutale des lieux, l’annulation des événements et les règles de distanciation sociale. Après plusieurs mois de réflexion, l’Appel des Indépendants prévoit la tenue  d’États Généraux, de juin à octobre, pour créer « une réflexion commune sur la culture et les médias indépendants, leur fonctionnement, leurs interdépendances, les modalités d’accompagnement de l’action publique et de contractualisation avec le privé, la coopération et les nouveaux paradigmes à inventer, dans une logique d’intelligence collective. »

« Nous sommes seuls, donc nous devons être ensemble »

« Nous nous retrouvons, solidaires et unis dans cet ensemble d’acteurs culturels et de médias indépendants, parce que le secteur culturel auquel nous appartenons n’est pas uniforme et ne présente pas les mêmes fragilités face à cette crise.« , explique cette nouvelle élévation de voix collective, qui dénonce la fragilité du secteur face à l’accompagnement timide du financement et des collectivités publiques, autant que la menace de diversité culturelle à l’heure où beaucoup de petites, moyennes structures et médias indépendants, risquent d’être noyés dans le monopole des grands groupes.

© Nuits Sonores

« Nous formons ce maillage contemporain et engagé, enlacé dans son époque, au plus près du terrain, des publics, notamment de la jeunesse, de leurs fractures. », poursuit le communiqué. Face à « la vulnérabilité des plus fragiles qui continue à creuser les inégalités » et « ouvre le risque d’une potentielle déflagration sociale« , l’heure est à la double urgence de préserver les structures et leurs centaines de milliers d’emplois directs et indirects, les intermittents et les prestataires, mais aussi de contribuer « collectivement » à l’élaboration d’une « politique culturelle pour demain. » 

Pour un nouveau contrat culturel & social

Pour imaginer cet « après » qui ne devra pas ressembler à un « avant », L’Appel des Indépendants va donc organiser des Etats généraux qui rassembleront l’ensemble des acteurs culturels et médias indépendants signataires. Ils s’organiseront en 4 étapes : 

1. Juin 2020 : définition de la méthodologie et de la mise en œuvre.

2. Juillet et août 2020 : un temps de débats et de co-construction, sous la forme de 100 ateliers organisés dans 20 territoires en France pour faire émerger des thèmes, des idées, des propositions.

3. Septembre 2020 : un temps de mise en commun et de cristallisation avec un rendez-vous de deux jours qui réunira, à Lyon, des représentants de tous ces territoires.

4. Début octobre 2020 : une mise à l’échelle européenne, sous la forme d’un rassemblement à Bruxelles, de tous les réseaux européens et fédérations d’acteurs culturels et médias indépendants.

Clubs, festivals, collectifs, médias, syndicats et autres acteurs français se veulent prêts à envisager demain, dont l’enjeu démocratique, majeur, reste à écrire : « Partout dans le monde, la crise a révélé les égoïsmes nationaux et parfois consacré « l’heure des chefs » qui assoient leur autoritarisme sur des mesures liberticides, particulièrement envers les minorités.« , conclut le communiqué. 

Retrouvez le communiqué complet et la liste des signataires sur le site internet