Soulstorm est un artiste aux multiples facettes. Producteur, DJ, ingénieur son, batteur et directeur artistique, il fait partie intégrante du jeune label français Unanime Records. Lundi dernier, il sortait son premier single et clip vidéo ‘Mustang 62, l’occasion pour nous de partir à sa rencontre pour découvrir son univers.

Tu as commencé la musique assez tôt, le DJing avant tes dix ans et la production il y a sept ans. Quel a été le déclic et comment dirais-tu que tu as évolué depuis ? 

Oui j’ai commencé très jeune, j’étais un féru de musique et accessoirement le DJ de mon groupe d’amis. À 8 ans, un proche m’a déposé une régie d’un club qui venait de fermer –  je m’en rappellerai toujours – c’était deux vieilles platines à courroie et un mixer Pyramid PR-4700. Je l’ai bien poncé, environ 10 ans,  jusqu’à ce qu’elle lâche l’affaire pour de bon. J’ai toujours aimé fouiner dans les disques et les cassettes de mes parents ou toucher aux chaînes hi-fi et à tout ce qui faisait du son. C’est un peu comme ça que je me suis fais la main sur mes premiers instruments et machines. Dès que j’ai eu accès à internet, j’ai commencé à me faire ma propre culture musicale.

De fil en aiguille, à force d’écouter et de me construire un univers, j’ai compris que le DJing et la production c’était pour moi. La façon dont j’ai évolué depuis est dû à mon intérêt pour l’ingénierie sonore et toute la partie technique. J’ai commencé par apprendre en auto-didacte en fréquentant de nombreuses free en Belgique, Hollande ou dans le Nord. J’ai découvert énormément de personnes passionnées et grâce à quelques belles rencontres, j’ai pu vraiment me professionnaliser.

En grandissant les inspirations changent énormément, quelles ont été les artistes majeurs qui ont marqué les différentes phases de ta vie ? (par tranche d’âge : enfant, pré-ado, ado…)

Petit, c’était le Rock et le Reggae… surtout Reggae. Je me souviens avoir passé des samedis matin entiers a saigner les disques roots du padre. Ce que j’aimais, c’était cette puissance et ce rapport harmonieux entre la batterie et la basse. Ce que j’ai retrouvé plus tard dans la Techno, c’est ce « heartbeat »… Grâce au reggae notamment au Dub, je me suis trouvé une vraie passion pour la musique instrumentale… 

Plus tard, des artistes comme Snoop Dogg, Curtis Mayfield, Chemise, du Giorgio Moroder, du Cerrone m’ont marqué… Mais je pourrais aussi citer tous les basics de Hip-Hop, de Disco, Funk et de Rock avec des artistes comme Metallica, Led Zep, Rammstein ou The Doors. C’est la découverte de Pink Floyd qui a vraiment marqué ma volonté de créer et partager ma propre musique. Plus récemment et finalement la suite logique entre les fondamentaux et ce que je fais aujourd’hui : je citerai Underground Resistance, Kerri Chandler, Daft Punk et Alan braxe. Mais aussi des pointures Techno comme Robert Hood, Sven Väth, Adam Beyer, Chris Liebing, Johannes Heil, CJ Bolland ainsi que des choses plus minimaliste comme le label Figure, Soma, R&S…

Aujourd’hui, tu cites comme influence Traumer, Adam Beyer ou Sven Väth soit des artistes s’inscrivant dans des genres relativement éloignés. À terme ne souhaites-tu pas étoffer ta musique dans un genre en particulier ? 

Non car j’aime trop la diversité et si je m’enferme dans un seul style : ça m’emmerde. Il y a des styles que j’aime particulièrement composer et surtout mixer mais je ne m’interdis rien, ça dépend du mood.

D’abord artiste puis membre à part entière d’Unanime Records, quelles sont tes missions au sein du label ? 

Dans le collectif on a toujours fonctionné ensemble, on est une bande de potes où tout le monde se complète. Au départ, j’ai surtout apporté mes compétences techniques et de fil en aiguille je me suis mis aussi à l’organisation. Depuis peu, je commence à me faire la main sur la direction artistique et la programmation grâce à notre nouveau projet.

D’ici un an, notre objectif  est d’ouvrir un club dans une église à Amiens où une partie de l’équipe y travaillera régulièrement. On a un travail colossal avec l’ingénierie son, les lumières, la gestion, le graphisme, la programmation et par la suite le développement d’un bon studio.

