La 7ème édition du Marvellous Island revient ce week-end, les 8 et 9 juin, au cœur de l’île de loisirs de Vaires-Torcy, et sur sa plage au bord du lac. 32h de musique avec de très grands noms des musiques électroniques, et une organisation totalement repensée pour l’occasion. Au programme : nouvelle scène, nouveau design, et nombreuses animations pour se croire en vacances. Rencontre avec Laurent Kemler, le programmateur du festival, sur tous les secrets de cette édition.

Que représente Marvellous Island pour toi sur le paysage français ? Comment on travaille dans cet écosystème toujours plus étendu ? 

Marvellous Island représente un rendez-vous annuel pérenne que l’on retrouve en Ile-de-France, et s’évertue à se renouveler d’année en année pour offrir une meilleure expérience à ses festivaliers. C’est un week-end d’escapade musicale, dans une environnement scénographié de toutes pièces pour une meilleure immersion.

L’écosystème français est très riche et très diversifié, c’est une vraie richesse culturelle. Il y a un dynamisme très impressionnant qui se développe depuis une dizaine d’années, et de nouvelles impulsions fleurissent chaque semaines aux différents coin de l’Hexagone. Travailler avec une offre aussi riche ressemble parfois à un numéro d’équilibriste, mais ça permet également de se challenger, prendre des risques et ouvrir de nouvelles portes. 

La programmation a fait un revirement remarquable cette année, comment as-tu travaillé le line-up ?  

Il y a énormément de discussion entamées, avec des idées de projets qui sont présentées aux agents et managers. Le festival a toujours voulu renouveler une majeure partie de sa programmation, d’années en années afin de ne pas proposer systématiquement les mêmes artistes. On varie les styles et sonorités présentés chaque année et cela permet vraiment de proposer de nouvelles choses et continuer ainsi de créer de la surprise. 
Pour la composition du line-up, j’essaie de faire un mélange entres artistes confirmés, artistes établis et jeunes pousses. C’est important d’avoir une mixité entre les talents et la renommée des artistes, en plus d’avoir une mixité dans les genres proposés. 

© Alban Gendrot

Un festival n’est pas seulement là pour empiler les headliners, mais doit également servir de tremplin pour les artistes de demain. C’est en tout cas notre philosophie, et c’est d’ailleurs pour cette raison que certaines des jeunes poussent sont programmées à la fois sur Marvellous Island puis sur Big Bang dans la même année. 

On note aussi une scène 100% rap et hip-hop, ça a toujours été une volonté de Marvellous d’aller plus loin que la house/techno ? Je pense aussi aux nombreux lives présents cette année. 

Notre motivation principale, c’est l’éclectisme. Si l’essence du festival reste un évènement électronique, nous avons toujours voulu apporter un twist, un contre-pied qui permettrait d’étoffer notre offre et diversifier un peu plus notre public. Notre partenaire Radar est arrivé à peu près à ce moment là et nous avons commencé une belle histoire commune ensemble, avec chaque année une quinzaine d’artistes tremplin de plusieurs collectifs qui sont mis en avant. Cette année, grosse nouveauté, des MC débarquent, et des rappeurs au MIC vont enflammer le village ! 

Quel(s) artiste(s) ont le plus marqué le festival en 6 éditions ?

C’est une question hyper intéressante que l’on me pose souvent. Dois-je parler des coups de cœur, ou de ceux qui nous ont fait un cauchemar et que l’on n’est pas prêts de revoir ? C’est jamais précisé dans la question.

Je suis un grand fan des premières fois, des artistes qui ont mis du temps à venir nous voir et qui repartent avec beaucoup de compliments, des artistes d’il y a deux ans qui ont vécu avec nous le « Mud’vellous » (il a plu des cordes pendant 2 jours), qui pensaient que le festival serait vide, puis se sont retrouvés devant des scènes blindées malgré la pluie et une effervescence démultipliée. J’ai une affection particulière pour les artistes qui restent faire la fête car ils passent un bon moment. Il y en a de plus en plus, et ça nous à parfois créé des embouteillages de drivers à la fermeture.

Si je devais penser à des live ou des dj sets en particuliers, ce n’est pas nécessairement les plus gros qui ont mis les plus grosses claques au public. Dans les epic sets, je placerais quand même le set de Loco Dice lors de la première édition, le long set de Dubfire lors de la seconde édition, Monika Kruse, Nicole Moudaber et Adam Beyer du plateau Drumcode de la première édition à Torcy qui s’est fini au petit matin (la première année à Torcy, toutes les scènes avaient terminées à 7h, au soleil levant. Ça nous a d’ailleurs valu de quelques problèmes avec les riverains.

