Microcosme [mikʀɔkɔsm], nm : une communauté, un endroit ou une situation encapsulant de manière miniature les caractéristiques de quelque chose de bien plus grand.

Paris, la nuit. Paris et ses clubs, ses festivals, ses warehouses, devenue depuis quelques années le noyau effervescent de multiples nationalités, cultures et inspirations qui convergent dans des évènements autour de la musique électronique. Autant d’entités qui se rencontrent, échangent et participent au développement prodigieux de ce « microcosme » en plein essor. La capitale n’a incontestablement plus à rougir de sa scène électronique house et techno, devenue une destination de choix européenne et mondiale pour fouler qualitativement du pied dans les meilleurs endroits dont elle recèle.

Electric Rescue : « If Paris is not the biggest place for techno in the world, it’s not far from it ! »

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C’est l’idée d’étude originale de Nicholas Kane, jeune réalisateur américain en études au Hampshire College (Massachussets), mu par le désir d’observer ce phénomène from abroad. Tiré de la réalisation finale de son étude ethno-musicale, le court-métrage déploie avec habileté une succession riche d’instants singuliers de cette microsociété, conjuguée à ses entretiens avec des artistes passionnés dont Electric Rescue, Cabanne, les duos Masomenos et Brenn & César, mais aussi Rakya Eynt, Momus, Sina, ou encore les collectifs Péché Mignon et RA+RE, à la fois tous acteurs et témoins de cette mouvance.

Un délice visuel et auditif de vingt minutes qui sollicite notre volonté de nous immerger davantage, nous aussi, dans la spirale « encapsulante » de la scène électronique parisienne !

Cabanne : « Today, there’s no point in being underground. Who wants to be underground ? And what is ‘underground’ ? You can see it on the net, everywhere on Facebook. You can check the line-up of a club six months in advance to be sure you pick up the right party, you can prepare the trip to go to this party… wow. This is chic underground. »

Interview-minute

Pourquoi avoir choisi la ville de Paris ?

J’ai choisi de me concentrer sur la scène parisienne pour sa popularité actuelle. Bien que ce soit une scène déjà très établie, elle évolue et grandit continuellement. Et en plus de l’attachement personnel que j’ai pour Paris, cette ville m’a offert l’opportunité de filmer un phénomène en constante évolution. Je voulais explorer cette scène et en épuiser tout ce que je pouvais apprendre. Après avoir étudié le cinéma pendant plusieurs années, et en me plongeant dans des études d’ethnomusicologie, je me suis rendu compte que je pouvais combiner ces deux domaines et en faire quelque chose qui aurait du sens pour moi, pas seulement en tant que réalisateur et universitaire, mais aussi en tant qu’amateur de musique électronique.

L’ensemble du projet est home made ?

J’ai tourné tout le film moi-même, excepté quelques amis qui ont accepté de m’aider quand j’avais besoin de caméramans. Je suis allé à Paris avec tout l’équipement nécessaire pour tourner le film, mais je me suis vite rendu compte que pour que ce projet se réalise, il allait falloir être mobile et agir vite. Chaque film représente une masse énorme de travail, mais pour ce projet en particulier il s’agissait de rester en contact avec les différents sujets. J’ai commencé à interagir avec eux par mail en janvier 2015 et c’est toujours le cas aujourd’hui. Je pense que j’ai de la chance d’avoir pu m’immiscer dans la vie de ces gens, ne serait-ce que pour quelques heures. Nous avions des passions et des intérêts communs, et ça nous a permis de transformer une relation « sujet/réalisateur » en de l’amitié. Finalement, derrière tous ces noms, albums et événements, il y a des gens qui ont des opinions, des vies différentes ; et comprendre ces vies est ma priorité, en tant que réalisateur et en tant que personne.

Si vous avez besoin des sous-titres français ou anglais, c’est ici et appuyez sur le bouton « CC ».

Un grand merci à Clara Dali !

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