Si je ne me trompe pas, tu vis à Amiens – ou tu y a vécu très longtemps – que penses-tu de la scène musicale locale ?

Je dirais qu’on est bien placé géographiquement, entre Paris, Lille et la Belgique. Ça permet de bouger pas mal aux alentours et le milieu de la rave est conséquent. D’ici un an, on espère aussi insuffler un nouvel élan avec notre projet.

De nombreux DJs déménagent dans des grandes villes. Est-ce que tu ressens ce besoin ? Si c’est le cas, vers quelle grande ville te tournerais-tu ? 

J’ai vécu très longtemps à Paris et à Cannes mais aujourd’hui si je devais partir ce serait pour Berlin. J’irai y vivre un jour c’est certain…. Après je ne suis pas non plus dans l’optique que l’herbe est toujours plus verte ailleurs.

La semaine dernière tu sortais ton premier single solo ‘Mustang 62’ avec un clip vidéo. Quel a été le processus créatif ? Décris-nous une de tes journées typiques de production. 

Souvent je produis quand je rentre d’after, c’est là où les idées fusent. Mes inspirations je les trouve en club. Mais typiquement, mon processus créatif change et évolue pour ne pas me formater dans un genre ou sortir un son aseptisé. Pour Mustang 62, c’est sorti comme ça après un DJset House de deux heures à la maison où je passais les derniers disques reçus. J’ai voulu apporter au fil du track des sonorités nostalgiques mais pas trop old-school, un truc un peu lo-fi punchy. L’association entre le nom et le visuel de la Mustang est arrivée avant même que je termine le son, ce qui m’a amené vers d’autres sonorités pour terminer la track. L’ambiance que j’ai réussi à apporter, à la fois Lo-Fi et vintage reflète relativement bien l’idée initiale.

La musique est accompagnée par un clip vidéo plutôt caractéristique. Quelle était l’idée derrière cette mise en scène visuelle ? 

Le but était d’accompagner la thématique du track sans non plus l’étouffer par une vidéo trop prenante. Avec le monteur, on voulait des images rythmées qui collent bien à l’ambiance générale. Je trouve ça mortel de pouvoir illustrer et compléter visuellement la dynamique de la musique. Le rythme est assez bien structuré dans le clip comme dans le track, ce n’était pas évident mais pour une première je suis content du résultat.

Est-ce que l’on peut s’attendre à voir ce morceau sortir sur vinyle ? 

À la base c’était un single mais après peut-être qu’il sortira sur un various, qui sait ? De manière générale, si je décide de sortir un vinyle c’est que j’ai au moins trois morceaux à proposer avec une structure, une cohérence bien ficelée à l’avance, une directive graphique particulière, etc.

À côté tu as aussi un projet en duo ‘SOHM’ avec un autre membre du label Occibel. Vous avez sorti votre premier EP ‘Palm 404’ il y a peu. Est-ce que tu as d’autres projets du même genre ? Ou est-ce que tu as comme objectif de te créer d’autres alias dans les mois à venir ? 

Avec Occibel on s’entend super bien niveau composition, ce qui d’habitude est assez rare pour ma part. On a voulu pousser ça pour voir où ça peut nous mener et comment nos deux univers peuvent fusionner. Ca a commencé avec le sample d’Andy Warhol avec quoi on a fait l’introduction du vinyle sur le titre Palm 404. Alors qu’on était bloqué dans un Paris tout gris, on a justement voulu amener une autre ambiance : soleil, cocktail… C’est d’ailleurs pour ça que l’EP est une photo de palmier à Miami et qu’une des tracks s’appelle ‘Rue des Bergers’ qui est en fait la rue où on a pu produire tout ça pendant plusieurs semaines.

Pour le moment, je n’ai pas d’autres collaborations de prévues. J’ai assez de mal à travailler en duo même avec des artistes que j’adore. Mais je ne me ferme à rien, on verra par la suite. Dernièrement, j’ai pris goût à faire des remix. J’en ai pas encore sorti officiellement mais ça peut arriver très vite. 

Qui dit 2019, dit nouvelle année. Quels sont tes objectifs à atteindre sur le plan musical ?

Je pense que vous l’aurez compris, notre premier objectif est l’église. C’est tellement colossal qu’il faut s’y mettre à 200%. À titre plus personnel, j’espère avoir davantage d’occasions de transmettre ma musique, en DJset, en live et en production. Pouvoir amener un public où l’on veut, à sa manière, en passant par diverses émotions… je crois que je ne pourrais jamais m’en lasser.


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