Résident du club Concrete, co-fondateur du label Taapion Records aux côtés d’AWB et PVNV, Shaun Baron-Carvais aka « Shlømo » est assurément l’un des artistes les plus en vogue au sein de la sphère techno hexagonale. Et pas seulement ! La musique du jeune producteur français, oscillant entre techno frénétique et ambient planant, s’exporte avec brio à l’étranger.

En 2016, Shlømo signe notamment un EP sur ARTS, label berlinois à la popularité grandissante, ou encore sur Wolfskuil LTD, l’un des nombreux labels du producteur néerlandais Darko Esser. Lors de son passage à L’Ostra Club à Nancy, nous avons décidé d’en apprendre un peu plus sur lui à travers quelques questions sur son univers !

Hello Shlømo ! Ravi de t’avoir parmi nous !

Salut, plaisir partagé !

Première question, mais pas des moindres : qui est Shlømo ?

C’est… mon alter ego.

 

Tu as signé quelques EPs sur de grands labels historiques tels que Delsin mais aussi sur des labels plus jeunes comme Wolfskuil LTD ou encore ARTS… Selon toi, quelle est la définition du label parfait ?

En réalité, il n’existe pas de label parfait à proprement parler. Selon moi, chacun possède une vision bien précise et une approche très personnelle de la musique qu’il souhaite sortir. J’ai signé sur pas mal de labels, et à chaque fois il y avait une connexion assez intense entre les boss et moi : le feeling est très important à mes yeux.

Tes productions trouvent un certain équilibre mélodique entre rythmiques énervées et nappes envoûtantes, qui donnent une teinte ‘ambient’ à tes tracks. Quelle est ta recette pour la production d’un track ‘made in Shlømo’ ?

C’est vrai. À vrai dire, j’ai toujours été fan de musique de films, d’ambient et d’electronica. D’ailleurs, j’en écoute énormément tous les jours et cette influence aura toujours une place majeure dans mes productions. Lorsque je produis un track, je respecte toujours deux conditions : le track doit être destiné aux clubs, mais il doit en parallèle faire ressortir une émotion, un spleen.

Aujourd’hui, tu es résident du club Concrete parmi les grands espoirs de la scène actuelle comme François X ou Antigone. Si tu devais qualifier l’énergie qui se dégage de cette famille, quels seraient tes mots ?

Pour faire simple, nous formons juste une bande de potes très soudés chanceux de pouvoir vivre de leur passion : à savoir la musique et le clubbing.

Passons du côté obscur de la force en parlant de ton edit de « J’suis PNL ». Le track a quand même plus de 100k lectures sur Soundcloud. Allez, raconte-nous ce moment où tu l’as joué sur le Woodfloor !

En fait, c’est une histoire quelque peu absurde et paradoxale… (rires) C’est le morceau que j’ai produit le plus rapidement mais qui, curieusement, a obtenu le plus d’écoutes. À l’origine, ce track part d’un délire entre potes et en aucun cas je pensais qu’il se retrouverait sur Soundcloud un jour. Je voulais juste le jouer dans mon set lors de la soirée où j’avais carte blanche sur le Woodfloor en compagnie de Bambounou.

Lorsque le public a commencé a reconnaître le morceau original, une énergie assez intense s’est dégagée de la scène et le public s’est mis à chantonner le refrain. Le lendemain, il y a eu une petite effervescence autour de ce track, notamment sur les groupes de partages de Track ID. J’ai alors décidé de l’uploader sur Soundcloud et la réaction a été immédiate : je me suis bien fait charrier par mes potes mais je suis plutôt content que le track ait bien marché.

À part la musique, quelles sont tes autres passions ? Si tu n’avais pas percé dans ce milieu, qu’aurais-tu aimé faire ?

J’ai toujours été un mordu de musique depuis ma plus tendre enfance. Ce n’était peut-être pas de la musique électronique quand j’étais plus jeune, mais j’avais toujours une paire d’écouteurs dans les oreilles. Mon autre passion, c’est le foot, le PSG en l’occurence. Oui, je suis un beauf, mais à vrai dire je l’assume donc ça va. (rires) Pour la petite anecdote, j’avais un job de semaine jusqu’à septembre dernier, je m’occupais des relations presse du PSG. Et j’ai dû faire un choix entre ce job qui me plaisait beaucoup, et la musique. Mais mon addiction pour les machines a évidemment pris le dessus et je ne regrette rien.

Le 22 avril prochain se déroulera le Disquaire Day à Paris et dans de nombreuses autres villes en France. Quel genre de  digger es-tu ? Et quel est le dernier skeud que tu as acheté ?

Je suis un digger 2.0, un digger YouTube. C’est assez étrange mais je peux me laisser absorber par les suggestions de videos sur le côté, et me retrouver 5 heures plus tard en pleine dérive en train d’écouter un son obscur abstract d’un groupe Russe inconnu au bataillon. (rires) Mon dernier achat, c’est« Floor People Tension » de Fumiya Tanaka sorti sur son prore label Torema Records.

Et le premier ?

Incontestablement « Homework » des Daft Punk.

Que penses-tu de l’éternel (et inutile ?) débat entre contrôleurs numériques et platines vinyles ? En toute subjectivité, as-tu une préférence ?

Selon moi, la musique n’a pas de règle, chacun fait à sa manière, comme il le sent. Ma vision des choses privilégie le plaisir en réalité… C’est le plus important. De mon côté, je joue sur trois platines CDJ lors de mes sets.

L’année 2016 a été une année plutôt productive pour toi. Cinq releases, de nombreuses apparitions sur des compilations, quasiment dix remixes… Que 2017 te réserve-t-il ?

Je vais essayer de me calmer un peu. (rires) Plus sérieusement, on m’entendra de nouveau sur les labels Delsin, ARTS et Wolfskuil. J’ai également un autre projet en cours avec les autres fondateurs de Taapion aka AWB et PVNV. C’est le projet d’un EP commun sous notre alias Taapion Soundystem. Vous en saurez plus très bientôt ! J’ai aussi quelques remixes sur le feu, notamment pour Oscar Mulero ou encore Slam. And last but not least… mon premier album sur mon propre label.

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