Après plus de 120 émissions et une cinquantaine d’interviews et d’invités, il est déjà temps pour Stick To The Groove de fêter ses 3 ans. Tenue d’une main de maîtres par Lény et Théo, cette émission « focalisée sur le large spectre des musiques électroniques, la culture club et les musiques afro-américaines » est diffusée chaque mercredi à 20h sur Radio Campus Lille. Dure Vie a voulu en savoir plus et vous parle de ce bel anniversaire.

C’est tout d’abord l’histoire d’une rencontre. Celle de Lény et Théo lors d’un séjour d’études à Glasgow. Puis celle d’une passion partagée et d’autres rencontres qui mènent à la création d’une émission de radio à l’aube de l’année 2014.

Par le fruit du hasard ou du destin, les deux larrons se retrouvent tous les deux à Lille après quelques pérégrinations. Suite à une volonté de créer ensemble quelque chose qui cristalliserait leur amour commun pour les musiques électroniques et l’envie de le transmettre, Stick To The Groove prend naissance sur les ondes de Campus Lille. Fruit d’un gros travail hebdomadaire d’écoute et de documentation, c’est une affaire de coups de cœurs qui se focalise chaque semaine sur une thématique précise.

Artiste, scène musicale, label ou encore projet, l’émission se décline en plusieurs formats à coup d’interviews, d’exploration documentaire, de session vinyls ou encore de playlists. Le tout avec une seule volonté : partager et échanger autour d’une passion commune et repousser les limites d’une simple écoute passive afin d’aller au fond des choses et éventuellement de mourir moins con.

Afin de marquer ces 3 ans d’épopée radiophonique, Théo, Lény et leur bande organisent un chouette anniversaire sur 3 jours dans 3 lieux de Lille par le biais de leur asso événementielle, Fundamento, qui a déjà marquée les chaudes nuits de la capitale des Flandres.

Le weekend du 20 au 22 janvier, ils investissent donc Le BaronLa Biche et le Renard et la Bulle Café avec une flopée de DJs et de groupes qui sauront réchauffer les cœurs et plaire au plus grand nombre. Du clubbing à l’après midi chill et familiale, de l’électro solide d’Oxyd en passant par les expérimentations de Kodäma, la house d’Inner Sense ou encore le groove d’Ango & Skevitz, il y en aura en effet pour tout le monde. Le tout à l’image d’un éclectisme défendu bec et ongles par les papas du projet que nous avons rencontré autour d’une bonne bière pour discuter de tout ça et même un peu plus.

Quels sont vos parcours respectifs ?

Théo : Je vis à Bruxelles, j’ai grandi à Nantes et j’ai fait un master culture à Lille où on a créé le projet Stick To The Groove avec Lény. Je suis passionné de musique depuis toujours mais surtout depuis mon année d’études à Glasgow. J’y ai rencontré un certain James qui a changé mon regard et mon écoute de la musique. De plus, Glasgow c’est un peu le point de départ de notre relation avec Lény. Avant tout ça j’ai eu des groupes de blues rock pendant 3 ans avec lesquels on a fait pas mal de concerts du côté de Nantes.

Lény : Je suis en reprise d’études en master dans les métiers de la culture. Passionné de musique également depuis ce point de départ à Glasgow qui est un peu central dans notre intérêt tout d’abord pour les musiques électroniques puis dans un deuxième temps pour les musiques black, funk, disco, soul. Même si on avait déjà chacun de notre côté fréquenté des festivals (ScopitonePanoramas,…). On s’est donc rencontrés via Glasgow et on a décidé de se mettre en coloc’ sur Lille il y a trois ans car on avait tous les deux une opportunité d’études ici.

Théo : On ne connaissait pas grand monde à Lille, on avait une bonne vibe, il avait rencontré mes potes de Glasgow et du coup on s’est mis ensemble.

Et concrètement, vous vous êtes rencontrés comment ?

