Logé au coeur de Paris, House Monkey Records est un vinyl shop ouvert depuis la jolie date significative du 21 juin 2016. Créé en réponse à la vague de production française qui déferle depuis quelques temps sur l’hexagone, le lieu s’illustre comme le premier disquaire parisien uniquement axé sur les sorties françaises (mise à part un bac d’occasions). 

Résolument jeune et 2.0, le shop n’a pourtant pas pour vocation d’être uniquement un disquaire. Anthony, son propriétaire, a rendu ce lieu unique, à mi-chemin entre la galerie, le pop-up store et évidemment la vente de disques. L’ambiance qui règne rue de Tracy se veut clairement chaleureuse et amicale, à l’image de son hôte qui vous accueillera non pas dans son « magasin », mais définitivement à la maison ! 

Plaisir des oreilles mais aussi des yeux, puisqu’ House Monkeys a embrassé une collaboration depuis quelques mois avec le concept et label Musart, qui encourage l’envol de la scène underground vers de nouveaux horizons créatifs, assoiffé de projets émergents et de moyens de production diversifiés. Ces courants underground, c’est l’objet de leur belle réunion : les Monkey Sessions. Des DJ sets régulièrement enregistrés au sein du shop, retransmis en live-stream sur Facebook puis publiés sur la page Youtube de Musart. Romain Dafalgang, Milan Kobar, le duo Groove Boys Project, Seamus et notre résident Baastel se sont d’ores et déjà prêtés au jeu. 

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Monkey Sessions, kézako ?

Les « Monkeys Session » sont des sessions de digging et de djing organisées chaque mois par Musart Concept Label chez le disquaire parisien House Monkeys Records.

 

Le DJ a 1h30 pour chiner des vinyles dans les bacs du shop, afin d’élaborer un set de la même durée avec ses trouvailles.

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Ça vous paraît dur ? C’est vrai que ça fait peur. Seamus, DJ et co-fondateur du label Imported Paris en témoigne : « Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience est particulière. Particulière car, sur le papier, pour un dj avec un minimum d’expérience, il ne s’agit « que d’un set de plus où il faut enchaîner les disques pendant 1h30″. La réalité elle est bien différente. Tout est fait pour perdre ses repères : temps restreint pour digger 1h30 de set, découvertes de titres inconnus à sélectionner et mémoriser rapidement« , comparable ironiquement selon lui à « faire une séance de penalty au football avec des palmes, ou jouer à la Playstation avec des gants de boxe ».

La difficulté réside donc dans le fait de créer un set avec des morceaux que le DJ ne connaît finalement que très peu voire pas du tout : « L’expérience de la Monkey Session était très intéressante ! Avoir un temps limité pour trouver de quoi faire un set d’1h30 impose certaines adaptations dans la façon de trouver les sons, et crée des surprises au moment de les mixer… Il faut pré-écouter les disques pour en saisir très rapidement l’ambiance. Ensuite, tout se fait au feeling !« , raconte Romain Dafalgang, DJ et directeur artistique des soirées Tanière.

Dans les bacs d’House Monkeys, des références déjà établies comme SynchrophoneRex Club Music ou Bass Culture, des labels français comme Robsoul ou Skylax, mais aussi ces producteurs émergents qui font confiance à Anthony comme PWFMCopie Blanche ou Godot Lab Records  sans compter l’imprévisibilité du bac d’occasions. Les Monkey Sessions, c’est alors l’occasion pour le DJ de mêler à la fois passion du digging et expérience djing, en témoigne Lucas, membre du duo Groove Boys Project : « Je fais peut-être partie de ceux qui aiment autant ce rôle de digger que celui de dj, et ce genre d’expérience me stimule énormément. On a bien sûr recherché dans le shop des références qu’on connaissait et qu’on aime bien, mais on a joué le jeu et on est allés chercher dans les bacs de seconde main : des disques qu’on n’a jamais vu, comme on fait lorsqu’on va chez le disquaire habituellement ! ».

Une appréhension toutefois vite rassurée par l’hôte des lieux, Anthony, dont on témoigne immédiatement la convivialité et la décontraction qui règnent grâce à lui dans le shop. Milan Kobar, DJ, producteur et fondateur du label Wawh music confirme : « Ce qui était très intéressant, c’est aussi cette collaboration avec le shop, qui permet de jouer les morceaux trouvés quelques minutes auparavant, un gros défi à gérer… Mais le patron est très cool, on était tout de suite à l’aise ! ». 

