Les organisateurs du festival Into the Valley viennent d’annoncer les festivités pour 2017, l’occasion pour nous de revenir sur la seconde édition qui a eu lieu cet été et de vous expliquer pourquoi ce projet est l’un des plus excitant du moment !

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Fin juillet s’est tenue la seconde édition d’Into the Valley, ce festival suédois qui, à peine né, fait déjà beaucoup parler de lui. Le concept est simple : vous prenez un line-up incroyable, vous le jetez dans un cratère de météorite tout aussi incroyable, vous laissez mijoter 3 jours… et vous obtenez un moment magique et hors du temps.

Partir dans la vallée, c’est un peu partir en retraite, s’éloigner des affres de notre monde urbanisé et ultra connecté. Déjà, ça se passe en Suède, pays sauvage et dense de seulement 22 blondinets au kilomètre carré, c’est mille fois moins qu’à Paris ! Les 300 kilomètres qui relient l’aéroport de Stockholm à la vallée sont déjà un bol d’air pur : il fait bon, le soleil brille, l’air est frais, ça sent la résine de pin et la verdoyante nature est omniprésente. Le long de la route : des sapins, des lacs, des maisonnettes en bois avec pelouse tondue impeccablement, des sapins, beaucoup de sapins, des lacs… la Suède c’est comme la techno, répétitif mais beau. On ne s’en lasse pas !

into-the-valley-fontaine-fluo-rattvik Nous voici arrivés à Rättvik, dernier village quelques kilomètres avant la vallée promise. C’est ici que les teuffeurs venus d’Europe (beaucoup de Norvégiens, de Russes, d’Allemands, de Hollandais et… de Français !) se provisionnent en cash, alcool et denrées alimentaires… c’est une question de survie quand on connaît les prix pratiqués dans la vallée, mais nous y reviendrons.

into-the-valley-american-vintage-carÀ Rättvik, le dépaysement se poursuit et le processus de déconnexion est au maximum lorsque nos yeux s’attardent sur l’eau jaune fluo d’une fontaine, mais surtout quand nous constatons que la ville est le siège d’un véritable rodéo automobile façon Amérique des années 50. Pas un carrefour où ne se croisent Mustangs, Pontiacs, Chevrolets ou Thunderbirds aux carrosseries rutilantes et aux chromes flamboyants. L’ambiance retombe un peu lorsque nous remarquons que de nombreux cowboys ayant fait le déplacement arborent fièrement le drapeau de guerre de la confédération sudiste, il est grand temps de rejoindre Dalhalla, l’amphithéâtre où vont se dérouler les festivités ce week-end.

 

 

Un fois la vallée atteinte, nous prenons possession de notre KARTENT, une luxueuse tente 2 places avec matelas, bookée en ligne avant notre départ. Au prix de la tente et du spot de camping nous sommes assez sûr de notre coup. Les arguments « luxe », « confort », et « au plus proche du festival » résonnent encore dans nos têtes… Mais rapidement nous déchantons : la tente en carton est clairement trop juste pour deux et pas si étanche qu’annoncé, les sanitaires sont trop rares et en piteux état. Avec son enclos, le camping ressemble finalement plus à un camp de réfugiés poussiéreux qu’à autre chose. Nous apprenons à ce moment que le camping sauvage est tout à fait toléré en Suède, les mieux lotis sont donc ceux qui ont gratuitement planté leur tente dans la forêt au plus près de l’entrée du festival, et qui pour le coup, communient vraiment avec la nature en ayant de biens meilleurs sanitaires que les nôtres : les lacs de la fôret avec leur eau cristalline.

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Notre déception est très vite compensée par l’ambiance qui règne au sein de notre nouvelle jungle, les sourires sont sincères et omniprésents. De petits groupes de festivaliers s’activent et se mélangent. C’est l’heure des préparatifs : costumes et paillettes sont de sortie. Les djs ont lancé les premiers beats mais nous prenons le temps de sympathiser avec nos voisins Hollandais autour d’un apéro avant de descendre dans le cratère de cette ancienne carrière de calcaire.

