Photo à la une © Chloé Pernet

Souvent mis en avant comme un argument de marque, le solidaire est à la mode dans le monde de la nuit. Pourquoi ce type de fête plaît-il tant ? Parce qu’il est porteur de sens et aide à se sentir un peu moins coupable les lendemains, quand on se retrouve seul face à sa grande gueule de bois. Parce qu’il permet de sentir qu’on prend part à quelque chose d’important. 

Pourquoi ce type de fête plaît-il tant ? Parce qu’il est porteur de sens et aide à se sentir un peu moins coupable les lendemains, quand on se retrouve seul face à sa grande gueule de bois. Parce qu’il permet de sentir qu’on prend part à quelque chose d’important.
Le solidaire donne à la fête un prétexte. Il parle souvent d’un monde qui va mal, et parfois d’un billet de 20 balles qu’il faudrait lâcher pour changer ça.

Peut-être que la nuit est un peu hypocrite. Peut-être qu’on devrait plutôt faire la fête simplement pour faire la fête, et peut-être qu’il existe d’autres moyens plus constructifs pour aider à faire bouger les choses.

Mais parfois cet « argument de vente » est la partie visible d’un projet solidaire qui fait véritablement sens.

Du coup on a discuté de tout ça avec Thomas et Léa, deux étudiants en communication du CELSA, mais surtout organisateurs de fêtes, et pas n’importe laquelle : la fameuse fête solidaire.

Alors comme ça, vous organisez des fêtes ?

Léa :  « Ouais, moi je voue un amour invétéré pour les rires, les sourires, la joie, voir les gens heureux, créer et voir des choses positives ! » 

Thomas : «  Je suis dans la musique depuis tout petit – mon diplôme du conservatoire en piano comme symbole – et d’un naturel très festif… Je me suis donc naturellement tourné vers ce qui rassemblait les deux : les clubs et les teufs. Puis à force d’être uniquement spectateur j’ai eu envie de devenir acteur, c’est comme ça que je me suis mis à mixer, à m’investir dans des collectifs de potes pour finalement monter un festival. » 

Vous avez créé une association, Nomos, qui a pour objectif de soulever des fonds pour une autre association : Enactus. Vous pouvez en dire plus ? 

Léa : « Tout d’abord Enactus c’est une association du CELSA, branche d’Enactus France (elle-même branche d’Enactus Worldwide). Elle développe et concrétise des projets sur les  valeurs de l’entrepreneuriat social et solidaire. »

Thomas : « Et Nomos c’est un festival étudiant, culturel et solidaire, parce que faire la fête c’est bien, mais faire la fête utile c’est mieux. »

En quoi ce genre de fête est-elle utile ?  

Thomas : « J’aime bien le côté « levier auprès des jeunes » et des initiatives comme Fée Croquer qui récoltait des vêtements ou de la bouffe, le Solimarket du Bercail qui lève des fonds et permet à des petites structures de s’implanter ou encore Pisica qui profite de son rapport au chats pour lever des fonds pour des structures d’accueil de ces pitites bêtes montrent bien que ces leviers marchent bien et constituent un mode de motivation puissant pour notre génération. »

C’est quoi la chose la plus importante pour les organisateurs ?

Léa : « Je crois profondément que tout événement culturel (concert, expo, atelier créatif) gagne à avoir un sens ! Et donner un sens à ce que l’on fait c‘est la préoccupation de plus en plus de jeunes. Alors il faut surfer sur la vague. Et penser les fêtes comme des événements où le spectateur devient acteur »

Thomas : « Aujourd’hui, dans le monde de la musique et de la fête le marché est hyper bouché et il est compliqué de se démarquer radicalement des 40 autres projets qui sont sur le même profil que le tien… Et le nerf de la guerre sont les moyens qui sont multiples : il y a les contacts – il ne faut notamment jamais hésiter à entrer en contact avec les autres collectifs/orga de soirées, qui sont généralement passés par les mêmes épreuves que nous et serons toujours heureux de participer à l’éclosion de ce qui peut devenir des amis/collaborateurs – mais également les fonds qui sont de plus en plus difficile à trouver… En tout cas tant qu’on y croit et qu’on est à fond tout peut arriver. »  

Elle aura quoi de spéciale votre soirée à l’Officine 2.0 ?  

Thomas : « On souhaitait avec cette édition séduire un public différent de celui qui nous avait accompagné sur le festival en se tournant vers les clubbeurs/teuffeurs. On vous promet donc une soirée pleine de bon son, d’amour et de bonnes énergies. Des billets à des prix tous doux pour les fesses et une soirée engagée qui permet de soutenir des projets humains. »

Léa : « Faut se préparer à vivre une soirée encore plus savoureuse que les autres ! Parce q’elle est porteuse de sens. Vibrer solidarité c’est pas donné à toutes les soirées. L’affiche est alléchante, et le jeudi c’est parfait pour faire la fête. »

Nomos soutient notamment les actions de Bisibus, un projet de développement du réseau des bus scolaires au Rwanda

Retrouvez-les ce soir à l’Officine 2.0 avec Turnbalism, Liok (Le Bercail), Ekonopolis (Itinéraire Bis), Windfall et DaJew (Sauce Cactus)