L’exercice, Anthony et Bruce, solide duo de la House Monkey Family et instigateurs des Monkey Sessions, s’y sont pliés en bonne camaraderie : « On en a profité pour passer des disques totalement différents de ce qu’on a l’habitude de jouer. C’est marrant comme exercice : tu joues pour personne, tu t’appliques sur tes transitions, et tu passes du bon temps dans le shop. » En somme, une nouvelle façon d’appréhender eux-mêmes leur musique : « Quand on joue un disque, on est parfois surpris. Surpris de la Bastos que l’on vient d’envoyer sans le savoir !« .


Le DJ set est filmé par deux caméras. Une permettant la diffusion du set en live-stream sur Facebook, et une seconde dont l’enregistrement sera diffusé sur la chaîne Youtube de Musart Concept Label (avec la tracklist !)

« MUS » + « ART », c’est l’acronyme audacieux qui mélange distribution physique et digitale aux supports artistiques dont ces live-stream font partie. Leur but : « favoriser le travail collaboratif et le mélange des genres, avec pour seul point commun le caractère électronique de la musique ».

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Pousser la scène underground à réaliser sa passion et exprimer sa créativité, et permettre surtout une meilleure compréhension de son message artistique par le public en la faisant basculer, le temps d’un set, dans « l’overground » de l’internet. « Je suis personnellement assez fan de ce genre de vidéos, surtout avec du vinyl, car les CDJs paraissent bien plus fades à regarder… », observe Milan Kobar, « Ce genre de live est de plus en plus à la mode, avec ce côté « technique » et « détails » qui est encore plus présent qu’en concerts grâce aux angles de caméra. »

Votre pote mixe dans le shop et vous êtes sans budget pour prendre un train et aller le voir ? Une grippe ou simple flemme (mal excusée) vous retient au chaud chez vous ? Un empêchement de dernière minute ? En live ou en replay, les Monkey Sessions créent cet espace de partage entre les artistes et leur public, nous permettant à nous, spectateurs, d’embrasser une autre conception de leur performance musicale. « Pour ma part, ça m’a énormément touché lorsqu’au dîner de Noël, ma famille a tout simplement mis sur la télé notre podcast sur Youtube ! »,  constatait avec émoi Alex du duo Groove Boys Project. « Je trouve ça énorme. C’est la première fois que ce genre de concept pour jeunes talents éclôt et c’est très positif pour les années à venir. Musart Concept Label est un super projet et mérite d’être placé en premier pour la découverte filmée des nouveaux talents ! »

Une mosaïque riche d’expériences

Plus on est de fous, plus on rit. C’est l’esprit d’House Monkeys : une bonne bande de singes passionnés et décomplexés, où se dégage l’univers de chacun, leur traitement et leur vision personnelle de la musique, avec toute l’humilité qui en découle. Car aucune des sessions ne se ressemble. Même si certains morceaux ont été utilisés par plusieurs artistes, les manières dont ils sont amenés et mixés n’ont rien à voir ! Si Romain « a finalement réussi à faire un set assez progressif en commençant avec des sonorités limite downtempo pour monter en intensité« , Seamus lui a trouvé « l’expérience hyper intéressante et riche« , le poussant « en dehors de ses derniers retranchements« .

Ce soir, c’est Jayco du collectif Davy Croket Crew qui s’essayera à l’exercice : « J’ai vraiment hâte de venir mixer pour représenter mon collectif. Je n’ai jamais fait un set avec uniquement des disques que je découvre peu de temps à l’avance, donc on va voir le résultat, mais je suis hyper content d’avoir été invité !« . Pour lui, ce sera 100% house.

Maxye quant à elle, à venir dans le courant du mois de mars, y voit l’assurance d’un entraînement enrichissant : « La Monkey Session est un exercice stressant en amont car hautement casse gueule, avec la difficulté du direct en plus. Il faut savoir être rapide dans sa sélection et tirer profit des imprévus. Pour quelqu’un d’assez perfectionniste comme moi, c’est un excellent exercice de lâcher prise et de réactivité. Il est certain que la Monkey Session me poussera hors de ma zone de confort, pour le meilleur et pour le pire !« 

Alors, prêts à rentrer dans la cage ?

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Retrouvez toutes les Monkey Sessions ici.

House Monkey Records : Facebook / 7, rue de Tracy – Paris

Musart Concept Label : Facebook / YoutubeSoundcloud