Lény : A la base je suis de Quimper. On a suivi les mêmes études à un an d’intervalle et j’avais une copine qui connaissait un peu Théo qui était déjà sur Glasgow. Vu que je pensais y aller, elle m’a filé son contact et notre premier lien s’est fait sur un mail de renseignements. On s’est aussi rendu compte qu’on avait des potes et des intérêts communs et on s’est vraiment rencontré pour la première fois à Astropolis en 2012 où Théo m’a présenté James qui est le personnage qui nous a intégré dans toute cette scène écossaise. C’est un anglais qui étudiait là bas mais aussi un promoteur qui nous accueilli au sein de son groupe. On a pu rencontrer tous les artistes qu’ils invitaient, les mecs qui mixaient et on s’est retrouvés à faire des super soirées et afters avec eux.

Théo : Ils faisaient une résidence au Sub Club qui est souvent désigné comme l’un des meilleurs clubs au monde par les artistes. Avec James et ses potes, j’ai aussi pu découvrir la culture de la fête en Grande Bretagne. Je me suis pas mal baladé à Londres, Manchester, Newcastle… Quasiment à chaque fois c’était vraiment cool et les mecs se cassaient le cul à faire un truc propre et simple. De la bonne musique, du bon son, de la bonne qualité et des gens cool. Mais rien que ces petites choses ça fait une bonne soirée, et ça m’a donné envie d’en faire à mon tour.

Lény & Théo : Du coup on s’est motivé pour organiser des soirées à Lille mais on galérait, on ne trouvait pas nos lieux, on était finalement hyper déçus de la scène au bout de quelques semaines.

« Au début on ne savait pas trop par où commencer, même si inconsciemment on était influencés par les émissions qu’on écoutait en Grande Bretagne. »

C’est après tout ça que naît l’émission ?

Lény : C’est un projet dont on avait déjà parlé dans la colocation, et par le biais de mes études j’ai rencontré quelqu’un qui travaillait au C.A de Radio Campus. Mais on était déjà en novembre : je me suis dit que c’était foutu. Finalement il m’a dit de monter un dossier et on a préparé ça sur Audacity en se tapant des barres. Et ça a fonctionné. On a réalisé notre première le 22 janvier 2014.

Théo : Au début on ne savait pas trop par où commencer, même si inconsciemment on été influencé par les émissions qu’on écoutait en Grande Bretagne. Pour ce qui est de Radio Campus Lille c’est rigolo car c’est la première radio étudiante de France qui a été fondée en 1969 et ses créateurs traînent toujours dans le coin.

Lény & Théo : Notamment le mercredi, jour du conseil d’administration. Or c’est aussi le jour de notre émission. Et les deux jeunes qui déboulent avec leur musique électronique c’était un peu compliqué au début.

Lény : Finalement quand ils ont vu qu’on faisait un travail sérieux, suivi et qui ramenait des auditeurs un peu plus jeunes et étudiants sur Campus, ils ont commencé à changer de regard et n’hésitent plus à nous aider au financement sur des événements ou à faire des lives. Notamment une captation live à Saint Sauveur lors du passage de Mondkopf. C’était aussi leur première captation live là bas il me semble, donc il y a eu un apport mutuel en ce sens. On a créée une relation de confiance, et même s’ils n’adhérent pas à tout, on s’entend bien. Pour la petite anecdote, l’autre jour j’ai fait une émission sur les musiques africaines et ils m’ont dit « Ah, c’est cool, aujourd’hui c’est de la musique ! ». Donc voilà, des petits piques comme ça pour déconner mais c’est très bon enfant.

Théo : Au final c’est une ambiance assez unique.

« Le groove. On a du mal à le définir mais c’est ce truc qui fonctionne tellement bien et qui nous fait kiffer tous les deux. »

Comment préparez-vous vos émissions ?

