Ce qu’on aime par dessus tout chez Dure Vie : proposer des artistes plus mystérieux et à la qualité de son indéniable. Comprenez « UC » pour « under cover ». On a tenté d’en savoir plus sur cet artiste non seulement talentueux mais aussi authentique. Vos oreilles le remercieront forcement tôt ou tard  !

Salut UC Beatz ! Merci de répondre à nos questions. C’est vrai que jusqu’à maintenant tu t’es peu prêté à l’exercice de l’interview. UC Beatz pour Under Cover Beatz. Avec un tel alias tout laisse à penser que tu es un artiste discret, tu confirmes ?

Salut! Je ne me suis jamais prêté à cet exercice en fait puisqu’il s’agit de ma 1ère interview. Donc merci à vous!

UC Beatz c’est l’alias que je me suis choisis en 2006. Je pense qu’il me correspond bien. Oui je suis un artiste discret et fidèle à l’underground. Dès le début, j’ai voulu mettre ma musique en avant et non pas mon image d’où le choix de ce nom.

Peu d’infos circulent sur toi, tu restes mystérieux pour pas mal de personnes. Tu as notamment mis en stand by les gigs afin de concentrer sur tes productions et ton label Entrepôt Records. Le résultat : un discographie fournie avec plus de 40 sorties en 5 ans seulement. Cela dit on est curieux de savoir comment tu en es arrivé là. Peux-tu nous dire comment tu es arrivé dans la musique ? Quel a été ton cheminement ?

Bonne question, je vais résumer. J’ai commencé par une formation classique (solfège, guitare) en 1994. Puis, j’ai découvert le hip hop en 1996 et je me suis mis à rapper et acheter des disques. En 1999, j’ai investis un peu de matos et j’ai commencé à faire des beats. J’ai sortis quelques K7 et participé à des compilations locales. J’ai aussi produis des sons pour divers artistes. En 2004, je me suis tourné vers la musique électronique: Drum & Bass, Electro, Electronica, Nu Jazz, etc sous divers alias. Puis, en 2011, j’ai eu l’opportunité de composer de la musique pour la télévision pour des chaînes Françaises: TF1, FR2, FR3, M6, D8, etc.

C’est avec tout ce bagage et cette expérience musicale riche et variée que je découvre l’underground House par une amie fin 2011. Et là c’est le coup de foudre total! J’ai commencé à produire track sur track et à les signer sur différents labels. En 2011, je co-fonde mon label digital Underluxe Records. Puis enfin en 2014, je fonde mon label vinyle Entrepôt Records.

Question classique mais qui intéressera nos amis producteurs et qui donnent quelques clés de compréhension quant à ta manière de produire, quel matos utilises-tu pour produire tes tracks ?

Cette question, on me la pose souvent. Je travaille au feeling. Quand je commence un track je ne sais jamais oú je vais arriver. Je suis du genre freestyle. Soit je commence avec la rythmique soit par un sample ou je compose une melodie au synthé ca varie a chaque fois. Je ne me dis pas “tiens je vais faire un track Jackin House”. Non. C’est vraiment au feeling. Pour ce qui est du matos, je travaille avec du software principalement: Ableton, Reason, Cubase, etc. Mais encore une fois ça dépend.

Par exemple, un de mes premier maxi “Doctor Soul” sorti sur Juiced Music, je l’ai produis avec Acid Pro 6.0 et quelques plug-ins. Sinon récemment j’ai investis du hardware: la TR09 et la TB03 notamment. Sinon ca m’arrive de jouer de la guitare dans mes tracks et même de chanter comme dans mon track “Your Love Is A Diamond”. En règle générale ce que je dis toujours c’est que le matos ne fais pas le track. Tu peux avoir du matos pour un million d’euros et produire de la daube. Ou tu peux avoir un home studio modeste et produire des dingueries. C’est l’artiste derrière le matos qui est l’essentiel. Pas l’inverse.

Tu es plutôt du genre à produire un track en une nuit ou en une année ?

Les deux. Je peux produire un EP en deux jours, un track en quelques heures, un album en une semaine. Tout comme je peux commencer un track et le finir 6 mois plus tard. J’ai des périodes super créatives et des moments où je ne produis rien pendant des mois.

Que penses-tu de la scène house actuelle (notamment par rapport aux années 1990 où tu produisais déjà) ?

C’est difficile à dire étant donné que je n’étais pas dans la House à ce moment là même si je produisais déjà en effet. Je dirais que la grosse différence par rapport à maintenant dans la House tout comme dans les autres scènes c’était l’absence d’internet et l’absence du digital. Il y avait moins de dj’s, de labels, de producteurs aussi.

C’était plus galère pour sortir/acheter des disques, se tenir au courant de ce qui se faisait. Je me souviens dans les années 90 j’allais chaque weekend chez le disquaire chercher des plaques. J’allais toujours tôt le matin car j’avais peur qu’il n’y ait plus tel ou tel disque que je voulais. J’achetais des magazines pour me tenir au courant de l’actu musicale underground. Aujourd’hui tout est plus simple. Un clic sur internet et tu es au courant des dernières sorties. Tu peux acheter tes plaques online et sur les plateformes digitales. Pour faire ta promo avant aussi c’était plus galère. Aujourd’hui il y a les réseaux sociaux. Après faut vivre son temps et je n’ai aucun problème avec ca. Je ne suis pas du genre nostalgique renfermé. Je m’adapte.

Quant à la scène House actuelle en particulier, je pense qu’elle se porte bien. Beaucoup de talents. De bon labels. De bons clubs. De bonnes sorties. Ça fait plaisir.

