Selon une récente étude d’Oxford Economics, la musique rapporterait près de 80 milliards d’euros par an au PIB de l’Europe. Dans son rapport, l’entreprise d’analyses économiques entend démontrer l’importance de ce secteur comme un « élément essentiel de notre vie ». 

« La musique européenne est un élément essentiel de notre vie. », peut-on lire dans l’édito introductif de l’étude d’Oxford Economics intitulée The Economic Impact of Music in Europe. « Que ce soit dans les bons ou les mauvais moments, la musique est là pour nous. Elle nous fait vibrer dans les grands moments de la vie, favorise notre bien-être et nous aide à guérir quand nous sommes déprimés, etfaçonne notre identité et notre culture. »

Des phrases significatives à l’heure où les clubs, festivals et autres lieux festifs n’ont pas pu reprendre leur activité depuis près de 9 mois. Jugés comme « non-essentiels » et surtout non-compatibles avec les accélérations répétées de la pandémie de la COVID-19, le rapport d’Oxford Economics leur rend la part belle et prouve notamment que la musique rapporterait plus de 80 milliards d’euros au PIB total de l’Europe chaque année (en comptant les 27 pays membres et le Royaume-Uni). 

81,9 milliards d’euros, c’est plus que le vin et la bière 

« La musique a un puissant impact économique sur l’Europe », précise l’étude. Cela est notamment visible sur l’emploi (2 millions), le produit intérieur brut (81,9 milliards d’euros de valeur ajoutée brute par an), la fiscalité, les paiements et les exportations (en exportant 9,7 milliards d’euros de biens et de services vers les pays en-dehors de l’Union Européenne). Sa contribution économique est même plus élevée que le PIB de neuf pays membres, dont la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, ou encore le Luxembourg. 

Avec un tel score, les recettes engendrées par l’industrie musicale sont aussi 1,5 fois supérieures à celles des industries du vin et de la bière, et le taux d’emploi est 24% supérieur par rapport à celui de l’audiovisuel. Le rapport précise même qu’elle pourrait dépasser d’autres secteurs cruciaux, si les données de l’activité économique générée par l’industrie de la télévision, de la publicité ou encore du cinéma pouvaient être précisément analysées.

L’étude pointe aussi les 7 400 maisons de disques européennes, qui « aident à créer la musique que les fans aiment et font travailler les artistes pour réaliser leur plus grand potentiel créatif et commercial. » Avec ce rapport, Oxford Economics espère « guider les décideurs politiques » de l’Union Européenne dans leur soutien à un écosystème musical plus sain et mieux financé, à l’heure où le Sénat refusait cette semaine le fonds de soutien de 20 millions d’euros au secteur des musiques électroniques. 

Le rapport (en anglais) est disponible en intégralité sur ce lien