À l’occasion de la sortie de son nouvel album, « 1989 » chez Kompakt le 22 septembre dernier, nous avons posé quelques questions à Kölsch. Ce dernier nous a notamment éclairé sur la genèse de sa trilogie autobiographique commencée avec « 1977 » et « 1983 » et poursuivi sur son dernier album. Étape également marquante : son set sur la Tour Eiffel le 16 octobre dernier avec Cercle.

1989 est probablement l’album le plus poétique et mélancolique de la trilogie sortie sur Kompakt. Comment tu l’expliques? Surtout lorsque le premier, « 1977 », est une référence à ton année de naissance.

Les trois albums sont autobiographiques, du coup pour 1989 signe l’aboutissement d’une partie plus triste et mélancolique de ma vie. À ce moment-là, je vivais le divorce de mes parents et ça a été un impact important sur ma vie. Je me plongeais corps et âme dans le skateboard et la musique pour échapper à la réalité. C’était la première fois que je réalisais que j’avais envie d’échapper à ma vie.

Ça parle beaucoup d’un combat interne, et comprendre comment la vie est en constant mouvement. Substituer ses émotions dans la musique, et recourir à la ville pour se construire une nouvelle manière de vivre.

Comment s’est passé l’enregistrement de l’album? Pour ton track « Serij », tu as été assisté d’une multitude d’instrumentistes et du compositeur Gregor Schwennelbach, et pour « In Bottles » de la chanteuse Aurora. Vous avez travaillé en studio ou séparément?

Un peu des deux. Avec Gregor on a travaillé très étroitement dans la création  des accords sur Serij. Il a aussi conduit l’orchestre Heritage quand nous sommes allés enregistrer en studio avec eux, à Londres. C’était une expérience incroyable d’entendre trente personnes jouer en même temps ce que j’avais créé.

Finalement, tout venait de demos sur lesquelles j’avais travaillé depuis trois ans. On a tout ré-rengistré pour lui donner un côté plus humain. J’adore l’idée de recourir à des musiciens comme plugins.

Que peux-tu nous dire à propos du track d’opening avec la voix de ton grand-père, Ludwig Kölsch?

Ma tante a une importante collection de cassettes enregistrées de lui, où il parle de moments de sa vie. Elle m’en a donné certains, et j’ai eu le sentiment que je devais l’inclure à cet album. C’est sa voix que tu entends dans l’intro, effectivement.

As-tu fais appel à l’aide d’autres musiciens pour le reste de l’album? Si non, quels autres instruments ou machines as-tu utilisé?

J’ai eu quelques bribes ré-enregistrées avec des musiciens en live, mais j’ai tout écrit. Une grande partie a été réalisée sur la route avec Ableton. C’est la meilleure manière pour moi de coucher mes idées rapidement. Je n’arrive pas vraiment à travailler avec d’autres musiciens, parce que j’ai le sentiment que lorsque je travaille avec trop de monde, cela dilue la pureté émotionnelle de ma musique. Gregor est l’exception.

Quelle est ton processus de création? Notamment sur le fait que le travail effectué sur le LP est sensiblement différent que sur EP. Tu es plutôt du genre à tout faire d’une traite ou à y revenir plusieurs fois?

Le travail sur un LP est un processus bien plus long. C’est surtout trouver une histoire personnelle à raconter, et ensuite la retranscrire de la meilleure manière possible. Du début à la fin, c’est un voyage long et parfois difficile. Pour créer 1989 j’ai dû créer à peu près 35 demos et n’en venir à bout que de 13 tracks, que j’ai trouvé censées. Ça m’a pris trois ans, du coup c’est un peu triste d’enfin le terminer.

Seulement une poignée d’artistes ont déjà eu la chance de se produire sur la Tour Eiffel. Ça a été ton cas avec l’équipe de Cercle le 16 octobre dernier.

C’était une super expérience. J’ai toujours eu un lien très fort avec Paris et la France. Une grande partie de la techno que j’aime vient des premiers âges de la musique électronique française, et le fait de sortir des tracks sur Fnac et F Communication ont été une étape marquante de ma vie. Le set pour Cercle a été une manière pour moi de rendre à la ville ce qu’elle m’a toujours donné. Un moment intense, riche en émotions.

Maintenant que le triptyque est terminé, sur quels projets peut-on t’attendre?

Honnêtement, je ne suis pas vraiment sûr de ce que sera mon prochain projet. Je vais devoir y réfléchir un moment. Voyons ce que m’inspirera le futur !

Kölsch : Facebook / Soundcloud / RA

Commande l’album

Vendredi 10 novembre au FAUST : Kölsch All Night Long