Si vous vous êtes laissés happer pas des événements estampillés YGRK KLUB, Open Air, Sun&Moon ou Abstrct, vous avez de fortes chances d’avoir croisé Arnaud et Dimitri. Mais si nous les avons rencontré, c’est pour en savoir un plus sur leur collectif Syndrøm. L’ouverture de leur deuxième saison  se fera le 12 décembre Aux Caves Le Chapelais. En attendant, on vous propose d’en savoir plus sur cette équipe qui met la passion du son au coeur de son projet tout en conservant une liberté totale dans sa programmation. Explications. 

 

Dure Vie : Comment vous avez commencé dans l’organisation de soirée ?

 

Arnaud : J’ai commencé avec un collectif qui s’appelle le YGRK KLUB. On essaye de faire des événements pluridisciplinaires avec de la musique, de l’art, de la projection, des performances artistiques… Ensuite, j’ai évolué sur deux autres projets qui sont des Open Air. Ce sont des événements qu’on propose seulement en été dans des parcs de Paris. Le principe est simple : on pose du son et l’événement est gratuit. Après, il y a Syndrøm qui est un projet où on s’attarde plus sur la direction artistique avec des bookings qui sont pointus entre guillemets puisqu’on adapte surtout notre programmation par rapport à nos coups de cœur et pas forcément par rapport à l’influence que peut avoir un DJ.

 

Dimitri : J’ai commencé il y a à peu près trois ans. On proposait des soirées atypiques dans Paris qui s’appelaient les Sun&Moon. On a fait trois gros événements et plusieurs petites soirées avec un collectif d’artistes qu’on a pris sous notre aile et qu’on faisait jouer en résidence. Ensuite, on s’est rencontré avec Arnaud avec qui on a bossé sur des open air. Puis je me suis associé à lui sur la partie communication de Syndrøm.

 

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Preview YGRK TAPE VOL 4Yo , La YGRK TAPE VOL 4 Est en Approche avec des tracks de : Jenovah // Bamao Yendé // BEYTA // Prymat’ // BUMPUTU // DATFU // Sottoh // Genèse & Trépas // Antimatiq // Boe Strummer & Jyy Release 21 Septembre 2015 Release Party JEUDI MINUIT – YGRK KLUB release party « Tape#4 » Credit vidéo : Timorous ツ du crew LKATM Feu en approche , YGRK MAfia

Posté par YGRK KLUB sur lundi 31 août 2015

 
DV : Sur la plupart de vos événements, on peut lire en description que vous n’êtes « ni un label musical ou événementiel et encore moins une agence de communication ». Syndrøm c’est quoi au juste ?
 
Arnaud : À la base on a monté Syndrøm avec Félix qui a lui aussi un collectif qui s’appelle Abstrct. En fait l’entité Syndrøm s’est plus créée par rapport à des affinités qu’on avait au niveau de artistes et des ambiances qu’on aimait retrouver en soirée. C’est un un projet qui se base sur la folie, où on prend un peu le truc à la dérive contrairement aux autres projets qu’on a en parallèle. Nos bookings marchent vraiment sur des coups de cœurs, on propose quelque chose de vivant et où on met un peu de côté les structures.

 

Dimitri : Dans l’organisme il y a plusieurs acteurs qui viennent de plusieurs collectifs différents mais qui gravitent tous autour de la même passion tout en essayant de rendre les choses les plus structurées possibles mais en gardant un maximum de liberté. Finalement, c’est plus un état d’esprit qu’on essaye de mettre en avant qu’une réelle structure.

 

DV : Ça a commencé quand Syndrøm ?

 

Arnaud : On a commencé Syndrøm fin janvier de l’année dernière. On a commencé en faisant des afters. Puis on a arpenté pas mal de clubs et de bars dans Paris. On alternait avec une soirée  et un after par mois. On changeait de lieu tout le temps. Puis on a fait deux soirées Aux Caves Le Chapelais. Au final c’est les meilleures soirées Syndrøm que nous aillons pu faire au niveau de l‘ambiance et d’après les retours des gens. On fera aussi des afters mais de manière plus ponctuelle.

 

DV : Combien vous êtes et qui on peut trouver dans votre équipe ?

 

Arnaud : Dans l’équipe on est 6 : Félix et moi qui avons monté le projet. Ensuite, il y a Dimi, ici présent, qui est membre de la Sun&Moon et qui travaille sur pas mal de projets annexes. On a un photographe qui s’appelle Khalil et deux autres personnes, Maxime et Joan, sont surtout sur la partie communication.

 

DV : C’est quoi votre ambition pour la suite ?

 

Arnaud : À vrai dire, on n’a pas trop d’ambition sur le long terme. J’espère que l’opening se passera bien. Quand l’opening sera passé j’espère que la deuxième soirée de la saison se passera bien. En fait, c’est plutôt le bon déroulement d’une soirée qui nous permet de nous projeter sur la suivante et sur celle d’après. On est plus sur le moment présent. Il faut que toutes les soirées marchent pour que le projet puisse durer le plus longtemps possible.

 

DV : Concernant les lieux, vous avez commencé par des événements itinérants pour ensuite pour stabiliser sur Les Caves Le Chapelais. Pourquoi ?

