En mars dernier, La Chinerie Festival, aujourd’hui forte de plus de 100 000 membres sur ses différents groupes de digging, lançait le pari fou d’une campagne de crowdfunding pour édifier les fondements de son premier festival collaboratif. 1840 donateurs, 63 000€ réunis et une demi-année d’intenses efforts plus tard, l’annonce est faite : le festival aura bien lieu à Lyon, les 8, 9 et 10 juin prochains aux Puces du Canal. 

Tout démarre sur internet. En 2014, La Chinerie surpasse les forums du début du millénaire et fédère plusieurs milliers de membres sur ses groupes Facebook de « digging », répartis en fonction de leurs affinités musicales. Qu’ils soient orientés house, techno, musique des origines, rap, micro house, jungle, ambient – et autant de sphères kaléidoscopiques, chacun se retrouve autour de cette quête perpétuelle du son et la communauté ne cesse de grandir.

Trois ans plus tard, ses fondateurs, Anthony et Quentin (alias G’Boï et Jean Mi) et les administrateurs de ces différents groupes lancent l’idée d’une rencontre officielle de cette mini-confrérie, cette fois-ci hors des écrans, via la création d’un festival 100% collaboratif, entièrement autofinancé et réalisé sur Internet. Leur objectif : permettre à toutes ces potentialités d’acteurs de participer à la création, au développement et à la réalisation d’un projet commun tout en essayant de répondre à la demande et aux envies de tous ceux qui voudraient s’impliquer dans l’aventure. La campagne de crowdfunding dépasse alors leurs attentes : plus de 63 000 euros sont récoltés (contre les 50 000 espérés au départ) et l’engouement est tel que le projet prend forme.

Face à la guerre tactique des lieux parisiens, l’équipe s’entoure de l’un des acteurs de l’Evasion Festival et revient à ses racines : Lyon, point de départ de l’aventure de La Chinerie. Après plusieurs mois de recherches sans relâche, le lieu est enfin trouvé et dévoilé sur l’événement Facebook, et l’on peut dire que la métaphore se prolonge : les Puces du Canal, annuel rendez-vous des brocanteurs, antiquaires et autres chineurs lyonnais (et européens) du dimanche, laisseront le temps d’un week-end la place aux « chineurs » festivaliers de France.

Si le line-up n’est pas encore dévoilé, les indications ironiques d’un hologramme de Johnny, un live modulaire de Paris Hilton ou encore un extend set d’un raté de télé-réalité promettent une volonté engagée sur la qualité de la sélection musicale (plutôt qu’à la guerre au headliner) – à l’image de la démarche de ses différents groupes de faire découvrir les valeurs des DJs et producteurs « chinés ».

On ne doute pas de la réussite de nos copains et l’on a hâte de suivre les prochains épisodes. Toutes les infos sur l’événement Facebook et la billetterie. Longue vie !