Pour la première fois à Paris, Mr.G va jouer un set inédit, uniquement composé de ses trouvailles disco, funk, soul, jazz, boogie ou même pop, samedi soir au Djoon. Si la plupart d’entre vous le connaissent pour ses live énervés, la légende au bob a pourtant beaucoup plus dans son sac. Rencontre. 

Il y a comme une impression de retour aux sources avec la sortie de Nothing ’s Changed sur ton label l’année dernière. Un mini compilation des morceaux funk, soul, ballads et gospel, issus de ta propre collection. Tu sembles avoir changé ton spectre musical. Peux-tu nous en parler un peu ?

En réalité, il a toujours été question de funk, soul et jazz dans ma musique, mais c’est vrai que mon émission sur Worlwide FM avec K15 l’année dernière m’a permis de changer un peu mes habitudes et la manière dont je me replonge dans ma collection. Ça faisait des années que je n’étais pas revenu à la source, à chercher du jazz dans ma collection.    

                  

C’est un grand bol d’air frais que de retrouver et jouer des morceaux avec lesquels j’ai grandi, et que je n’ai jamais osé mélanger avec des musiques actuelles. Avec le temps c’est intéressant de voir ce qui a bien vieilli et ce qui est toujours d’actualité.

Tu es né dans les années 60, en plein essor de la black music (soul, funk et disco). Qu’est ce que tu écoutais à cette époque ?

J’ai toujours collectionné de la musique depuis mon plus jeune âge. Je suis un fervent partisan du digging, toujours à la conquête de la perle rare. Quand j’étais gosse, j’adorais bricoler avec des haut-parleurs et des composants électriques, et puis j’ai fini par travailler dans un magasin de disques appelé R.E.Cords à Derby, ma ville natale, sous l’oeil attentif d’Hector (le propriétaire du magasin) qui est une véritable encyclopédie parlante de tout ce qui est bon musicalement. Un vrai héros pour moi.

Justement, j’ai lu que tu avais travaillé chez ce disquaire ( « R.E.cords ») et que cela avait beaucoup influencé tes connaissances en jazz…

C’était incroyable. À l’époque, je mixais au Blue Note, une boîte de nuit très avant-gardiste musicalement parlant. J’étais également chef cuisinier là-bas, et c’est à travers cet endroit que j’ai donc beaucoup appris de la scène et de la musique en soirées club, avec des ambiances et des musiques très différentes.

Au magasin, les cartons arrivaient des États-Unis le samedi matin. Tu avais une dizaine de personnes qui attendaient qu’on déballe tout ça. Ça aurait pu être 3 maxi promo de Philly ou bien 10 copies du dernier single soul du moment. C’était l’âge d’or de cette musique…

Et j’étais en première ligne pour découvrir le rock, la pop, la musique indé et le jazz auprès du personnel et d’Hector. Je suis devenu une éponge pour la bonne musique, et le suis encore aujourd’hui ! Les années 70 étaient pour moi les plus libres sur le plan musical, à la fois extraordinaires et imprévisibles.

Tu vas jouer un set soul, funk et disco au Djoon ce samedi 12 Janvier. Un rendez-vous plutôt inédit à Paris puisque c’est la première fois ! 

J’ai acquis une bonne connaissance musicale et constitué une belle collection de disques, mais contrairement à beaucoup d’artistes, partager et jouer la musique avec laquelle j’ai grandi (qui implique des souvenirs et une histoire derrière) ne se fera que dans un environnement familier, et avec des gens qui partagent la même ouverture d’esprit.

Je ne sais pas du tout ce que vous en ferez, mais j’ai toujours senti que Paris était l’une des capitales de la musique soul. Durant ces nombreuses années, j’ai toujours réussi à trouver de bons disques et de la bonne musique.

Et maintenant, plus que tout, c’est un rêve devenu réalité grâce à mon agent Dave et au Djoon, qui comprend ma vision éclectique. Il me faut juste un bon système son et une salle receptive pour me laisser vous emmener dans un voyage privé spécial… Vous devez commencer à comprendre de quelle manière je procède : « tu me comprends, tu ne me comprends pas, c’est toujours de la bonne musique« .

Préparez-vous à un large panel entre funk, soul, jazz, boogie, indie, pop et tout ce qui me fera vibrer sur l’instant. Il ne s’agit ni de tempos ni de similitudes. Il n’y aura pas de musiques actuelles et de techno 4/4 cette nuit-là. C’est vraiment pour ceux qui aiment la vraie musique… Au plaisir de vous retrouver sur le dancefloor !



Le Djoon, ça t’évoque quoi ? 

J’ai entendu dire que c’est l’endroit idéal pour les vrais amateurs de son, ceux qui recherchent de la vraie musique et qui laissent une place à l’éclectisme. C’est ce qui m’excite beaucoup, même si je redoute un peu de sortir de ma zone de confort. Après tout, j’aime relever des défis ! Et sachez que j’apporte de véritables pépites. J’espère donc vraiment avoir un public réceptif et avoir liberté d’aller où je me sens quand je le ressens.

Plus d’informations sur l’événement Facebook. Vous pouvez suivre Mr.G sur Facebook, Resident Advisor ou Discogs

Un grand merci au DJOON pour cette opportunité.