À la fin des années 90, Rødhåd l’architecte délaisse le bâtiment pour l’édification du son. Arme secrète de la techno allemande et boss du label Dystopian depuis 2012, il fait aujourd’hui partie de ces DJs et producteurs qui remplissent les salles chaque week end. Un style unique aux influences dub techno et au groove percussif qui ont fait de lui une figure mondiale du genre. Rencontre à l’occasion de la sortie de son nouvel album « Anxious » et de son passage à Concrete ce vendredi 15 décembre.

Ce nouvel album « Anxious » marque un nouveau tournant artistique bien loin des dancefloors. Le projet semble être orienté sur l’atmosphère avec un travail de nappes loin des kicks auxquels tu nous as habitué. Qu’est ce qui t’as donné envie de basculer vers ce style ? Y-a-t’il un élément déclencheur ?

Merci pour le compliment. J’ai toujours voulu travailler sur ce genre de long format, réaliser une musique pièce par pièce pour que celle-ci sonne finalement comme une seule track. C’était un objectif. J’ai aussi essayé de tout produire en un certain laps de temps pour que le son soit esthétique et homogène.

Tu es sans doute quelque peu stressé en attendant les retours de ta communauté sur « Anxious ». N’as-tu jamais pensé créer un alias ou un sub label pour y explorer cette autre partie de toi ? Le challenge de se tester, éventuellement repartir de zéro ne te tentait pas ?

Non, et c’est la chose plutôt sympa par rapport à ce projet : je ne me soucie plus des opinions ou feedbacks. Cet album m’a aidé à trouver la voie que je veux donner à ma musique et là où je veux aller. Si je créé un autre alias, ce sera parce que j’en ressens le besoin.

Tu as encore quelques dates d’ici fin 2017, notamment une à Concrete le 15 décembre. Peut-on déjà s’attendre à des sets quelques peu différents ? Moins de kicks et plus d’ambient ?

Ce que j’adore à Concrete, c’est que je peux toujours y faire ce que je veux. Mais ce line-up a été bien organisé et je vais définitivement y jouer un set techno.

Ton album sonne presque comme une bande sonore cinématographique, et tu disais avoir été inspiré par le film « Running Man » (1987) . Y a-t-il d’autres éléments qui t’ont inspiré ? 

Oui, j’avais besoin d’un point de départ pour cet album et comme toujours on se réunit avec le label pour trouver des inspirations, une ligne de base. Quand j’ai pensé à Running Man, un film dystopique que j’ai regardé assez souvent ces dernières années, j’ai eu plusieurs idées en tête et notamment comment je pourrais réinterpréter cette bande son. Mais en studio, au bout d’un moment,  j’ai aussi ajouté beaucoup de choses plus personnelles à cet album, notamment une track avec VRIL dont la musique correspond parfaitement au projet.

Quels seraient les films/séries que tu aurais adoré illustrer par ta musique ?

En parlant de films dystopiques, j’aime évidemment beaucoup « Blade Runner » (1982) ou « Metropolis » (1927). Mais finalement ils sont déjà parfaits, donc aucun besoin que je travaille dessus. Peut-être qu’un jour j’aimerais m’investir davantage dans le cinéma et notamment les bandes sons comme Ben Frost le fait actuellement, et vraiment bien.

Tu produisais « Target Line » avec Vril et tu évoquais pour cela développer un projet live dans cet album. Est-ce qu’on peut s’attendre à la naissance d’un projet en duo ?

Avec Vril en studio c’est toujours fun, on ne planifie jamais rien et encore moins une performance live. Actuellement, j’ai besoin de faire cela de moi-même, petit à petit, avant de partager la scène avec une autre personne. Le chemin est encore long.

Finalement, tu fais partie de ces DJs et producteurs tout en haut de la chaîne, avec un label, des salles de plus de 2000 personnes remplies chaque week-end. Qu’est ce que la techno t’a apporté et que souhaites-tu lui apporter en retour ?

Ce n’est pas encore fait mais en tant qu’artiste ou gérant du label Dystopian, nous avons toujours des idéaux et concepts à partager. On a quelque chose à donner en retour et c’est pourquoi on aime la musique et l’art : ça fait partie de l’énérgie donnée chaque week-end dans les clubs.

Tu as quitté ton job d’architecte et cette situation plutôt confortable pour finalement vivre ton rêve. Est-ce qu’aujourd’hui tu peux dire que tu l’as réalisé ?

Oui, je sens que c’était vraiment la bonne décision !

Tes projets pour 2018?

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