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« Dans un studio mystérieux aux allures de cockpit, les Phantom Traffic dissèquent, distordent, étirent et triturent avec minutie les notes et les fréquences depuis de nombreuses années ». De la techno au disco, de la house au funk 80’s, le duo parisien casse les codes et s’affranchit des étiquettes de genre. On a voulu en savoir plus sur leur parcours, avant leur date le 12 novembre en live à La Java, et le 20 novembre en DJ set au Gambetta Club. 

Quelle est la genèse du projet Phantom Traffic ? 

On s’est rencontrés quand on avait 15 et 16 ans au skate park, puis on a continué à se voir les week-ends. On écoutait énormément de musique en tout genre et on regardait beaucoup de films. On s’est vite rendus compte que nos influences artistiques étaient communes et notre sensibilité parallèle.

Un jour, on est tombé sur le clip de Madeon « Pop Culture » où il jouait avec un launchpad pleins de micro-samples pour en refaire un morceau entier. Une fascination qui nous a marqué et qui a révélé le début de notre duo sans savoir encore ce que ça allait devenir. Mais ce qui était sûr, c’est que cette approche nous a donné envie de faire de la musique et de la produire nous-même. 

Après avoir aiguisé nos yeux, on a découvert la house de Chicago, le label Dance Mania, Relief Records, la techno de Détroit… On a eu de grosses révélations pour toute la musique funk des années 80 qu’on dig encore beaucoup aujourd’hui et qui ont bien stimulé nos oreilles dès nos débuts. On s’est alors renseigné sur toutes les techniques de productions existantes et les différents instruments utilisés par les artistes. Ces recherches nous ont aidé à trouver le matériel adéquat à la musique que l’on avait envie de créer, c’est comme ça que l’on a commencé à confectionner notre propre home studio à 18 ans !

On était des acharnés, on voulait en découdre. Le projet s’est consolidé de cette façon avec le temps, on se voyait tous les jours pour comprendre comment maîtriser toutes ces machines et trouver le son qu’on recherchait. Des années après, notre travail continue de s’affuter, nos inspirations s’élargissent aussi. On reste toujours concentrés et à la recherche de nouvelles élaborations. Le livre « Le Fantôme de l’Opéra » a marqué aussi un tournant décisif dans l’identité du projet.

Quels styles musicaux chérissez-vous, en DJ set et en live ?

On puise dans les tracks assez underground. On est fan de cette énergie : mélanger des morceaux ghetto avec des titres disco, rechercher une nouvelle harmonie en créant de forts contrastes, c’est ce qu’on adore faire dans les DJ sets et c’est ce qu’on essaye de reproduire en live !

Comment s’est construit le live ?

On avait d’abord construit un live avec certaines de nos références, puis après avoir produit notre EP, nous avions suffisamment de démos et d’idées pour composer une performance uniquement composée de nos morceaux.

On voulait surtout créer un live qui puisse être différent chaque soir. On a décidé de ne pas utiliser d’ordinateur pour se concentrer sur l’idée de s’amuser et de réellement performer en live sans prédéfinir l’ordre de toutes les séquences. On garde un squelette et après on fait jouer ce que l’on sent selon les possibilités des machines.

Quelles sont vos machines fétiches ?

Notre machine préférée est clairement la TR-909. C’est elle qui dégage la plus grande énergie rythmique du live. Elle a la même place qu’un batteur dans un groupe de rock, on ne peut pas se passer d’elle.

Le set ou le mix : dans quel exercice vous sentez-vous le plus “vivant” ?

C’est de dévoiler ses propres compositions qui est le plus excitant. C’est dans les moments où la magie opère, lorsqu’il se passe quelque chose qui n’est pas vraiment prévu et où la réaction du public est incroyable. On appelle ça les « Happy accidents » !

Vous pouvez suivre Phantom Traffic sur Facebook, Instagram et Soundcloud. Rendez-vous à La Java pour leur live le vendredi 12 novembre, et en DJ set au Gambetta Club le samedi 20 novembre