Pour ceux qui ne le savent pas encore, le Rex accueille une nouvelle fois Alex et Laetitia de Karat Records, pour une soirée Katapult cette fois, le 21 Décembre. Au programme, MZKBX, Xosar et Legowelt, tous deux en live.  J’en profite donc pour vous parler de cet artiste aux personnalités multiples qu’est Legowelt.

On le connaît, parfois sans le savoir, sous différents patronymes: Polarius, Nacho Patrol, Smackos, Venom 18, Raheem Hersel, Phalangius… Je pourrais continuer mais on y serait encore demain. Une vingtaine d’alias plus tard, c’est encore lui qui se cache sous les pseudos de The Chicago Shags avec Orgue Electronique, Catnip avec Luke Eargoogle, Smackulator avec Speculator ou encore XAMIGA et Trackman Lafonte & Bonquiqui avec son amoureuse, la sulfureuse Xosar…

Puisant son inspiration d’artistes comme Aphex Twin et Drexciya, notre batave préféré compose à un rythme effréné, à se demander s’il n’est pas hyperactif en plus d’être schizophrène. Il affectionne les sons acid, bien dirty et les effets comme le delay (effet d’écho), sa marque de fabrique, qui rend ses productions plus organiques. Prêcheur de la lo-fi, ce collectionneur de synthés (auxquels ils donnent des noms « The Force », « Big Jim »…) enregistre encore maintenant beaucoup sur cassette. Il décrit sa musique comme « une forme hybride de Slam Jack combinée avec la Deep House de Chicago, la Technofunk ghetto romantique et la B.O. d’EuroHorror ». On est pas sûrs de tout comprendre mais on aime le concept. Pour le comprendre un peu mieux, allez faire un tour sur son site. (www.legowelt.com)

Le mec vient d’une autre dimension. On fait un bond de 20 ans en arrière sur un monde plein de gifs et de vidéos WTF, un univers kitch à souhait. Sont disponibles des samples, des mix, des unrealesed, et quelques clips lo-fi. Cruise Till The Sun Shines fait partie de ceux là.

« Né il y a longtemps, quand Star Wars était bien », le jeune Danny découvre les bienfaits de la house music dans les années 90 en regardant MTV (qui avait encore un rapport avec la musique) et décide de s’y mettre, tout seul, dans sa chambre. Dans un monde qui ne connait pas encore Internet, il est difficile de s’improviser compositeur. Autodidacte, il passe le plus clair de son temps à la bibliothèque pour se documenter avant de passer à la pratique. Il commence avec son Amiga et le logiciel Noisetracker, sur disquette. Et ouais ! Il commence à créer des lignes de basses et utilise des samples pour produire son premier track sur cassette.

Surprise quelques années plus tard, quand il découvre qu’il n’est pas tout seul à faire du son à la Haye en entendant à la radio qu’Unit Moebius est aussi originaire de ce patelin. C’est d’ailleurs Bunker Records, le label de Guy Tavares, qui sortira son premier vinyle en 98, Pimpshifter, un 6-track d’Italo devenu classique, notamment avec Sturmvogel et Total Pussy Control.

On se souvient aussi du hit Disco Rout, repressé en 2002 sur Cocoon Recordings, sacré track de l’année par le magazine allemand Groove. Prévu à l’origine pour Pimpshifter, ce titre a failli ne jamais voir la lumière du jour compte tenu de l’intransigeance de Legowelt avec lui-même.

Ce n’est qu’en 2006 que Danny fonde son label, Strange Life Records, qui devient une plateforme pour la plupart de ses alias. Les sorties s’enchainent sur des labels comme Crème Organization, L.I.E.S. records, Echovolt Records ou encore Clone.

Le cadeau de l’année 2011, c’est The Teac Life, cet album aux nappes hypnotiques qu’il met en free download sur son site. En prime, un communiqué-coup de gueule où il explique : « lorsqu’ je parle de techno, je ne parle pas des merdes de ces dernières années produites par des  connards de DJs surfaits, incapables et prétentieux, qui se prennent pour des artistes en balançant des beats de mongoliens ». Comme ça, c’est dit.

Depuis sont sortis une dizaine de maxis et 2 albums, The Paranormal Soul en 2012 avec le cosmicomélancolique, Elements of Houz Music, véritable hommage à la house et son album Gilga 1 paru cette année.