 

Arnaud : On s’est fait avoir par certains lieux. On a eu un after annulé (l’opening de Syndrøm) alors qu’on avait un peu plus de neuf-cent personnes confirmées sur la page. C’était un événement qui commençait vraiment à bien marcher. On faisait payer l’entrée avec un dé où les gens payaient entre un et six euros. Les gestionnaires du lieu nous ont prévenu à 5h30 du matin alors que l’after commençait à 6h. On s’est retrouvé devant le club avec nos platines à attendre par terre devant la boîte et à annoncer à toutes les personnes qui arrivaient que l’after était annulé. Après réflexion, on a décidé d’arrêter les afters parce c’était là qu’on avait eu le plus de problèmes. Alors qu’avec les Caves Le Chapelais, c’est un peu officieux parce qu’on a pas de contrat mais les choses se passent bien. On a vraiment une bonne relation avec la personne qui gère le lieu. En plus, c’est un endroit assez atypique, vouté, en sous sol. Le fait que ce soit une cave, avec des murs en pierres, où il y a un peu de reverb où le son n’est pas crade mais pas super net, c’est un peu ce qui fait la fête aussi.

 

 

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DV : Comment vous vous démarquez des autres collectifs ?

 

Arnaud : Je pense qu’on est vraiment fou en fait. Tous les membres de l’équipe ont une part de folie et au final tous les mecs qu’on retrouve en soirée ont eux aussi leur petit grain de folie. Étant donné qu’on ne se place pas vraiment en tant qu’organisateur mais plus en tant que mecs qui font la fête et qui veulent faire une fête qu’ils aiment, je pense qu’on a plus de proximité avec le public. Avec Syndrøm, il n’y a pas de backstage. Quand le DJ a terminé de mixer il est dans le public. Il y a plein de choses comme ça qui font que toutes ses barrières qu’on peut retrouver dans les grandes institutions de la nuit parisienne sont cassées avec les événements Syndrøm.

 

DV : Comment vous définissez la direction artistique de Syndrøm ?

 

Arnaud : J’étais avec Félix, chez lui, en train d’écouter du son et on s’est dit qu’on allait faire la prog. Je lui ai dit « Cite moi cinq DJ’s que tu écoutes tout le temps et que tu aimerais voir passer à Paris et j’en cite cinq aussi ». Du coup on en a sélectionné dix qu’on a contacté et qui sont sur les lines-up dont notamment : Minimum Syndicat, Regal, Acid Feen et Acid Driver… Finalement, ça donne des programmations hyper personnelles et on espère qu’en bookant des artistes qui nous touchent on fera aussi découvrir de nouvelles choses aux gens qui viennent nous voir.

 

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Opening Syndrom 2015Opening Syndrøm – Umwelt / Nico 100Coins / Acid feen / Casual Gabberz…Teaser create by Timorous ツ

Posté par Syndrøm sur mercredi 25 novembre 2015

 

DV : Vous avez collaboré avec Heretik, un collectif à la genèse du mouvement « free » en France. Comment s’est passée cette rencontre ?

 

Arnaud : On avait fait notre toute première soirée du YGRK KLUB dans un squat qui était un ancien abattoir de 5000m2 à Cergy avec des gars qui étaient exclusivement dans la free. Du coup quand on a commencé à faire des soirées on était plus dans ce milieu là que dans le milieu clubbing. Puis un contact en amène un autre… J’ai fait la connaissance de Moumouth qui est un DJ d’Heretik et de Léo un ancien fondateur. Ils faisaient leur soirée au Cabaret Sauvage et Moumouth me disait qu’ils voulaient faire un after mais qu’ils ne savaient pas où. Et c’est parti de là, j’ai appelé le mec de la Péniche Cinéma qui est situé juste à côté du Cabaret Sauvage. Je lui ai proposé l’événement en sachant que l ‘équipe d’Heretik fêtait son anniversaire. Il a accepté. Puis ensuite, c’est Moumouth et Léo qui ont fait que tout le crew est venu mixé à l’after.

 

DV : C’est quoi les actualités à venir pour Syndrøm ?

 

Arnaud : Il y a déjà l’opening le 12 décembre avec Acid Feen et Acid Driver, UMWELT du collectif Rave or Die. Il y aura le live de Minimum Syndicat en janvier. Le 27 février, on attend DJ Pierre. En mars, il y aura aussi Nu Zau pour un gros set de techno roumaine, Pit Spector et Wanderbrook c’est un DJ d’Abstrct qui n’est pas connu du tout mais qui lâche des productions magnifiques ! On aura aussi des dates avec Regal, Betty, Calcium…
 
DV : Vous avez aussi une page Facebook intitulée « Syndrom – djs ». Qui se cache derrière cette page ?

 

Arnaud : Sur toute les soirées, il y a une résidence des DJ’s qui sont Félix et moi en B2B sous le nom de Syndrøm. Si on fait des soirées c’est parce qu’on fait du son donc on profite pour mixer ! On mixe sur format où on lance une track chacun, avec des choses assez hétérogènes. C’est un peu comme un jeu de ping-pong. On se complète pas mal sur les styles musicaux et sur nos influences respectives.

 

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DV : Vous vous définissez comme une thérapie du groupe. Si on se ramène le 12 pour l’opening avec notre carte vitale on peut avoir du Xanax ?

 

Arnaud : Je ne sais pas si il y aura du Xanax mais j’ai un pote qui a des médicaments pour les contractures musculaires. Par contre, on essaye de monter un petit partenariat avec une marque d’alcool. C’est pas encore sûr mais on aimerait monter un open bar de 6h à 6h30, seulement pour les plus déterminés, pas pour ceux qui sont rentrés à 4h du matin. (rires)

Propos recueillis par Virna

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