Originaire de Corée, basée à Londres puis à Berlin, Peggy Gou s’est imposée sur la scène électronique pour ses sets éclectiques, son style unique et ses productions léchées. Un style juché quelque part « entre Detroit, Londres et Berlin », sans étiquette, sans volonté de se cantonner à un style particulier. Sur le dancefloor, vous entendrez aussi bien les classiques house et techno qu’un track de zouk ou de rap US sorti de nulle part… Après plusieurs mois sans set dans la capitale, Peggy Gou revenait le week-end dernier à la Concrete, et à Lyon le week-end prochain. Rencontre. 

Tu commences à faire de la musique dans ta ville natale, Séoul, avant d’aller vivre à Londres et finalement Berlin. Quelle ville a été le vrai commencent de ton envie de te professionnaliser ?

Je ne dirais pas que Séoul a été une influence majeure du point de vue musical. Ça a toujours été le point de départ de mon envie d’être DJ puisque mon premier copain l’était lui-même, mais je dirais que Londres (et bien sûr Berlin) ont été les villes qui m’ont le plus influencé. Londres a été la première ville où j’ai commencé à collectionner les disques et démarré la production. C’est le moment où j’ai commencé à vouloir faire de la musique, ce qui m’a poussé à partir à Berlin trois ans plus tard. Du coup, je dirais que Londres est la ville qui m’a vraiment immergé dans la musique, et Berlin celle qui m’a permis de décoller.

Ton style est régulièrement défini entre « Detroit, Londres et Berlin ». Un artiste pour chaque ville qui t’a influencé dans tes productions ou tes mixes? Que penses-tu de la scène londonienne comparée à Berlin?

Detroit a tellement d’artistes qui pourraient être mes influences, je ne peux pas en choisir qu’un. Je dirais Ron Trent si je le devais, évidemment. Pour Berlin, Marcel Dettmann a été une grande influence pour moi, et en Angleterre j’adore Ben UFO. Les scènes à Berlin et Londres sont très différentes et difficiles à comparer – mais je dirais que Berlin est un peu plus brut et sombre que Londres. Après, la scène de Londres est probablement plus variée, il y a des nuits où chaque événement est représenté – là où Berlin est surtout concentré sur la house et la techno.

Ton meilleur endroit / ton moment parfait pour composer?

Mon studio, chez moi, à côté de mon lit. Le moment parfait pour composer c’est simplement quand je suis super détendue. J’aime aussi beaucoup quand il pleut dehors – ce qui est souvent le cas à Berlin ! Ça a un effet étrangement relaxant sur moi.

Quel est ton process quand tu crées de la musique?

J’ai quelques règles quand je fais de la musique, même si ça change parfois. J’essaie toujours de m’influencer de sonorités plus oldschool – puis je m’assoie dans mon studio et je commence à faire des recherches, à écouter des vieilles tracks qui m’inspirent. Dans un premier temps j’essaie d’écouter et d’apprendre comment ils font certaines basslines ou certains accords. Mais parfois les règles changent : j’ai l’habitude de faire d’abord le kick, puis je continue avec un accord. Je n’ai pas d’ordre spécifique.

Tu peux nous en dire plus sur ton set up? Tu as un synthé ou une machine préférée?

J’ai deux synthés Kawai, un Yama DX21, un clavier midi Novation et j’utilise des monitors KRK RoKit pour les enceintes. J’ai aussi un Roland Jupiter 6 maintenant, que j’utilisais avant sans le posséder puisque ‘est très dur de s’en procurer, et c’est définitivement devenu mon préféré.

Ta release sur Phonica Records l’année dernière a-t-elle accru tes productions et différents projets? Qu’en est-il de tes bookings?

Oui bien sûr, ma sortie sur Phonica a été cool – ils m’ont dit qu’on pouvait le represser deux fois, et ça m’a fait très plaisir de l’entendre. Après la release j’ai été plus demandée au niveau du booking oui.

Comme Tama Sumo ou Mafalda, tu es devenu une DJ « selector » selon beaucoup de gens. Selon toi, la sélection d’un DJ est la clé de son set?

Je suis très honorée qu’on me considère comme une « selector ». Pour moi, le mot « selector » veut dire quelqu’un qui est vraiment engagé(e) dans la musique. La sélection des tracks est évidemment la clé d’un set, et j’ai appris de mes différentes tournées que je ne dois pas jouer pour moi-même mais surtout pour le public. Tu choisis la musique, mais c’est une question de moment où tu vas la passer, où tu es, et pour qui tu joues.

Comment tu définirais ton style musical? Je dirais « multi-facettes », mais as-tu un style que tu aimes le plus? Et un que tu aimerais expérimenter?

On me l’a beaucoup demandé et c’est difficile de répondre, je n’aime pas me catégoriser dans un genre en particulier. Évidemment la house, mais il y a beaucoup d’éléments de techno dedans, et aussi beaucoup d’influences rythmiques africaines. Il y a tellement de genres différents, mais je n’ai pas envie que ma musique devienne cataloguée dans un seul.

Tu as joué sur la scène Boiler Room au Dekmantel cet été, c’est un moment que tu as apprécié? Il faut dire que c’est une étape spéciale pour un DJ – comment décrirais-tu ton état d’esprit avant et après ton set? Dans cette veine, quelles sont selon toi les meilleures conditions pour passer un set incroyable?

La Boiler Room du Dekmantel a effectivement été un moment très spécial pour moi – je l’ai beaucoup préparé en amont et j’étais très nerveuse, parce que celles auxquelles j’avais personnellement assisté chutaient d’intensité après les dix premières minutes. Les gars de Boiler Room ont insisté pour que je tente l’expérience dans un de leurs meilleurs événements, le Dekmantel, du coup j’ai été très chanceuse. C’était un moment inoubliable. Et même si tu te prépares beaucoup, la meilleure condition possible pour mixer est juste de sentir les gens, profiter de la vibe et te connecter avec le public – je pense que c’est la chose la plus importante.

On t’avait vu jouer aux Nuits Fauves à Paris quelques mois plus tôt, qu’est-ce que tu penses de cette ville ? Est-ce qu’il y a une ville où la foule paraît plus réactive à tes performances ? Un ou plusieurs DJ français que tu suis ?

Oui, l’événement avec Jeremy Underground était vraiment sympa – je n’ai joué à Paris que quelques fois mais j’ai beaucoup aimé. Le fait de jouer à la Concrete a énormément compté pour moi parce que je l’avais classé dans ma top liste des clubs où je voulais absolument jouer ! J’aime beaucoup de producteurs français évidemment, comme Pepe Braddock, DJ Gregory/Point G et DJ Deep, que je respecte beaucoup.

Merci everyone who danced with me at Concrete last night ❤️ @concrete.paris #concreteparis Thx for the video @songesongette

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