Avant chacune de ses soirées, La Mona organise ses désormais célèbres « Dance Class », qui réunissent de nombreux amoureux de danse et de musique. House Dance, Voguing, Waacking, Jazz Dance, Soul steps, Hustle, Hype, Top Rocking, Jazz Rock et Electro… Elles sont surtout ouvertes à tout le monde, et surtout aux non-initiés. Sa tête pensante Nick V nous explique.

Quel est le concept et le déroulé type d’une Mona Dance Class ? 

La dance class commence toujours dès l’ouverture des portes de notre soirée. Les gens arrivent pile à l’heure, condition nécessaire pour pouvoir y accéder gratuitement (en plus de leur inscription en ligne). On rassemble tout le monde sur la piste puis, au micro, le prof explique rapidement d’où il vient et présente son style de danse. La musique démarre, il y a un échauffement qui, petit à petit, se transforme en apprentissage de pas et de gestes simples.

Cela reste toujours simple et accessible, car les cours sont avant tout offerts aux non-initiés. Bien sûr, s’il y a des danseurs plus confirmés, le cours peut évoluer vers des choses plus élaborées, mais on fait gaffe à ce que les choses restent à la portée de chacun, le cours étant un moment à partager tous ensemble. Au fil du cours, une chorée peut se développer, parfois c’est un travail à deux, en face-à-face. Plus ça avance, plus c’est interactif. La fin du cours est un moment où tout le monde peut s’exprimer, soit sous la forme d’un soul train, ou d’un cypher, où chacun passe à tour de rôle.

À la toute fin ça devient un grand « jam »… Les gens dansent librement… Et là, on est déjà passé en mode soirée ! On a toujours un bon DJ pour la dance class, ça permet d’offrir une belle expérience aux gens qui font l’effort de venir tôt. Souvent, le public de la dance class ne reste pas toute la nuit, ainsi, ils ont tout de même la possibilité d’écouter, et surtout de danser sur la musique d’un DJ qui a certaine renommée.

La Dance Class de La Mona est devenue emblématique à Paris. Comment tu l’expliques ?

L’idée de la dance class est de fédérer les gens autour du partage d’une énergie commune, celle de la danse. Le début d’une soirée peut parfois être un moment un peu délicat, car les gens arrivent avec des envies et des énergies différentes. Or, le pouvoir rassembleur de la danse est très puissant, et le fait de pratiquer quelque chose ensemble crée un lien fort.

Cela lance la soirée de façon positive et ça se ressent par la suite dans l’ambiance. Les gens aiment foncièrement danser, ça leur fait du bien, on leur offre la possibilité de découvrir des danses différentes avec des professeurs reconnus pour leur travail, et c’est proposé gratuitement… Alors forcément, on attire du monde !

Comment convaincre quelqu’un qui n’y est encore jamais allé ? Est-ce ouvert à tous ?

Il n’y a pas longtemps, nous avons eu Mogwai comme professeur de danse. Il avait utilisé le terme « bienveillance » pour décrire son cours, je crois que tout est dit avec ce mot.

La danse peut être une pratique intimidante, surtout à Paris où la concentration d’excellents danseurs est très élevée. On comprend alors qu’il peut être impressionnant de se lancer. Il n’y a pas de prérequis pour venir prendre un cours à la Mona, au contraire, c’est un moment pour les non-initiés. Le novice sera encouragé à se lancer, avec son style et sa vibration, sans jugement, et avec bienveillance.

La danse, permet-elle une nouvelle approche de la musique, une libération des corps ?

La musique permet de toucher les émotions. Dans émotion, il y a l’âme en motion. Si la musique met en mouvement notre âme, alors la danse est l’écho de notre corps. La musique se vit surtout de cette manière.

Spécialement sur les musiques électroniques ?

Les musiques électroniques sont souvent très rythmées, et chargées en basses. Cela touche nos émotions primaires, l’instinct de procréation en nous, l’énergie sexuelle.

De façon consciente, ou inconsciente, ce sont ces énergies qui alimentent nos danseurs dans les clubs.

On trouve quel(s) style(s) de danse ? 

Toutes les danses nées dans les clubs : House Dance, Voguing, Waacking mais aussi Jazz Dance, Soul steps, Hustle, Hype, Top Rocking, Jazz Rock et Electro (ces deux derniers genres sont d’ailleurs des styles nés en France). Je ne suis pas spécialisé dans un style… Je profite simplement des cours et de l’énergie des gens qui m’entourent !

En revanche Marion Fournier, aka Tiger Saint-Laurent, avec qui je travaille pour l’organisation des cours et notamment la sélection des professeurs, est danseuse. Elle se spécialise dans le Vogue Old Way, la forme originelle du Voguing quand cette pratique est devenue une danse, très inspirée par les postures des mannequins (d’où le nom Vogue en écho au magazine de mode du même nom), mais également des univers où les lignes et postures sont importantes comme dans les arts martiaux, les figures Égyptiennes et la parade militaire. Elle fait partie de la House Of Saint-Laurent basée aux états unis, mais également en Europe et notamment à Berlin. Marion et moi travaillons ensemble sur la danse depuis 2012.

Pour ceux qui y participent, ça permet aussi une autre approche de la soirée club qui s’y déroule ensuite ?

La danse est un formidable vecteur de communication, cela fait tomber les barrières sociales et permet aux gens de se rapprocher. C’est aussi un déploiement d’une énergie physique qui nous anime (l’âme en mouvement), plus on danse, moins on est fatigués.

Si on peut ressentir une fatigue physique, on s’éveille mentalement. C’est une alternative à explorer par rapport au réflexe alcool défonce qui peut souvent dominer dans les clubs. C’est se connecter avec soi-même finalement, de façon plus profonde.

Retrouvez la prochaine Dance Class le 31 décembre pour le nouvel an de l’IBOAT à Bordeaux. Suivront les sets de Nick VHugo LX et Finn Johannsen.