Lény : En fait ça fonctionne un peu par coups de cœurs personnels. Quand on a accumulé assez de matière sur une scène, un label ou un artiste qui nous intéresse, on se lance. Par exemple « tiens Pepe Bradock on a bien creusé, on adore et hop on se lance ». Ou encore Moodyman, Detroit…

Théo : « On revient de Glasgow on va faire une émission sur le dubstep ». Ou vu qu’on est à Lille il y a R&S records, qui est un gros label de Gand juste à côté. Une semaine ça va très vite, donc les choix doivent eux aussi se faire vite. On aime les labels, les artistes qui ont des spectres très larges que l’on peut explorer en profondeur. Ou encore, mais c’est plus rare, des projets qui nous influencent, comme on a pu le faire pour les Siestes Électroniques.

Lény : J’ai aussi initié des thématiques qui reviennent souvent, comme Détroit, la house music des années 90 et ses différentes scènes… Pour ces émissions, par exemple, on travaille beaucoup avec Henri (Inner Sense) qui est un peu un spécialiste du genre. On a aussi le format « Vinyl Only » qu’on a commencé avec nos disques et qu’on a élargi à la scène locale. L’idée c’est d’inviter une fois par mois un DJ ou un selecta de Lille qu’on connaît, qui a une belle collection et qui a toujours pleins de trucs à raconter. C’est aussi une plateforme d’expression pour la scène locale où les mecs ont carte blanche sur la tracklist et pour parler de leurs projets, de leur background

Théo : Au début on faisait jouer nos potes comme Supagroovalistic ou Dr Miette, et on a ensuite rencontré des gens parfois discrets mais qui ont des collections dingues et ont des trucs top à raconter. Avec tout ça, on arrive à être surpris par notre propre émission !

Lény : Sinon, au niveau de la méthodo, par exemple pour Théo Parrish, on va poncer toute sa discographie sur Discogs et ensuite réaliser une recherche documentaire pour contextualiser et donner du sens et une direction à l’écoute. Pour ça on va lire un maximum d’interviews, trouver des anecdotes fortes, étudier le contexte économique et social… On a envie d’apprendre des choses aux auditeurs.

Théo : Notre rôle c’est de mettre tout ça en forme de façon fluide. Le meilleur exemple c’est Warren Harris (Hanna). C’est hyper dur d’en savoir plus sur lui sur internet, il y a très peu d’infos dispos, même un passionné peut ne pas connaître. Lény a creusé et a rassemblé le tout sur une émission.

Lény : Finalement c’est une émission qui a très bien fonctionné sur Soundcloud et même Warren Harris l’a liké. Pour finir, c’est 10h de boulot qu’on condense en une heure.

Théo :   Après, il y a toujours des petites solutions pour adoucir la charge de travail comme les « Vinyl Only » qui permettent de souffler de temps en temps. Au final on est assez contents d’être arrivés à un tel résultat avec les moyens qu’on a.

« On accumule de la matière sur les artistes soul ou disco et on propose des émissions en lien avec ces artistes. »

D’où vous vient cet intérêt pour la black music ?

Théo : Tout réside dans le nom de l’émission. Le groove. On a du mal à le définir, mais c’est ce truc qui fonctionne si bien et qui nous fait kiffer tous les deux.

Lény : L’émission a pas mal évolué en même temps que nos goûts. En rentrant de Glasgow on écoutait très peu de soul et de funk… Quand j’écoutais de la soul je comprenais pas vraiment, mais à force t’éduques ton oreille. Puis il y a eu des rencontres comme celle avec les Supagroovalistic. Aujourd’hui j’écoute beaucoup moins de techno mais de la musique plus soulful. Ça s’en ressent d’ailleurs sur l’émission. On accumule de la matière sur des artistes soul ou disco et on propose des émissions en lien avec ces artistes.

Théo : On a remonté peu à peu l’évolution de la musique en fait. On a réalisé que les racines des musiques électroniques proviennent des musiques afro-américaines. Comme dit Lény, c’est des rencontres qui ont guidé notre parcours musical.

Lény : Et on s’est rendu compte que diffuser de la techno à 130BPM le mercredi entre 20h et 21h, ça le faisait pas trop. Mais pour autant on est les premiers au taquet quand on sort en club.