Un bon set ou un bon live pour toi ? Partant du principe qu’un DJ c’est aussi et surtout un bon selector et qu’il doit surprendre son public, lui faire découvrir de nouvelles choses et l’amener à revoir ses positions bien tranchées, ne penses-tu pas qu’aujourd’hui certains DJs sous-estiment leur job ?

Un bon set ou un bon live doit me faire voyager, danser, délirer même. Et pour ça il faut la technique bien sûr mais aussi la culture musicale. Beaucoup de djs négligent ce deuxième point. Pour moi acheter les 20 tracks du top 100 et les mettre dans un set ça ne m’intéresse pas. Il m’en faut plus. J’aime les sets pointus et éclectiques avec la technique en plus. Comme ceux d’un Laurent Garnier par exemple. Ce mec ne fait pas de sets monotones, il fait de la magie.

Aujourd’hui ce qui me frappe quand je discute avec des djs (mais ca vaut également pour les producteurs) c’est leur manque d’exploration musicale. Les mecs n’écoutent que de la House. Rien d’autre. Mais la House vient d’où? Du Disco. Et avant le Disco y avait le Funk, la Soul, le Jazz, le Blues. Un DJ qui écoute beaucoup de styles de musiques se ressent dans ses sets. Dans le choix de ses tracks. Dans sa façon de mixer. Un producteur c’est pareil dans ses sons.

Quel biais privilégies-tu pour digguer ?

Le top c’est d’aller dans un magazin de disques. Mais comme c’est pas toujours possible, je commande aussi pas mal sur internet.

Est-ce que tu as eu des rencontres marquantes dans ta carrière (producteurs, promoteurs, labels ou même public) ? Voire une anedcote à nous raconter peut-être ?

Je n’ai pas d’anecdote précise en tête. Chaque rencontre que j’ai eu est unique. Ce qui me marque le plus, c’est le soutien du public. Ça m’arrive de discuter souvent et ça me touche par exemple quand quelqu’un m’envoie une photo de tous mes disques en disant “je les ai tous! Il sort quand le prochain?”, ça fait plaisir et je suis reconnaissant.

Pourquoi Entrepôt Records ? Quelle direction artistique défends-tu à travers ce projet ?

Le nom Entrepôt cme rappelle les raves sauvages des années 90. Aussi parce qu’un entrepôt c’est sale et poussiéreux. La direction artistique est simple. Produire des beats House sauvages, sales et poussiérieux sur du vinyle pour les gens de l’underground. À la base, c’est surtout un label pour mes propres projets. Après il m’arrive aussi d’inviter d’autres artistes que j’apprécie et avec qui je partage la même passion musicale comme Orlando Voorn ou Gari Romalis récemment. Et puis je veux aussi mettre en avant des artistes super talentueux qui n’ont pas encore eu l’opportunité de poser sur du vinyle comme Salvatore Vitrano ou Chiraya. Ceci dit, je ne recherche pas de démos. C’est l’aspect humain qui prime.

Des repress prévus sur les anciennes sorties ? Certains sont devenus difficiles à trouver pour ceux qui comme moi se sont réveillés trop tard !

On me le demande souvent. Non pas de repress. Chaque sortie est unique et marque un moment. J’en profite pour remercier tous ceux et celles qui ont soutenu mon label ces dernières années. Presque chaque sortie est sold out et ce sans grosse promo ni distributeur.

Il paraît qu’un nouvel EP sort très prochainement de l’entrepôt, peux-tu nous en dire plus ? Qui est ce Chiraya sur la face A ?

Oui ER07 sort le mois prochain (août). C’est un V/A avec 2 tracks de Chiraya en face A et 2 tracks à moi en face B. Au menu: de la raw Deep House. Il est limité à 300 copies.

Chiraya c’est deux norvégiens super potes qui font de la musique ensemble. Ils étaient derrière le label Flosshatt Digital. Ils produisent de la House et de la Techno. Ils ont produits 2 bombes de tracks pour cet EP. C’est un groupe à suivre de près.

Dis-moi si je me trompe, mais sur la Face B « Sunlight » et « Moon Groove » entretiennent une relation particulière non ?

Moon Groove” c’est un track que j’ai commencé il y a quelques mois. Quand j’ai reçu le 1er track de Chiraya “Stalker”, j’ai trouvé qu’ils se complétaient bien alors je l’ai terminé. Du coup comme j’étais dans ma lancée j’ai produis un deuxième track “Sunlight” dans la foulée. J’ai essayé de créer 2 tracks complémentaires assez similaires dans leur construction. Et puis j’ai demandé à Chiraya d’essayer de faire de même de leur côté avec un deuxième morceau. Résulat : le track “Deux Fois”. Les 4 tracks de cet EP intitulé “Landscapes EP” se marient super bien. On est satisfait du résultat.

Vinyl only, tu défends un certain idée derrière ce choix de support ?

Oui j’aime ce côté puriste vinyle. C’est un choix que j’assume. On a grandi avec le disque, l’apparition du digital c’est récent. Et puis il y a des trucs que je produis et qui selon moi ne colleraient pas sur un vinyle. Donc je ne les sors qu’en digital. Et inversément avec le vinyle. Par contre il y a des tracks que j’ai sorti en digital avant que je ne crée Entrepôt, et que je compte faire presser dans le futur parce que je pense que leur place est aussi sur un disque. Donc tu vois, je ne suis pas fermé non plus. Mais c’est vrai que le vinyle reste mon format préféré. Le vinyle c’est la beauté de l’objet physique, la chaleur du son, etc. Ce n’est pas pour rien qu’il revient en force. Longue vie au vinyle !

Le nouveau disque sera dispo dans différents shops locaux en Europe, aux States et au Japon. Il sera aussi dispo sur la boutique online du label : http://www.entrepotrecords.goodsie.com

Plus d’infos bientôt sur sa page Facebook et celle du label.