Le géant des plateformes de streaming a annoncé hier le licenciement de 173 de ses employés internationaux, en addition à la fermeture de ses bureaux à San Francisco et Londres. Alors que la firme semblait rencontrer de nombreux problèmes financiers en janvier dernier, cette décision, selon Alex Ljung, son fondateur, vise à accroître les bénéfices de l’entreprise pour rester dans la course face aux autres géants de l’industrie musicale digitale Spotify et Apple Music.

« Nous sommes dans le chemin de la profitabilité et de l’indépendance de Soundcloud« , tels sont les mots d’Alex Ljung après l’annonce du licenciement de 40% des effectifs de l’entreprise à l’échelle mondiale. Depuis deux ans, l’entreprise souffrait d’une perte accrue de 44 millions de dollars en 2014, 52 millions en 2015, et se trouvait contrainte d’adopter une nouvelle stratégie pour son maintien.

Depuis sa création il y a dix ans, la plateforme a entraîné avec elle plus de 175 millions d’auditeurs, séduits par sa bibliothèque musicale extensive, éclectique, et ouverte à tous les genres et styles musicaux. Soundcloud est ainsi devenu le point d’ancrage d’une nouvelle manière de consommer la musique, en permettant l’avènement et la connexion de toute une génération d’artistes confirmés ou émergents, en offrant la possibilité à nombre de producteurs de chambres de passer sur le devant de la scène (on songe en France à Sweely, Tell ou Mézigue) ou d’être repérés par nombre de labels, friands de ce nouveau terrain de chasse à l’international.

La force de Soundcloud a toujours été son inscription et son upload entièrement gratuits, profitable à l’écoute de tous, et sans pub. En fin d’année dernière, le site était pourtant contraint, à l’image de Deezer, d’ouvrir des espaces publicitaires et lançait « Soundcloud Pro », une plateforme payante qui n’a pas rencontré le succès espéré par l’entreprise. En face de lui et malgré un succès accru, Spotify ou Apple Music, les deux géants du streaming, continuent d’être des forces compétitrices et ont conduit l’entreprise a adopté une nouvelle stratégie pour la faire perdurer sur le long terme, passant par le licenciement de bon nombre de ses travailleurs.

Soundcloud fait donc face à la guerre sévère qui règne dans l’industrie musicale, à l’heure où l’écoute digitale ne cesse de croître à travers le monde et entraîne une concurrence acharnée. Résultat de la décision de son fondateur, 173 membres des entreprises Soundcloud ont été renvoyés pour leurs bons services, les bureaux de San Francisco et Londres fermés. Mais Alex Ljung tient à rassurer la majorité : de nouveaux complexes devraient voir le jour à Berlin et New York, profitables à l’avancée de SoundCloud.

Que cela signifie-t-il pour la suite ? Rien pour ses auditeurs, puisque la plateforme sera toujours disponible gratuitement dans plus des 190 pays qu’elle occupe déjà. La plateforme de streaming continuera de proposer la même éthique musicale qu’elle prône depuis dix ans, et aucune autre mesure publicitaire ou financière n’est pour l’instant à signaler.