Meteor apparait en 2013 de la rencontre de Kala et Jedeon. Et le duo porte bien son nom, jusque dans le choix de l’EP Adastra : « jusqu’aux astres » dans la langue de Romulus et Remus. Il s’agit d’une release exclusive du label montant (mieux connu pour le moment pour son groupe de partage de sons) Sweet Electronic Music Lovers, ou SEML pour les intimes.

 

Au jeu des influences, le duo cite Son Lux, Trentemoller, Nicolas Jaar ou Moderat : parmi ce qu’il se fait de mieux ces dernières années en matière d’électro organique. De quoi avoir l’eau à la bouche. Attention décollage imminent, objectif : Lune.

 

 

Dès les premières notes de Valhalla, le thème est donné, tant dans le titre que dans la composition. Le Valhalla, c’est le paradis des vikings : là où les plus valeureux sont invités après leur mort. Nos compères de Meteor le savent bien et ont construit une astucieuse galère où sonorités orientales et samples (très beaux samples même) se mélangent, se marient et s’enlassent comme emportés dans une danse sans fin. Les percussions rappellent une préparation à la guerre jusqu’à ce que le break se fasse ressentir. Et quel break ! On comprend d’emblée mieux l’influence Jaaresque (si si puisqu’on vous le dit) mais pas seulement. Les amoureux de trip hop retrouveront avec beaucoup de joie une construction complète et entière du morceau qui n’est pas sans rappeler nos amis de Ezekiel.

 

L’ouverture d’un EP qui s’annonce astral.

 

Difficile de rester de marbre face à une telle production. Les instruments sont justes, les voix nous invitent à nous draper et à nous mouvoir langoureusement. On ressent un projet qui, bien qu’ambitieux, a été parfaitement muri et réfléchi. Cette ambition, cette patte, on va la retrouver tout au long d’Adastra pour notre plus grand plaisir.

 

Car ce qui touche dans la sensibilité des deux compères, c’est la finesse du mastering, cette innocence et cette fragilité, cette invitation au voyage. Invitation que l’on retrouve dans le second morceau Narcose jusque dans le choix des voix : « everyday, there’s something new ». Magdalena nous emmène dans la conquête de l’Ouest Spatial après un décollage digne de David August. Impossible de rester insensible à cette montée de guitare, ce mélange plus que réussi où acoustiques, électroniques et vocales se rencontrent pour ne faire plus qu’un ensemble totalement homogène. Eigengrau apporte la conclusion méritée (et inquiétante ?) d’une des plus grosses surprises du début d’année.

 

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Meteor nous propose un clip bien léché de leur titre Platelet. On y retrouve toute la légèreté et la cohérence du projet, dont l’image fait partie intégrante. Plaisir des yeux et des oreilles sont indissociables dans ce voyage initiatique au goût de péché…

 

Comme disait Louis Armstrong : oh c’est si bon !

 

Transportant même. Il est très rare de trouver une telle cohérence dans une release. Tout a été calculé à la quasi perfection : du nom du projet à la construction elle même de la sortie. Explication : Adastra a été monté davantage comme une mixtape que comme un EP. Tous les morceaux ne font qu’un et s’enchainent avec justesse et finesse.

Une friandise aux allures de plat de résistance : une véritable déclaration d’amour à la musique. C’est cette fraîcheur, cette sensation d’envie de partage que l’on ressent tout au long de l’écoute de cette belle galette de 30 minutes. Trente minutes trop courtes… On a l’eau à la bouche en imaginant les lives que pourrait nous livrer ce duo.

Meteor nous offre une incroyable surprise, née de la rencontre inévitable entre deux hommes qui se complètent, se comprennent et se partagent : comme une évidence musicale.

 

La claque que nous met Adastra ne peut engendrer qu’une réaction biblique : on tend l’autre joue.

 

Un seul conseil : soyez témoin de cette conquête spatiale, personne ne devrait rester derrière.

EP Adastra

Le clip de Platelet 

Chronique rédigée par TLF