Photo à la une © Mathieu Le Gall

Hier, le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) a adressé une lettre ouverte au gouvernement français, en rassemblant près de 430 structures et 147 festivals indépendants signataires. L’organisation demande plus de visibilité et de transparence pour les manifestations prévues au printemps et à l’été 2020, et des précisions pour la mise en place de la cellule d’accompagnement annoncée par le Ministre de la Culture. En somme, éviter l’hécatombe massive de l’offre culturelle face à la crise.

Le secteur de l’industrie musicale est en peine d’obtenir des réponses sur les conséquences à venir dans les prochains mois, face à la crise sanitaire et à la pandémie mondiale de Covid-19.

Après l’annonce du Ministre de la Culture hier de la mise en place d’une cellule d’accompagnement au cas par cas pour les organisateurs de festivals, et une lettre ouverte de 40 associations pour demander en urgence l’augmentation des budgets aux États Membres de l’Union Européenne, le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) publiait hier, à son tour, une lettre ouverte à destination du Premier Ministre, du Ministre de la Culture, du Ministre de l’Intérieur, et de Jean Castex, le « ministre du déconfinement », afin d’éclaircir la déroute commune face à cette situation de crise. 

« Agir trop tard conduirait à une hécatombe »

Créé en 2005, le Syndicat des Musiques Actuelles regroupe aujourd’hui des centaines de structures de la filière des musiques actuelles, et représente des salles de concerts, des festivals, des producteurs de spectacles, des labels, des centres de formation, des radios, ainsi que des fédérations et réseaux divers.

Dans cette lettre ouverte, l’organisation a rassemblé plus de 430 structures et 147 festivals dont la grande majorité organiseront des manifestations entre le printemps et l’été 2020. Une « course contre le temps » alimentée de jour en jour par l’incertitude du maintien de ces événements, et des mesures d’accompagnement – pour l’instant floues – face à la crise. « Cela implique un modèle économique complexe et fragile, dans lequel l’importante part d’autofinancement repose sur des taux de remplissage proches de 100% pour simplement atteindre l’équilibre budgétaire.« , explique le communiqué. 

Le SMA demande ainsi une visibilité sur minima 2 mois avant chaque manifestation prévue, afin de pouvoir agir en conséquence avec tous les acteurs impliqués : publics, artistes, salariés et prestataires. « Plus tôt seront prises vos décisions, moins préjudiciable cela sera.« , sonne l’organisation, qui précise vouloir entrer dans une discussion conforme à l’urgence sanitaire. « Nous le réaffirmons clairement, cette ambition ne saurait être satisfaite qu’à condition que la situation sanitaire le permette et que nous soyons en mesure de garantir la santé et la protection des personnes sur nos sites. »

Des réponses précises pour la cellule d’accompagnement annoncée « au cas par cas »

« Nous prenons acte de la cellule d’accompagnement des festivals que vous mettez en place et souhaitons qu’elle puisse nous apporter des réponses précises, circonstanciées et suffisamment en amont de chaque festival.« , poursuit le SMA. Bien que cette proposition du Ministre de la Culture annonçait hier un engagement « au cas par cas » face à la diversité des festivals et structures françaises concernées, l’organisation souhaite « connaître les garanties que le Gouvernement est prêt à apporter » face à l’indépendance et la richesse culturelle de ces manifestations. La peur de la faillite, de la situation hyperconcurentielle des festivals et de la standardisation de l’offre culturelle sont les conséquences évoquées.

Le communiqué et la liste complète des structures signataires sont à retrouver ci-dessous.