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Y’a pas à dire, ça en jette. Le lieu est sublime, la musique l’est tout autant. On félicite les ingénieurs de chez Funktion-One, le son, clair et puissant, favorise une totale immersion et les artistes bookés ce week-end vont tous lui faire honneur. Il faut dire que les organisateurs ont programmé la crème de la crème, un véritable casse-tête logistiquo-musical puisque de nombreux dilemmes cornéliens se posent à nous, mais c’est à cela que l’on reconnaît les bons festivals.

Musicalement, aucune contre-performance ne fût à signaler, mais commençons tout de même par la petite et seule déception du week-end : le back to back entre Zip et Villalobos. Si le premier s’est montré plus investi que le second (c’est-à-dire que même un enfant de 2 ans aurait eu l’air plus investi) leur show s’apparentait plus à la réunion d’une bande de potes en train d’écouter un podcast en after qu’à un dj set au peak-time d’un festival. La déception est d’autant plus grande que juste avant eux nous nous sommes régalés d’un superbe back to back entre Raresh et Sonja Moonear (une première mondiale !) qui fût l’un des moments clés du week-end. Leur complicité et la communion avec le public étaient totales, nul doute qu’un promoteur averti réitèrera l’expérience prochainement.

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Parmi les autres highlights du festival, notons le set de Jeff Mills qui a retourné la scène principale, The Theater, armé de son setup habituel (4 CDJ et une TR909) et surtout de sa légendaire vitesse d’exécution. Sur la seconde scène, The Temple, ce sont des artistes comme Mano le Though, MCDE ou Omar S qui ont brillé, à tel point que cette scène était la moins praticable. La troisième scène, The Pyramid, était, à notre goût, la moins accueillante mais nous avons pû tout même nous régaler avec les sets de Fred P et Move D, ou encore le live brut et puissant des gars de Paranoid London. Enfin, évoquons la dernière et plus petite scène du festival, The Hanging Garden, nouveauté et belle surprise de cette année. Dans cet espace réduit et sombre, le seul où l’on perd réellement la notion du temps, nous avons pu apprécier des stars locales aguerries comme Johanna Schneider, l’une des rares (malheureusement) à avoir réalisé un set vinyle, ou encore l’étoile montante de la techno nordique : Abdulla Rashim. Enfin, précisons que les artistes femmes étaient très nombreuses et on félicite les organisateurs d’avoir fait cet effort de tendre vers une parité encore trop rare dans le milieu du clubbing.

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Au plan logistique, les limites des infrastructures de l’amphithéâtre de Dalhalla se font sentir. On regrette que les enceintes du Temple et de la Pyramide se soient fait concurrence et que les sanitaires, bien que clean, soient vraiment trop peu nombreux. Autrement, donnons un bon point à la sécurité qui fût discrète et bienveillante. Les foodtrucks étaient en nombre et plutôt bons, ils affichaient des prix « festival » c’est à dire cher mais dans la moyenne. En revanche, ça se gâte au niveau du bar où le prix des consos était vraiment abusé, 13€ le hard + soft.

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C’est sans doute en raison de ces aspects logistiques et de leurs limites que les organisateurs d’Into the Valley ont décidé de délocaliser le festival en Estonie en 2017. Espérons que ce changement de pays permettra de revoir les tarifs à la baisse et une meilleure gestion du camping et des sanitaires. Dans tous les cas, au vu des deux premières éditions, chez Dure Vie on a hâte car ça s’annonce tout simplement énorme. Le lieu, à nouveau une ancienne carrière de roche, s’annonce tout aussi magnifique ! Et si vous n’aimez pas la roche, le staff prépare également deux autres festivals dans une usine désaffectée et un château en Afrique du Sud, mais nous vous en reparlerons bientôt, stay tunned !

On résume et on fait le bilan de l’édition 2016 :

Les + : le lieu et sa nature incroyable, la programmation impeccable, la représentation féminine chez les artistes, le soundsystem, le public et l’ambiance générale au top.

Les – : le camping et les consos hors de prix, le manque de vinyles. Car oui, nous sommes des puristes et nous assumons (rire).

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© Photos : Mathias (Dure Vie) / Troy – Studio XXIX