Le 23 juin, le DJ français Joachim Garraud a écrit une lettre ouverte à Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Olivier Véran pour protester contre la prolongation de la fermeture des clubs et salles de spectacles. La publication, postée sur sa page Facebook, a été depuis partagée plus de 3000 fois. 

Après la lettre ouverte de Christophe Blanchet et 40 députés pour demander la réouverture des clubs en France, le DJ français Joachim Garraud, activiste des musiques électroniques depuis 30 ans, publie à son tour une lettre ouverte. « Je sors de mon silence aujourd’hui car j’estime qu’il est de mon devoir, en tant qu’artiste et producteur, de prendre la parole pour apporter mon soutien à nos clubs et à nos salles de spectacles. », adresse-t-il au Président de la République Emmanuel Macron, au Premier Ministre Edouard Philippe et au Ministre de la Santé Olivier Véran. 

Des aides timides 

Le DJ pointe notamment la difficulté de tout un secteur, en particulier les clubs, discothèques et salles de spectacle à l’arrêt de pouvoir survivre économiquement après plus de trois mois d’inactivité. « Toute cette industrie souffre, avec des charges (et notamment des loyers, des cotisations de la Sacem ou de la Spre) qui continuent de s’accumuler. », sonne-t-il, détaillant que certaines entreprises « ont déjà injecté toute leur trésorerie dans le paiement de ces charges », tandis que d’autres « ont du contracter des prêts qui ne seront qu’une épée de Damoclès supplémentaire au dessus de leurs têtes lorsqu’elles pourront enfin reprendre leur activité », et quand les plus malchanceuses ont déjà annoncé ou sont au bord de la fermeture. 

Joachim Garraud évoque également « les railleries de l’hémicycle » qui avaient suivi le discours de Christophe Blanchet fin mai dernier, évoquant pour la première fois la situation critique des discothèques. « C’est insupportable et inacceptable pour ces gens passionnés qui pour beaucoup ont sacrifié leur vie personnelle pour la pérennité de leur entreprise », poursuit le DJ, à l’heure où les acteurs de la nuit représentent environ 45 000 emplois et 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour la France chaque année. 

L’urgence de rouvrir les clubs 

À l’heure où tous les secteurs d’activité ont repris ou sont en passe de redémarrer, les clubs, discothèques et salles de concerts font office d’exception. « Aujourd’hui, ce dont nous souffrons, c’est de sentir un traitement inégalitaire qui n’est pas acceptable. », déplore Joachim Garraud, en se référant notamment aux images de la Fête de la Musique et ses grands rassemblements, vivement critiqués les jours qui ont suivi. « Notre jeunesse veut vivre !« , poursuit-il, avec la crainte qu’à l’inverse, la multiplication des rassemblements sauvages, des fêtes clandestines, privées et para-commerciales n’entachent un peu plus l’image de la fête en France. « Que ferez-vous chaque samedi soir des 300 ou 500 jeunes qui avaient pour habitude de fréquenter chaque discothèque ? »

Autre problème : depuis quelques jours, les bars à ambiance musicale ont eux été autorisés à rouvrir leurs portes. Avec une capacité bien plus limitée que celle des clubs, Joachim Garraud craint « l’afflux de clients qui sont actuellement dans l’impossibilité de se rendre dans les clubs« , résultat d’une « situation absurde » de bars et terrasses bondées, et de rassemblements sur la voie publique. 

À la fin de la lettre, Joachim Garraud est clair, et demande « sans délai » la réouverture des clubs. « Faisons confiance aux professionnels de ce secteur qui connaissent et savent gérer leur clientèle comme ils le font toute l’année. Ces établissements sont bien mieux équipés pour recevoir du public et le cas échéant pouvoir remonter la chaine de contamination que de laisser notre jeunesse livrée à elle-même sans aucun accompagnement. », conclut-il. 

Retrouvez la lettre ouverte en intégralité ci-dessous.