« Secretsundaze », c’est le nom de ces fêtes intimistes dominicales à Londres qui se sont établies comme une des références en Europe en termes de musique électronique underground. Aujourd’hui représentée par Giles Smith et James Priestley, l’esprit du collectif a su rester le même depuis son commencement en 2002, dû en grande partie à son solide bagage et à la vision musicale de ses deux co-fondateurs. 

Au fil des années, Secretsundaze a déjà posé bagage dans nombre de clubs influents à l’échelle internationale, le Robert Johnson, l’Output, le Space, le Panorama Bar, le Rex ou le Trouw pour n’en citer que quelques-uns – alors que son esprit, lui, n’a jamais quitté la capitale anglaise où nombre de fêtes continuent d’y résonner.

Pouvez-vous nous expliquer le nom « Secretsundaze »? Et à quoi ressemblait la toute première soirée ?

Eh bien, il y avait 4 personne à l’origine de la création de Secretsundaze – même si maintenant nous ne sommes plus que deux. Pour ce qui est de la partie « Secret », on voulait faire quelque chose d’original et discret pour nos amis, avec très peu de promotion. Le loft du 93 Feet East (à Londres) où nous avons commencé à organiser était vraiment dissimulé. Le côté « Sundaze » parle de lui même : la plupart de nos soirées avaient lieu le dimanche.

Quelle était l’idée/le concept derrière les toutes premières Secretsundaze ? Comment avez-vous trouvé votre audience à ce moment-là ? 

Nous n’avons pas trop réfléchi au concept. C’est une fête qui s’adressait à nos amis et comme comme toute personne censée, qui proposait la musique que l’on aime dans un lieu magnifique avec une belle esthétique. Le public c’était surtout des amis, de la famille, et on faisait en personne du démarchage avec des flyers à la rencontre des gens qui selon nous pourraient correspondre à l’esprit de nos fêtes. Du coup, un été par exemple, pour être sûrs qu’on aurait une foule hommes/femmes équilibrée, on allait à Soho et on invitait les gays à nous rejoindre !

Que pensez-vous du fait que le dimanche devienne symboliquement le nouveau jour de fête du week-end ? 

Ah, c’est quelque chose qui a beaucoup changé. On allait à d’autres soirées avant comme les Lazy Dog ou Full Circles avant d’organiser les nôtres, et ils ont lancé la scène du dimanche qui est devenue vraiment énorme au début des années 90. Le dimanche, ce n’est pas le même genre de personne qui vient faire la fête. C’est plus intéressant que la personne lambda du samedi soir. Mais la scène dominicale de Londres n’est plus ce qu’elle était il y a dix ans, on fait encore quelques teufs le dimanche mais vraiment peu.

Quel est votre brunch typique du dimanche ?

La recette du Shakshuka nous accompagne beaucoup en ce moment, on l’a cuisiné plusieurs fois ces dernières semaines.

Votre premier émoi avec la musique électronique ?

C’était une combinaison de choses qu’on a entendu à la radio, des mixtapes que nous filait nos potes quand on étudiait encore, et même quelques compilations un peu commerciales. La radio a été très importante à l’époque, des radios pirates et même Radio 1 et les Essential Mix de Pete Tong qui nous ont beaucoup introduit dans la dance music. 

Vos premières soirées commençaient en 2002, estimez-vous que la manière de faire la fête a évolué depuis ? La philosophie du « clubbing » est-elle restée la même ? Êtes-vous obligés de vous adapter à cette évolution ?

Bien évidemment que beaucoup de choses ont changé tant dans le fait de booker les djs en avance jusqu’à la promotion de nos évènements et la compétition qui règne aujourd’hui. Le truc le plus important et la raison pour laquelle on est toujours là pour la même chose c’est la passion, l’intégrité et la constance que nous avons. On est restés fidèles à notre vision de la musique, et même si les tendances vont et viennent, il suffit d’avoir un solide bagage musical pour conserver sa place.

Quand avez-vous décidé de lancer votre label ? Quelle est sa ligne artistique ?

Le label a été lancé depuis 2007, mais au début il s’agissait plus d’un moyen de véhiculer nos compilations de mixes qu’on avait l’habitude de sortir. C’est ensuite en 2011 qu’on a commencé à sortir des 12″. On n’a jamais trop essayé de réfléchir la musique qu’on voulait sortir, c’est fait sans prétention avec une âme qu’on espère conserver avec le temps. C’est très important pour nous de faire comprendre cet aspect intemporel, et que l’on aspire à développer aussi avec le label. On a également voulu y représenter à la fois notre style de djing avec ce qu’on release, même si on pense aller de l’avant en proposant quelque chose de moins calibré pour le club.

Notre devise : « La vie est dure, on vous l’adoucit. » Qu’est-ce qui, personnellement, vous rend la vie plus douce ?  

Les choses les plus simples – les amis, la famille, les voyages et la musique !

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