Place à la science aujourd’hui chez Dure Vie ! Alors on range son tube à essai et sa blouse blanche, il sera question ici de science du son.

Max Cooper est une figure incontournable de la scène électro actuelle, un artiste hors du commun, un génie de la techno moderne.

Originaire de Belfast, après avoir obtenu un doctorat en biologie et par la suite un post-doctorat en génétique, il s’envole pour l’Angleterre dans les années 90. Il résidera tout d’abord à Nottingham, puis à Londres depuis 2008 où il se trouve encore à l’heure actuelle.

Pénétrer le cerveau de Max n’est pas une mince affaire. D’un naturel plutôt discret, il n’est pas le roi de la communication, mais cela importe peu, son travail est connu et reconnu. Il reconnaît lui même habiter à Londres certes, mais préfère travailler seul chez lui, il se mélange peu à la foule et aux ambiances du monde de la nuit.

Sa vision de la musique dépasse souvent le simple aspect technique de la chose, il construit les morceaux avec une précision d’orfèvre, son esprit scientifique joue un rôle essentiel dans la continuité de son œuvre, il décrit très bien cette façon de penser dans une interview sur Seeksicksound : « Je ne saurais pas définir exactement ma musique, tout simplement parce que ce que j’essaie de communiquer sort du domaine du langage la plupart du temps. »

Il manie les tables de mixage comme des instruments de laboratoire et produit des concepts totalement novateurs en terme de mélange techno/electronica, certains le considèrent même comme externe au monde la techno, mais cela lui importe peu, Max Cooper continue sur sa lancée et ce n’est pas nous qui irons l’en empêcher !

C’est en 2003 qu’il aura sa première occasion de se produire en club, ce fut au Heaven à Londres.

Néanmoins, c’est en 2007 qu’il sortira ses premiers EPs « Tamperine » et « Ergo » accompagné d’Allan Banford sur le label Evolved Records, sur le premier on y trouve un track cosmique accompagné de touches acidulées et d’un petit rythme techno dans le style de celui des années 90.

 

Avec les Eps « Frank » et « The Blind Watchmaker », sortis en 2008, Max annonce la couleur, son style est déjà d’une netteté et d’une précision quasi chirurgicale.

En 2009, il atteindra une notoriété internationale avec les morceaux « Harmonisch Serie » et « Symphonica », sortis sur le label Traum, qui se dégustent encore aujourd’hui avec tout autant de plaisir qu’une bonne brioche qui sort du four.

Par la suite on le retrouvera sur un nombre impressionnant de remix. On se laissera transporter par le remix du morceaux d’Au Revoir Simone « Take Me Was I Am », ou encore « I Feel Better » de Hot Chip en 2010.

Il est important de se pencher également sur le côté graphique qui fait partie intégrante de sa personnalité, concernant ses clips vidéos ou encore ses pochettes d’album. Pour ses clips il laisse libre cours aux internautes, via son site internet, de proposer leurs créations ce qui crée un lien particulier entre l’artiste et ses fans.

On retrouve des émotions particulières transmises par le biais des vidéos, un monde à part qui transporte et parfois déroute.

Pour ses pochettes, qui ont su attirer l’oeil aguerri, il fait tout simplement appel à son colocataire qui exerce le métier de graphiste.

Un exemple de ce que peux donner une passion pour l’architecture dans un esprit de généticien de l’électro, avec les morceaux « Echoes Reality » et « Numb » feat Kathrin deBoer, sortis respectivement en 2011 et 2013.

C’est avec une actualité toujours aussi assidue que Max nous revient en ce début d’année 2014 avec son premier album, sorti le 10 mars « Human ».

On retrouve sur cet album une variation importante entre chaque track, passant d’un style expérimental à un style bien plus mélancolique. On sent la volonté de l’artiste de se dévoiler encore plus, comme une sorte d’introspection, chaque morceaux est décortiqué minutieusement, on est généticien ou on ne l’est pas, après tout.

Comme l’indique le titre, il a tenté en produisant cet album de transmettre un réel message aux auditeurs, de nous ramener à nos instincts presque primitifs. Comme à chaque nouvelle sortie de l’artiste, on se délecte de sa musique, elle nous pénètre et s’insinue en nous jusqu’au moindre bout de cils.

Dévoilée il y a trois semaines, le clip du morceau « Empyrean » est un parfait exemple de l’émotion qui cherche à être partagée.

A l’occasion de la sortie de son album, Max entame une tournée qui s’annonce explosive. Vendredi dernier il a posé ses valises au Zig Zag pour un live qui s’est avéré sans concession. On le retrouvera  sur quelques festivals, notamment en Grande Bretagne avec le Gottwood Festival ou encore aux Pays Bas avec le Awakenings Festival, en somme, de quoi régaler vos tympans si vous passez par là cet été !

BY MORGANE RENAUD