Au-delà de cet anniversaire, vous trempez aussi un peu dans l’organisation de soirées. Ça se passe comment ?

Lény : Pour l’asso événementielle qui s’appelle Fundamento, on a voulu se dissocier de l’émission. Cette dernière c’est notre ADN avec Théo, et on voulait que l’organisation de soirées soit ouverte à d’autres personnes mais dans la continuité de Stick To The Groove. Notamment dans l’esthétique musicale.

Théo : On a fait pas mal d’événements et les gens qui gravitent autour c’est nos colocs, nos potes… Du coup ça se rapproche de l’émission car ils nous rendent souvent visite à Campus. C’est pas une proximité directe mais assez logique finalement.

Lény : C’est pas du tout fermé, contrairement au projet radio qui vient vraiment d’une histoire très personnelle. Pour ce qui est du nom, Fundamento, c’est parce qu’on souhaiterait faire quelque chose qui sorte du cadre simplement musical avec de nouvelles impulsions. Intégrer la musique à quelque chose de plus global à l’image de ce qui se fait au festival Horst en Belgique qui mélange musique et art contemporain et avec lequel on a eu l’occasion de travailler. C’est un festival très qualitatif qui dépasse largement le cadre de la musique électronique et l’air de rien ça aide beaucoup avec les politiques. Le public va y aller pour voir Antal par exemple mais il y aussi le lien social et culturel, et surtout une démarche sincère. La musique qui se mélange à l’art. Chaque année il y a un mec qui construit une scène entre autres. Ça nous inspire dans l’idée de faire autre chose que seulement organiser des soirées. D’avoir une démarche plus globale.

« La musique qui se mélange à l’art. »

Théo : C’est une évolution logique et en lien avec nos études dans la culture. On s’attache à inviter des artistes sincères et on peut retrouver ça ailleurs que dans la musique. On veut pas se fermer de portes pour défendre notre manières de faire qui est naturelle, sincère et simple.

Lény : Dans la radio ou les événements, notre credo c’est la sincérité de la démarche.

Théo : Quand on admire un artiste c’est parce qu’il nous a bluffé, qu’il a des démarches pertinentes qui méritent d’être connues. On est passionné par le moment, la soirée en elle même, et non par le fait d’organiser des événements.

Quelle serait votre émission, votre invité idéal ?

Lény : Déjà Laurent Garnier au NAME du haut de nos 8 mois d’existence, c’était un sacré temps fort. Sinon aujourd’hui, pouvoir interviewer un mec comme Antal qui est quand même dans la musique depuis des années, qui a monté un label, un réseau de distribution… Il a tout construit à partir de rien et a crée un truc énorme. Ou encore Theo Parrish qui est une énorme influence. Un mec qui réfléchi, qui a des principes et une belle philosophie de vie.

Théo : Place de la République à Lille avec rediffusion sur France Inter pour les bobos ou alors du Cheval Blanc, un bar de Wazemmes ou il y a une sacrée ambiance le dimanche, avec Monique bien torchée et les Zazous qui mixent. Non sans rire j’ai pas vraiment d’émission idéale mais j’espère que Stick To The Groove perdurera. Et l’émission idéale ça veut dire que les autres sont moins bien. (rires)

« Un lieu où tu peux créer ton atmosphère.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Théo : Ouvrir un lieu, mais comment ça va se formaliser ça je n’en sais rien. On se le dit souvent à force d’organiser des événements. Il y a une place à prendre. A Lille, Bruxelles ou ailleurs. Un lieu où tu peux créer ton atmosphère. Ouvert régulièrement. Pas que le samedi à 23H pour faire la chouille, mais où tu pourrais aussi voir une expo, un concert, prendre un café…