© Alban Gendrot

La quatrième édition avait clairement été marquée par l’éclosion d’Amélie Lens et Charlotte de Witte. L’année dernière, Boris Brejcha enchainé avec le live de Stephan Bodzin sur la plage avait été magistral. Nous n’avons jamais vu autant de monde sur notre plage et cela nous avait fait chaud au cœur. C’était également la première de Ben Klock, et je n’oublierai jamais son visage émerveillé lorsqu’il est arrivé dans le booth de la digital stage, et qu’il a sorti son plus beau sourire devant cette scénographie à 360°. Chez les jeunes pousses, en techno, j’ai pris deux méga claques sur les sets de Hannah Addams (le trublion queer qui revient cette année), et 16h07 parisien pure souche ! 

Comment avez-vous trouvé le spot ? 

Ça a été le fruit d’une longue recherche ! Lorsque nous avons décidé de quitter le chalet de la Porte Jaune où notre merveilleuse histoire  commencé, nous souhaitions sortir de Paris et nous ouvrir à l’Ile-de-France car nous pensions que l’univers de notre festival correspondait plus à la nature que l’on peut trouver en-dehors de Paris plutôt qu’à l’univers urbain de Paris. Nous avons alors lancé une grande prospection où nous avons mis peu de barrières, afin d’être sûr de ne rien rater ou manquer et pouvoir trouver un lieu coup de cœur. Notre soutien, la Région Ile de France, souhaitait nous appuyer dans notre démarche et nous a proposé une série de sites potentiels, que nous avons ajoutés à ceux que nous voulions visiter.

Nous nous étions initialement arrêtés sur un spot plus loin que l’Île de Loisirs de Vaires Torcy, et alors que nous allions signer avec eux, une personne de notre entourage nous as demandé si nous avions visité la Plage de Torcy. Cela a été un coup de cœur immédiat, unanime, devant cette majestueuse plage de son lac, ses abords, sa facilité d’accès. De surcroît, le contact fantastique que nous avons eu avec le personnel UCPA qui gère la base a facilité les choses. On peut dire qu’ils font partie intégrante du festival tant nous avons été accueillis à bras ouverts. 

© Alban Gendrot

Selon toi, le public est-il de plus en plus exigeant ? Est-ce en corrélation avec l’offre de plus en plus accrue d’artistes et de festivals ? 

Oh que oui ! Je pense connaitre personne qui prétendrait le contraire. Avec le boom des réseaux sociaux et la multitude d’offre qui s’est développée ces dix dernières années, le public a désormais une grande matière a comparaison, et se fait bien plus difficile et sévère. Il est exigeant, et il a toujours raison. C’est la règle d’or. 

Après chaque évènement, nous captons tous les feedbacks, tous les commentaires lus sur les réseaux sociaux. Rien n’est filtré ou épargné, et nous organisons tout par thème dans un book que nous ouvrons lorsque nous relançons la production l’année suivante. C’est ainsi que nous avons amélioré la capacité d’accueil année après année, la fluidité à l’entrée, aux bars, et sur les points de ventes du festival. C’est le public qui te fait avancer, pas les idées préconçues. 

Nouvelle scène, nouveau design… Pourquoi la 7ème édition promet-elle d’être mémorable ? 

La scénographie, qui est notre marque de fabrique sera encore plus aboutie. 

La Beach Stage est intégralement renouvelée, et sera transformée cette année en une jungle végétalisée. Les DJs sont quand a eux considérablement rapprochés du public pour une meilleure émulation avec la foule. 

La Digital Stage est le même bâtiment que l’année dernière, mais elle fera 10 mètres de plus en longueur pour un meilleur confort ! Si la scénographie immersive à 360° est renouvelée, l’arrière de la cabine DJ fait peau neuve avec des écrans articulés. La véritable nouveauté est cette magnifique tente Hippie en cristal (la petite sœur de la Digital pour être précis), qui va nous offrir une plus belle fête de jour et des pas de danse sous le ciel étoilé la nuit, avec une capacité augmentée par deux.

© Hippie Stage – image d’illustration

Enfin, les espaces chill-out sont renouvelés et notre partenaire La Tête Dans Les Nuages vient investir le festival et proposera aux festivaliers un grand espace détente. Du jamais vu à Marvellous Island, vous pourrez faire une pause détente sur des poufs en toiles de montgolfières upcyclées. Je suis persuadé que cette édition va être mémorable. 

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