En live, c’est souvent un Legowelt concentré au plus haut point qu’on retrouve, tellement absorbé par sa musique qu’il ne lève pas une seconde le nez de ses machines. Et on ne lui en veut même pas, tant ses sets sont remarquables. Une précision chirurgicale.

Si vous voulez le retrouver, c’est au Rex que ça se passe, samedi soir à la Katapult où il jouera en live aux côtés d’Alex et Laeti qui l’avait déjà convié pour la Kata du 14 Juillet.

D’ailleurs, Dure Vie vous offre des invitations !

Noemie Barbier

LEGOWELT : THE FREE SPIRIT

For those who don’t know yet, the Rex Club is receiving once more Alex and Laetitia from Karat Records, for a Katapult night this time, the 21st December. On the program, MZKBX, Xosar and Legowelt, both in live. It gives me the opportunity to talk to you about this multi-personality artist that is Legowelt.

We know him, sometimes without even being aware of it, under different titles: Polarius, Nacho Patrol, Smackos, Venom 18, Raheem Hersel, Phalangius… I could go on but we’ll still be there tomorrow. About twenty aliases later, it’s him again hiding under the names of The Chicago Shags with Orgue Electronique, Catnip with Luke Eargoogle, Smackulator with Speculator or even XAMIGA and Trackman Lafonte & Bonquiqui with his lover, the sultry Xosar…

Drawing inspiration from artists such as Aphex Twin and Drexciya, our favorite Batavian composes at a frenetic pace, one may be asked whether he’s not hyperactive in addition to being schizophrenic. He’s fond of acid sounds, really dirty, and effects like delay, his trademark, which make his productions more organic. Preacher of lo-fi, this synthesizer collector (which he named “The Force”, “Big Jim”…) is still recording on tapes. He describes his music as “a hybrid form of slam jack combined with deep Chicago house, romantic ghetto technofunk and EuroHorror Soundtrack”. We’re not sure to get everything but we like the concept. In order to better understand him, go on his website. (www.legowelt.com)

The guy comes from another dimension. We jumped back 20 years ago on a world full of gifs and WTF videos, a universe kitsch beyond your dreams. Samples, mix, unreleased tracks and some lo-fi video clips are available. Cruise Till The Sun Shines is one of those.

« Born a long time ago, when Star Wars used to be good », the young Danny discovers the benefits of house music in the 90’s, while watching MTV (which still had something to do with music), and decides to knuckle down, all alone, in his bedroom. In a world that doesn’t know Internet yet, it is quite hard to become a composer. Self-taught, he spends most of his time at the library to gather information before putting theory into practice. He begins with his Amiga and the software Noisetracker, on floppy disk. Yup! He creates some bass lines and uses sample to produce his first track on tape.

Surprise few years later, when he finds out he’s not the only one to make music in The Hague, when hearing on the radio that Unit Moebius is also native of this city. Besides, it is Bunker Records, Guy Tavares’ label, that will release his first vinyl in 98,  Pimpshifter, a powerful Italo 6-track, by now classical, with Sturmvogel and Total Pussy Control

We all remember the hit Disco Rout, repressed in 2002 on Cocoon Recordings, track of the year according to the german magazine Groove. Once planned for Pimpshifter, this track was most likely never to be released given Legowelt’s intransigence with himself.

It’s only in 2006 that Danny found his own label, Strange Life Records, which becomes a platform for most of his aliases. In the mean time, several maxis are released on labels such as Crème Organization, L.I.E.S. records, Echovolt Records or even Clone.

The present of 2011, it’s The Teac Life, this album with mesmerizing layers which he puts on his website for free download. As a bonus, a rant-communiqué where he explains : “when I say Techno, I don’t mean that boooooring contemporary shit they call techno nowadays with overrated talentless pretentious douchebag cunt DJs playing a few halfassed dumb mongo beats and being all arty fartsy about it.” So that’s settled.

Since then, were released a dozen of maxis and 2 albums, The Paranormal Soul in 2012 with the cosmicomelancholic, Elements of Houz Music, a genuine tribute to house music, and the album Gilga 1 released this year.

When playing live, we often find a Legowelt focused at the highest point, so immersed in his music that he keeps his nose on his machines. And we don’t even blame him, his sets are just breathtaking. A surgical precision.

If you want to see him, it’s at the Rex that it’s happening, Saturday night at the Katapult where he’ll play live along with Alex and Laeti who already invited him for the 14th July Kata.

Noémie Barbier