Lény : Un peu comme ce qui se fait avec De School à Amsterdam ou tu peux faire pleins de trucs, mais qui est aussi un club. Quand j’y suis allé, j’ai pris une claque et j’ai jamais vu d’équivalent dans l’esprit par rapport à tous les clubs que j’ai pu faire. C’est tenu par des passionnés qui savent ce qu’ils font. Sinon à court terme, oui, que l’émission perdure, qu’elle touche un public un peu plus large. Monter un lieu ce serait l’idéal d’une vie. Au niveau des attentes, qu’il y ait plus de lieux à l’écoute de la scène locale à Lille. Ce serait énorme pour tout le monde. Des gens à l’écoute qui comprennent qu’il faut mettre un peu les moyens. Il y a un potentiel énorme au niveau des collectifs et de la position centrale de la ville en Europe. Tous les éléments sont réunis pour une scène dynamique, mais on manque de lieux.

Théo : Je ne dirais pas qu’il manque des lieux, car la région est très bien dotée en terme de lieux culturels,  mais qu’il y a un manque d’ouverture de la part des programmateurs. Globalement, ils sont assez frileux concernant les musiques que l’on veut programmer

Lény : L’Aéronef s’ouvre un peu avec Once UponElectric Circus… Ils ont fait venir CloudsTerrence FixmerRandomer ou encore bientôt le crew de la Mamie’s invité par La Classique.  Le Grand Mix aussi, et on leur a proposé des dates qui ne sont pas club, des lives novateurs qui peuvent fédérer mais pour l’instant, ça ne s’est pas encore fait.

« On veut marquer le coup. Remercier toutes les personnes avec qui on a travaillé, que l’on a rencontré avec l’émission. »

Parlons un peu de votre anniversaire qui se tient ce week-end.

Théo : On espère évidemment avoir du monde, mais le plus important c’est de réussir à mélanger les genres et les personnes. C’est pour ça qu’il y a une soirée clubbing au Baron avec Oxyd, qui est très influencé par le son UK. Le lendemain, c’est une après midi/soirée house, disco, funk mais surtout house 90’s à La Biche et le Renard par exemple. Entre Oxyd et Marina Trench, il n’y a rien à voir mais c’est ce que l’on recherche. Tout en s’adaptant aux lieux que l’on investi.

Lény : On veut marquer le coup. Remercier toutes les personnes avec qui on a travaillé, que l’on a rencontré avec l’émission.

Théo : On s’est créé un petit réseau avec des artistes et des passionnés, et on sait qu’on peut compter sur eux. Au passage, il y’a qu’en se fédérant que les choses peuvent changer !

Lény : Globalement, ça va être une belle fête ! Au début on s’attendait à une soirée ou une émission, et finalement ça tourne en mini-festival avec une dizaine d’artistes et trois lieux… Il faut dire que trois ans c’est quand même un millésime !

Théo : Ça peut permettre de mettre en lumière Stick To The groove et des liens vont sans doute se créer entre les événements, ce qui est plutôt cool.

Vous êtes-vous même DJs ?

Théo : Plus ou moins, enfin on a pas vraiment le même parcours là-dessus avec Lény.

Lény : Depuis Glasgow, j’achète des disques. J’ai du trimer pour m’acheter des platines et une table mais ça se fait très progressivement et naturellement. L’objectif n’a jamais été de mixer en soirée. C’est plus un kiffe avec les potes et l’anniversaire sera notre première « date », même si ce sera plus de la sélection. C’est pour marquer le coup.

Théo : « Mixer » n’est très bon terme. Bien sûr il faut des transitions, mais nous ce qu’on aime c’est le cheminement, la sélection du DJ… J’ai plus un rapport avec la création. Personnellement, je suis plus tenté par la production, apprendre de nouveaux instruments. J’ai dû apprendre à mixer car on mixe nos émissions en amont pour être tranquilles pendant le direct. Du coup, je joue sur contrôleur et je commence tout juste à acheter des vinyles. Je pense qu’à terme, on aimerait passer du son en warm up ou en closing. Ça serait symbolique de mettre les gens en jambe avec notre touche, dans nos événements.

