Romain Poncet (alias Traumer) et Léonie Pernet font partie des duos d’artistes inédits qui se produiront au Théâtre du Châtelet dans le cadre de Variations, ce jeudi 6 octobre. Rencontre à quelques jours de ré-interpréter le répertoire de l’icône américaine Meredith Monk, entre musiques électroniques, instruments et voix.

Au coeur de Paris, le grandiose Théâtre du Châtelet s’apprête à recevoir la 7ème saison de Variations, l’audacieuse collaboration de FIP, Sourdoreille et l’antenne de France Télévisions, Culturebox. Le 6 octobre prochain, quatre duos inédits de producteurs de musiques électroniques et d’instrumentistes viendront réinterpréter des monuments de la musique.

Depuis 7 ans, Variations exploite en effet les plus hauts lieux culturels parisiens, le Cabaret Sauvage, la Cigale, la salle Wagram ou encore le Siège de Roissy-Charles-de-Gaulle pour proposer une expérience musicalement innovante. Cette année, ce sont Red Axes et Amadou & Mariam qui joueront Serge Gainsbourg, JB Dunckel et Jowee Omicil qui réinterprèteront Giorgio Moroder, Barnt et Ludivine Issambourg qui s’attaqueront à Wolfgang Amadeus Mozart et enfin, Traumer et Léonie Pernet qui s’approprieront Meredith Monk. Nous les rencontrons à quelques jours du show.

Une danse entre deux énergies

Avant Variations, Léonie Pernet et Traumer ne se connaissent pas et n’ont jamais joué ensemble. Alors que Sourdoreille jette son dévolu sur la compositrice et multi-instrumentiste française, l’idée de collaborer avec Romain est pourtant une évidence : elle estime déjà son travail et sait que le feu d’artifice musical sera là. 

Traumer, lui, découvre le travail de Léonie Pernet dès qu’il reçoit sa proposition. C’est instantanément qu’elle le conquiert, en partie grâce à son choix audacieux du répertoire musical de Meredith Monk, l’icône américaine à la fois compositrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste, actrice, danseuse et chorégraphe. Pour lui, l’œuvre de l’artiste minimaliste répond au « less is more », une esthétique qu’il affectionne car elle transmet beaucoup avec peu. En témoigne l’exemple « parfait » du morceau ‘Do You Be’, dans lequel peu d’accords se répètent et quelques paroles s’entremêlent, mais où « la rage s’exprime quand même », s’enthousiasme Romain. « La musique de Meredith Monk n’est pas joyeuse », poursuit-il, mais c’est souvent de cette manière qu’il la trouve « plus belle ». Un point commun où le duo se retrouve finalement sur sa perception de la musique, gage d’ « à quel point la musique peut être frappante. » 

De son côté, c’est pendant le confinement il y a deux ans, que Léonie utilise des parties de Vessel (an opera epic): Do You Be pour l’introduire à son Pandemix, un mix qui commence dans la légèreté et finit dans un appel à la révolte, mais aussi un voyage musical « où les morceaux de Boards of Canada, Kompromat, Lucie Antunes, Rubin Steiner, John Murphy, Ussar, Xeno & Oaklander et Jérémy Deller racontent, à leur manière, la sidération, l’espoir, les élans de vie, l’inquiétude et la colère de notre monde », confirme-t-elle. À l’instar de son compagnon de production, Léonie porte une admiration sans nom à Meredith Monk, dont l’oeuvre « à la lisière du langage raconte beaucoup sur ce que peut véhiculer la musique. »

Cette fascination, Traumer viendra la compléter car les deux artistes prolifiques reconnaissent créer un ensemble parfait en studio. « C’est une bonne complémentarité. Ça aurait pu être difficile d’avoir deux électrons de même intensité, mais dans notre cas, c’est une danse entre deux énergies différentes. », confirment-ils en choeur. 

Trois jours intenses en studio

Pendant les trois jours qui précèdent la représentation, le binôme va passer du temps en studio. Un pari ambitieux pour préparer un live d’une telle ampleur ! Mais pour nos artistes, ce sera finalement un challenge, la promesse d’une certaine fraîcheur, des moments de transe et avant tout une manière d’aller à l’essentiel.

« Ce n’est pas toujours bon de travailler sur quelque chose pendant trop longtemps, ça peut vite nous perdre. », confirme Romain. Pour autant, l’arrivée au studio ne sera pas synonyme d’inconnu : le duo a déjà eu l’occasion de se donner une idée du travail à réaliser lors d’une première rencontre il y a quelques temps. 

Un set-up hybride dans un lieu d’envergure

Jeudi, c’est un set-up hybride, à la fois électronique et instrumental, qui prendra place sur la scène du Théâtre du Châtelet. Léonie jouera sur un piano à demi-queue, aura quelques percussions et usera de sa voix qui sera parfois modifiée par l’ordinateur de Traumer. Ce dernier fera tout « in the box », opérera le contrôle via un contrôleur custom fait sur mesure, arrangera des séquences, contrôlera des synthétiseurs virtuels, et enverra des effets de pistes produits spécialement pour l’occasion. Deux morceaux du live seront assez proches de la cover originale, facilement reconnaissable par le public. Le reste de la ré-interprétation sera plus libre et plus extrême que les versions originales des titres de Meredith. Il nous tarde de découvrir la finalité du projet.

Toutes les informations sont à retrouver sur l’évènement Facebook. La billetterie en ligne est à retrouver ici.