Pour finir sur la petite note maison, qu’est-ce qui vous mène la Dure Vie ?

Théo : Le système capitaliste. (rires)

Lény : Les femmes ! (rires)

Théo : Le fossé entre les générations. Ou la famille. Ça c’est une réponse claire et véridique.

10 tracks qui ont marqué les trois années d’existence de Stick To The Groove

1 · Applebim & Peverelist – Over Here

On met ce morceau en premier car, pour nous, il illustre parfaitement le son et le caractère UK qui nous a mis une claque lors de notre séjour à Glasgow. Que ce soit en termes de production et de groove, l’oreille est très sollicitée au niveau des rythmes. C’est dans le futur, mais en même temps très organique. L’atmosphère est dingue, on a l’impression d’explorer une caverne ou un lac souterrain.

2 · Joy Orbison – Ellipsis

Là, on est à Glasgow. On rentre du Sub Club, on marche au beau milieu de Kelvingrove Park, Lény marmonne « We just used to like… do our own things, we just used to like », James baragouine cette ligne de basse entêtante, qui s’acidifie progressivement. La vibe de ce morceau est géniale, très catchy, avec un côté euphorique quand les chords s’installent. Tune !

3 · Blawan – What You Do With What You Have

Tuerie. Tout est dans le titre et dans le sample de Moodymann. Les débuts de Blawan sont les plus intéressants pour nous. Le délire du morceau est diabolique (le clavier !!), c’est tellement puissant qu’on est comme possédés.

4 · Hanna – I Needed

Un de nos all time favorite. C’était le son parfait et immanquable en after à Glasgow. Warren Harris (Hanna) est un super producteur, mais assez peu connu finalement. Lény a préparé un focus sur le bonhomme il y a quelques mois, on est super fier du résultat. D’ailleurs, 2017 signera probablement son grand retour…

5 · Davina – Don’t You Want It (Club)

Impossible de ne pas sourire à l’écoute de ce morceau. Le paroxysme de la house garage émotionnelle, made in Detroit. Tout est parfait : les strings et piano en intro, le vocal, la ligne de basse, le beat, et surtout cet organ, probablement un des plus beaux de toute la house music, qui te file la chair de poule.

6 · Terekke – cc:

Bijou de production deep-house lo-fi. Le groove est insaisissable, on a envie de le suivre jusqu’à avoir identifié toutes les parties. La combinaison est géniale : kick très lourd, avec un jeu de hi-hat qui donne beaucoup de relief, des synthés en mode ambient, et ce clap irrégulier qui te surprend à chaque fois. That’s a 10. 

7 · Flørist – Final Bounce

Ça fait quelques années maintenant que nos étés sont bercés par les morceaux de la Canadian Riviera (Mood Hut, 1080p). On a découvert ce morceau dans un mix de PSS. Clin d’oeil étonnant, il est sorti sur un label de Glasgow, All Caps. La boucle est bouclée.

8 · Psychic Mirrors – Midnight Special

Morceau slow disco/funk qui réchauffe dans n’importe quelle situation. L’introduction, tout comme le plaisir des oreilles, est exponentielle. Le label PPU regorge de pépites comme celles-ci !

9 · Tabu Ley Rochereau – Hafi Deo

L’hymne de nos soirées Playtime, projet que l’on porte avec le collectif Supagroovalistic. On joue ce morceau quasiment à chaque fois, il pose les conditions idéales pour que les gens se lâchent. Grand moment de liesse fraternelle sur le dancefloor : « Ha-fi de-ooo, de-ooo » !

10 · The Jones Girl – Nights Over Egypt

Notre dernier kiff à nous deux, découvert un lendemain de soirée au réveil. Très bien produit (cf Dexter Wansel), tu te prends une claque dès la première écoute : l’intro arabisante, le groove tout doux et tout chaud, et puis les Jones Girls qui susurrent les paroles, dans un mélange de sensualité et de mélancolie. Rien à dire, c’est imparable.

Évent : Stick To The Groove : 3 ans !

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